Le Type au festival Isulia (DR)
Le média Le Type, né d’une volonté de mettre en avant les cultures émergentes à Bordeaux, célèbre ses 15 ans à partir de ce samedi 6 juin. Avec des projets éditoriaux ambitieux, il s’est imposé comme une voix de la scène culturelle locale.
Quinze ans déjà que deux étudiantes, Mélody et Fen, décident de lancer un média culturel à Bordeaux pour montrer que la ville n’a rien à envier aux autres. Quinze ans que le média en ligne Le Type, édité par l’association Kultoural, s’adonne à mettre en avant les artistes et projets culturels des scènes émergentes. Samedi 6 juin 2026, le média soufflera ses 15 bougies lors d’une journée d’activités organisées pour l’occasion avec des expositions, concerts, DJ sets…
Ce média associatif est né en 2011 à partir de membres issus du journal étudiant de l’Université de Bordeaux : Tintamarre. L’idée part d’un constat, celui d’une scène culturelle bordelaise unique mais parfois invisible. De la musique, au cinéma en passant pour le graphisme ou l’architecture :
« Le but, c’était de mettre en avant les cultures émergentes et alternatives », affirme Laurent Bigarella, coordinateur du projet et chargé de la rédaction en chef de Le Type.
À l’époque, la tendance est à l’électro. Dans les années 2010, ce genre musical émerge à Bordeaux, avec l’arrivée de nouveaux acteurs comme l’I.Boat la même année (dorénavant fermé).
« Aujourd’hui la musique électro est très démocratisée. Mais avant, on trouvait qu’il n’y avait pas d’espace médiatique pour parler de ces gens derrière ces projets émergents. Et nous on a grandi avec ces musiques-là », raconte-t-il.
Amplifier la culture bordelaise
Aujourd’hui, l’intention est la même. Avec la valorisation « des cultures queer, du rock alternatif et aussi du rap », Le Type essaye de faire rayonner les artistes locaux. Pour le rap, « c’est difficile de trouver des médias locaux pour en parler aujourd’hui », relate-t-il.
« On constate que la scène bordelaise à sa propre singularité mais elle n’est pas toujours très identifiée au niveau national », atteste Laurent Bigarella qui souhaite amplifier son influence :
« On fait des partenariats avec des médias européens. Avec des plateformes anglaises, comme le label Ransom note. Tous les deux mois, on écrit un article sur un artiste bordelais, que l’on écrit aussi en anglais pour le publier chez eux. »
Un échange avait aussi été crée avec une radio ukrainienne pour partager des mix et créer des ponts entre les villes.

Les grands événements du média
Ce média, qui n’était autrefois qu’un « blog », a été rythmé par plusieurs événements. Quelques années après la création, en 2015, après le départ des deux fondatrices, une nouvelle équipe arrive avec Laurent Bigarella et réaffirme cet ancrage local.
Puis en 2019, le projet Scène city voit le jour. Il vise à mettre en lien Bordeaux avec d’autres scène de musiques électroniques européennes. Un premier événement a lieu aux Vivres de l’art pour faire connaître les cultures émergentes de Tbilissi, Kiev, Belgrad, Bristol, Lisbonne, Lyon…
L’un des événements les plus marquants de cette période reste le lancement, en 2020, de la revue papier Akki. Porté par l’équipe de Le Type, ce magazine de 130 pages, tiré à 1 000 exemplaires, venait compléter le travail déjà mené en ligne. Son ambition : mettre en lumière les cultures en marge à l’échelle de toute la Nouvelle-Aquitaine, du Pays basque jusqu’à la Creuse, autour d’une thématique différente à chaque numéro.
Une communauté ancrée
Alors que Le Type est gratuit et essentiellement composé de bénévoles, l’équipe avait pour la première fois sollicité leur communauté pour les aider à financer la revue papier.
« De voir la communauté nous donner du soutien pour ce que l’on fait, c’était assez beau de voir cette réciprocité. »
Si l’aventure éditoriale s’est achevée en 2021 après la publication de trois numéros, la participation est pour Laurent Bigarella la clé de la pérennité pour les médias indépendants :
« Si on arrive à créer une relation de confiance avec la communauté, elle sera là pour nous soutenir », assure-t-il.
L’année 2024, elle, marque la publication de Slikke, un projet au croisement entre art et recherches pour interroger l’évolution de l’écosystème du Bassin d’Arcachon. Une newsletter est publiée mensuellement avec pour but de questionner le rôle de la culture dans les transformations climatiques. Slikke c’est aussi des ateliers, des expositions et des tables rondes.
Après 15 ans, Le Type peut finalement se vanter d’avoir été témoin d’un bon bout d’histoire culturelle locale.

