Publié le 29 juin 2026

8 min

[Tribune] Pure Salmon : refusez la première méga-usine terrestre de saumons en France

#Écologie

200 personnalités dont des élus, des scientifiques, des dirigeants d’associations, des artistes, des pêcheurs, appellent à voter contre Pure Salmon lors de la dernière étape avant l’autorisation préfectorale. Parmi eux, Isabelle Autissier, Laury Thilleman, Guillaume Meurice, Camille Etienne, Marine Tondelier.

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200 personnalités dont des élus, des scientifiques, des dirigeants d’associations, des artistes, des pêcheurs, appellent à voter contre Pure Salmon lors de la dernière étape avant l’autorisation préfectorale. Parmi eux, Isabelle Autissier, Laury Thilleman, Guillaume Meurice, Camille Etienne, Marine Tondelier.

Madame la Préfète, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CoDERST), choisissez le futur, refusez la première méga-usine terrestre de saumons de France portée par la société Saumon du Médoc et Pure Salmon France Fisharm, fonds de pension singapourien – d’où son surnom « Pure Salmon ».

Nous voulons des littoraux vivants. Des emplois durables pour nos pêcheurs, ostréiculteurs, agriculteurs, restaurateurs. Une alimentation saine pour nos enfants. Un estuaire de la Gironde qui demeure ce qu’il est : un sanctuaire de biodiversité ; un symbole de notre Histoire et notre futur.

Ce futur est entre vos mains. Vous pouvez le préserver, ou le compromettre. Dans les prochains jours, vous allez décider d’autoriser ou non la première méga-usine terrestre de saumons de France – et la plus grande au monde – le projet Pure Salmon, au Verdon-sur-Mer. Porté par un fonds d’investissement singapourien, il prévoit d’élever 2,5 millions de saumons par an dans des cuves à très haute densité (de 80 à 120 kg de saumons par m³, contre 15 à 25 kg dans les élevages en mer), aux confins de zones naturelles protégées. 

Rarement un projet aura suscité un tel rejet, créé une telle mobilisation, particulièrement locale. L’enquête publique a recueilli un record historique de plus de 20 000 contributions défavorables. 17 communes de l’Estuaire ont voté des motions de censure, le président de la Région y est opposé. Plusieurs collectifs locaux se réunissent depuis 4 années, refusant de faire de leur territoire une zone d’expérimentation dangereuse. Des instances scientifiques, dont l’IFREMER – institution scientifique de référence en matière marine – et des acteurs économiques locaux sont contre. Plus de cent député·es de tous bords soutiennent un moratoire national sur ces élevages. La Ministre de l’Écologie Monique Barbut s’est personnellement positionnée contre ce projet délétère. 

Pourquoi un tel front ? Parce que ce projet est une aberration économique, environnementale, sanitaire et éthique : pompages et rejets d’eau préoccupants, destruction potentielle d’espèces protégées, condition animale ignorée, nuisances sonores et olfactives, technologie non maîtrisée – pannes, mortalités massives, pollutions chroniques –, risques à long terme pour la santé des consommateurs… 

Et pour quel bénéfice ? C’est un projet spéculatif d’investisseurs étrangers qui agitent le miroir de la souveraineté alimentaire – les Français sont le second consommateur européen de saumon, et en importent 20 %. En face, des milliers d’emplois locaux bien réels dépendent, eux, de la qualité de l’eau et de la santé et de l’image de l’Estuaire. Un seul incident suffirait à les fragiliser durablement. 

Ce projet est le premier du genre en France, un cheval de Troie. L’autoriser, c’est ouvrir la porte à tous les suivants. La France a mieux à faire : soutenir ses territoires, ses habitants et les projets qui existent au Verdon, respecter ses engagements climatiques et environnementaux, écouter ses citoyens. 

Nous, signataires, vous appelons solennellement à vous opposer à ce projet.

Refuser Pure Salmon, c’est choisir le futur. Nous comptons sur vous. 

Par Tribune

Publié le 29 juin 2026

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