Publié le 13 juin 2026

3 min

« La fête n’est pas un délit » : à Bordeaux, la riposte des free parties à la loi Ripost

#Actu

Plus d’un millier de personnes ont défilé samedi 13 juin à Bordeaux pour défendre les free parties, qu’elles estiment menacées par le projet de loi Ripost. Entre revendications de liberté et inquiétude d’une répression plus sévère, les participants ont transformé la ville en fête géante toute l’après-midi, lors d’une « manifestive ».

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Les chars sonorisés ont fait danser les fêtards bordelais toute l’après-midi (MM/Rue89 Bordeaux)

Plus d’un millier de personnes ont défilé samedi 13 juin à Bordeaux pour défendre les free parties, qu’elles estiment menacées par le projet de loi Ripost. Entre revendications de liberté et inquiétude d’une répression plus sévère, les participants ont transformé la ville en fête géante toute l’après-midi, lors d’une « manifestive ».

« La fête n’est pas un délit » ou encore « c’est nous la riposte » : on peut lire ces slogans sur les pancartes des manifestants. Ils étaient plus d’un millier, principalement des jeunes, à se rassembler ce samedi 13 juin place de la Bourse à Bordeaux pour défendre les free parties, menacées selon eux par le projet de loi Ripost, qui entend durcir leur encadrement.

Le rendez-vous était donné vers 14h par le collectif Tekno Anti Rep. Une dizaine de camions équipés de sound system ont investi les quais, où techno, transe et électro ont retenti dans toute la ville. Les teufeurs et alliés du mouvement ont défilé dans une ambiance festive et décontractée jusqu’à la fin, vers 17h30, place de la République. Le soleil de plomb n’arrête pas les caissons de diffuser le son, ni la foule de danser, parfois sous les jets d’eau rafraîchissants des commerçants.

La free party comme espace de liberté

Au-delà de la fête, une dimension politique est affirmée, et surtout économique pour des jeunes qui n’ont pas les moyens de faire la fête autrement. Clara, 30 ans, habituellement peu militante, s’est mobilisée aujourd’hui :

« Au-delà de la free party, c’est la revendication de la liberté en général. Là je commence à flipper pour mes libertés », concède-t-elle.

Juliette, 22 ans, aide à domicile et habituée des free parties depuis six ans, partage ce constat :

« Les teufs c’est politique, c’est des revendications, des lieux d’autonomie, d’autogestion. […] On prône la liberté de faire la fête, on est tous réunis, sans jugement, c’est que de l’amour quand on va en teuf. »

Elle dénonce l’ « énorme répression » de la police, qui intervient « de plus en plus tôt et de plus en plus violemment ». Elle estime aussi que ce durcissement législatif « condamne d’autres types de cultures, plus populaires ».

Sous le soleil et contre la répression des free parties à Bordeaux Photo : MM/Rue89 Bordeaux

Répression et durcissement du cadre

Louna, 24 ans, apprentie fleuriste, participe à des free parties depuis 2019 et témoigne elle aussi d’une répression croissante :

« Avant, de temps en temps, il y avait la police, mais elle était là pour faire des contrôles, ce qui est important pour éviter qu’il y ait des dégâts sur les routes. Au fur et à mesure, ça s’est dégradé et c’est devenu violent. On veut juste sortir danser et ne pas repartir avec des traumatismes. »

Dans la foule, des parents sont venus défiler pour soutenir leurs enfants. Murielle, 58 ans, défend le mouvement :

« Ça suffit de stigmatiser les jeunes et de les empêcher de vivre tout le temps. Cette loi est liberticide et c’est une étape de plus dans la fascisation de ce pays. […] Tout ce qui est art et culture, il faut le défendre. Même si c’est une culture que je ne partage pas, pour moi c’en est. »

Parmi les mesures dénoncées dans ce projet de loi voulue par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez : l’organisation d’une rave party deviendrait un délit puni de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Le texte prévoit également un délit de participation, sanctionné par une amende forfaitaire de 300 euros. En mai, le Sénat a adopté une première partie de la loi.

Par Marie Moreau

Publié le 13 juin 2026

Bonjour 👋

Voici l'édition du  

Par Jean-Marie Leforestier

Trois enfants par classe victimes de violences sexuelles en France, l'affaire Bétharram, les scandales sexuels à répétition dans l'Église... Face aux nombreuses atteintes faites aux enfants, Arrêt sur images énonce dans son émission éponyme la nécessité de considérer la mort tragique de la jeune Lyhanna comme un fait de société.
Une part de la réponse ? Mediacités met en avant le centre d’accompagnement et de prévention des auteurs de violences conjugales et intrafamiliales de Lille. Les auteurs reconnus de ces infractions qui y sont passés récidivent moins que les autres, note le média.