Les Girondins de Gérard Lopez en sursis (Capture écran conférence de presse en ligne)
Le Comité exécutif de la Fédération française de football a refusé ce jeudi le repêchage des Girondins de Bordeaux en National 2 et confirmé leur rétrogradation en Régional 1. Les repreneurs Sparta Capital et Park Bench ayant annoncé leur retrait si le club évoluait au niveau régional, la société commerciale devrait être liquidée dans les prochains jours, sauf retournement de situation.
Cette fois, c’est mort ! Réuni ce jeudi en fin d’après-midi, le Comité exécutif de la Fédération française de football (FFF) a refusé la demande des Girondins de Bordeaux d’intégrer le championnat de National 2. Il maintient ainsi la décision de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), qui avait rétrogradé le club en Régional 1.
Cette décision compromet directement le projet de reprise porté par Sparta Capital et Park Bench. Les deux investisseurs avaient fait savoir plus tôt dans la journée qu’ils se retireraient si les Girondins devaient évoluer au niveau régional.
Leur projet avait pourtant permis de réunir les 10,6 millions d’euros nécessaires à l’équilibre des comptes du club. Mais les fonds avaient été apportés avec deux semaines de retard sur la date limite fixée par les instances. Les repreneurs avaient donc demandé à la FFF de faire preuve de « bon sens » et de permettre au club d’évoluer en National 2, soit une division en dessous de celle disputée par Bordeaux ces deux dernières saisons.
Le Comité exécutif n’a pas retenu cette solution. La FFF a choisi de maintenir l’application de ses règlements, considérant qu’une exception aurait créé une jurisprudence et une rupture d’équité avec les autres clubs.
Une liquidation dans les prochains jours
La cession des Girondins à Sparta Capital et Park Bench devrait donc, sauf revirement, être annulée. Le club reste entre les mains de Gérard Lopez, qui a indiqué qu’il ne comptait plus le financer. Le propriétaire affirme avoir déjà investi 70 millions d’euros depuis son acquisition en 2021.
Depuis cette date, les Girondins ont connu une dégringolade sportive et financière. Le club est passé de la Ligue 1 à la sixième division. Une centaine de salariés ont été licenciés, le centre de formation a été fermé et plus de 90 millions d’euros de dettes restent non réglés.
Faute de financement, le plan de continuation négocié l’an dernier devrait lui aussi tomber. La société commerciale devrait alors être liquidée dans les prochains jours, à moins qu’un repreneur de dernière minute ne se manifeste.
La disparition de cette société ne signifierait toutefois pas nécessairement la fin des Girondins. Les droits sportifs doivent être reversés à l’association, présidée par Jean-Louis Triaud. Le Comité exécutif devra déterminer rapidement le niveau maximal auquel la Ligue de Nouvelle-Aquitaine pourra inscrire l’équipe première cette saison.
Le club dénonce une décision « insensée »
Après l’annonce de la FFF, les Girondins ont réagi dans un communiqué particulièrement virulent. Le club affirme que la décision « n’a aucun sens », « ni sur le fond, ni sur la forme ». Il conteste notamment les conditions dans lesquelles la décision aurait été prise, affirmant que la réunion du Comité exécutif s’est achevée après une demi-heure et que le service de presse de la Fédération annonçait déjà à 18h30 le rejet de la demande bordelaise.
« Le club est scandalisé », écrivent les Girondins, reprochant à la Fédération de ne pas avoir examiné plusieurs éléments qu’ils considèrent déterminants : un jugement exécutoire du tribunal de commerce de Bordeaux constatant sa solvabilité, une saison intégralement financée par des fonds versés et séquestrés, l’engagement d’un investisseur et une place vacante dans la poule H.
Les Girondins estiment également que le retard dans la production des fonds, désormais réparé selon eux, « ne mérite pas une telle peine ». Le club réclame donc toujours à être entendu par le Comité exécutif puis par la DNCG « sur sa situation telle qu’elle est aujourd’hui ». Il annonce qu’il continuera à agir « par toutes les voies de droit » afin que sa situation soit examinée.
Cazenave évoque « un immense gâchis »
Thomas Cazenave a lui aussi réagi à la décision de la Fédération dans un communiqué publié ce jeudi. Il la qualifie de « profondément injuste » et estime qu’elle constitue « un immense gâchis ».
Le maire regrette que le dossier n’ait pas été réexaminé à la lumière des garanties financières apportées par les repreneurs et de la décision du tribunal de commerce de Bordeaux du 25 août, qui a homologué l’accord de conciliation. Pour l’édile macroniste de Bordeaux, ces éléments « méritaient un examen approfondi plutôt qu’une porte fermée ». C’est ce qu’avait également réclamé mercredi la ministre des sports, Marina Ferrari, priant le président de la FFF de revoir le cas du club.
Thomas Cazenave, également président de Bordeaux Métropole, souligne notamment les conséquences de la décision au-delà du terrain sportif. « Cette décision aura un coût économique, financier et social considérable pour Bordeaux, sa métropole et tout le territoire girondin », estime-t-il. Il affirme désormais vouloir s’engager, avec les équipes de la Ville et de la Métropole, « aux côtés de tous ceux qui voudront bâtir un nouvel avenir pour notre club bordelais », avec le soutien des supporters.
Après un été interminable, les Girondins se retrouvent donc à nouveau au bord du vide. Ce refus d’un repêchage en National 2 rend désormais très probable la liquidation de la société commerciale.
