Publié le 12 août 2026

2 min

« Les Merdailleux » de Dominique Dayau : trois gamins dans le Paris ouvrier d’avant-guerre

#Actu

À la veille de la Première Guerre mondiale, trois gamins de la Plaine Saint-Denis grandissent entre patriotisme, socialisme et luttes ouvrières. Quatrième volet de notre série « Pages à plages » en 2026.

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À la veille de la Première Guerre mondiale, trois gamins de la Plaine Saint-Denis grandissent entre patriotisme, socialisme et luttes ouvrières. Quatrième volet de notre série « Pages à plages » en 2026.

On aimerait leur dire de s’arrêter là, à ces trois petits « merdailleux », ces garçons qui font les 400 coups à leur manière. On est à la veille de la Grande Guerre, et Fil de fer, La Meule et Boule à crottes, c’est ainsi qu’ils se surnomment, entretiennent une amitié indéfectible, par exemple en sabotant une locomotive venue d’Allemagne.

C’est qu’on n’a toujours pas digéré la perte de l’Alsace-Lorraine, il y a 40 ans, et nos petits gars participent à leur manière au climat patriotique de l’époque. Ils habitent du côté de la Plaine Saint-Denis, dans les faubourgs de Paris. Leurs parents ont la fibre patriotique, certes mais aussi socialiste, le souvenir de la Commune est vivant, et la ceinture industrielle de la capitale est là, avec les importantes mobilisations syndicales du mouvement ouvrier naissant. Et ces enfants sont un peu comme des caisses de résonance de ce climat, jusqu’à l’irréparable qu’ils commettront…

Un travail documentaire minutieux

Atmosphère quand tu nous tiens ! Dominique Dayau, ancien commandant de police judiciaire à Bordeaux et écrivain de polars (mais pas que) signe ici un roman historique plein d’allant et maîtrisé, roman noir aussi de l’enfance et de l’adolescence. On saluera son formidable travail documentaire qui rend compte de toute une époque avec un lyrisme vigoureux qui est propre à l’écrivain.

Amoureux des mots et de leur saveur argotique, il restitue le franc parlé de ces gosses, nous entraîne à leur suite dans les récits de la chasse aux lièvres à l’intérieur des jardins ouvriers, les confrontations avec d’autres enfants, les temps scolaires racontés avec humour ; tout prend la forme de défis gigantesques, d’épopées mystérieuses et  d’équipées dangereuses.

Sans faire l’impasse sur les  conditions de travail des parents ouvriers, l’atmosphère méphitique des écorcheries et la course à l’armement des industries métallurgiques. Le roman a du rythme, l’emballement tragique est aussi celui d’une prose, tantôt descriptive, tantôt incantatoire, à la mesure de de la catastrophe qui vient. Une réussite.

Dominique Dayau, Les merdailleux, éditions Complicités, 194 pages, 22€, septembre 2025

Par Walid Salem

Publié le 12 août 2026

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Voici l'édition du  

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