Le projet E-CHO dans le bassin de Lacq (www.e-cho-concertation.fr/DR)
Le Collectif des associations de défense de l’environnement et la Sepanso 64, soutenus par le collectif Forêt Vivante Pyrénées, contestent le décret qui classe le projet E-CHO de Lacq comme projet d’intérêt national majeur et lui reconnaît par anticipation une raison impérative d’intérêt public majeur.
Le Collectif des associations de défense de l’environnement (CADE) et la Sepanso 64, en accord avec le collectif Forêt Vivante Pyrénées (FVP), ont déposé le 7 septembre 2026 un recours auprès du Conseil d’État contre le décret du 6 juillet 2026 classant le projet E-CHO, porté par Elyse Energy à Lacq, comme projet d’intérêt national majeur (PINM). Le texte lui reconnaît également par anticipation une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM). Ce recours s’ajoute à celui des ONG nationales Canopée et la LPO, également introduit contre ce décret.
Pour les associations, ce classement confère au projet un statut exceptionnel et dérogatoire alors que plusieurs éléments essentiels restent en débat : sa faisabilité et ses conséquences technologiques et environnementales, ses approvisionnements en biomasse, sa consommation en eau, sa contribution réelle à la décarbonation, ses impacts environnementaux ainsi que les garanties de sécurité pour les riverains. Les opposants évoquent notamment la présence d’un électrolyseur et l’utilisation d’hydrogène « à quelques dizaines de mètres des habitations ».
Des dérogations facilitées ?
Les associations contestent également les conséquences réglementaires possibles de ce classement. Celui-ci serait notamment susceptible de modifier « opportunément, à l’avantage d’Elyse Energy et sans débat », le Schéma décennal de développement du réseau électrique de RTE (SDDR). Il pourrait aussi faciliter l’octroi de dérogations à la protection des espèces animales et végétales.
Les associations regrettent par ailleurs l’arrêt de la concertation préalable pilotée par la Commission nationale du débat public, avant qu’elle ait été menée à son terme. « La qualification de projet d’intérêt national majeur ne peut reposer sur les seules annonces et communications du porteur de projet », estiment-elles.
Elles contestent également que des objectifs généraux de décarbonation puissent suffire à justifier ce statut, alors que ces objectifs sont, selon elles, « régulièrement et de plus en plus largement contestés » par des scientifiques, des citoyens et des élus du Pays basque et du Béarn. Elles rappellent que 34 % des communes des Pyrénées-Atlantiques, dont la Communauté d’agglomération Pays basque, ont adopté des délibérations s’opposant au projet E-CHO.
Les associations continuent enfin d’interroger les services de l’État, Elyse Energy et les élus favorables au projet sur sa faisabilité et sur les risques techniques, financiers et écologiques associés. Elles posent notamment la question des conséquences d’événements majeurs, comme une pénurie d’eau ou de biomasse, ou encore une crise sanitaire liée aux nématodes et aux scolytes, dans le contexte du changement climatique.
