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Après dix jours d’un incendie sans précédent en Gironde, le feu est désormais fixé, mais pas éteint. Si les secours restent pleinement mobilisés sur les derniers points chauds, les nouvelles réintégrations annoncées ce samedi confirment l’entrée dans une nouvelle phase.
Après dix jours d’une crise sans précédent, le feu qui a ravagé 42 000 hectares en Gironde est désormais « fixé ». Si deux points chauds restent actifs sur la frange littorale entre Lacanau, Le Porge et la presqu’île du Cap-Ferret, les autorités estiment que le sinistre ne progresse plus. Une nouvelle étape s’ouvre, avec le retour progressif des habitants et le lancement de la reconstruction.
« Feu fixé ne veut pas dire feu éteint », a rappelé la préfète de Gironde, Sophie Brocas, lors d’un point presse à 13h ce samedi, entourée de Marc Vermeulen, contrôleur général du SDIS de Gironde, et le général Sylvain Tortellier, commandant du groupement de gendarmerie de la Gironde. Les sapeurs-pompiers poursuivent un important travail de traitement des fumerons et des points chauds, avec l’appui de moyens aériens et terrestres.
Cinq nouvelles communes réintégrées
La préfète a autorisé ce samedi la réintégration des communes d’Arès, Marcheprime, Saumos et Le Temple, ainsi que des quartiers de Lubec et de La Pointe à Audenge.
Ces communes rejoignent les seize autres déjà autorisées à retrouver leurs habitants : Eysines, Mérignac, Le Haillan, Mios, Le Barp, Cestas, Saint-Jean-d’Illac, Martignas-sur-Jalle, Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Aubin-de-Médoc, Salaunes, Sainte-Hélène, Andernos-les-Bains, Lanton, Biganos et une partie d’Audenge.
Au total, 208 000 personnes ont désormais pu regagner leur domicile, sur les 224 000 évacuées au plus fort de la crise.
« Notre ciel s’éclaircit, mais nous redoublons d’efforts pour achever le travail », a conclu Sophie Brocas. Si la prudence reste de mise tant que les derniers points chauds ne sont pas éteints, le ton de cette prise de parole traduit l’entrée dans une nouvelle phase, celle des retours, de l’accompagnement des victimes et de la reconstruction.
« Un épisode absolument inédit en France »
« Ce que nous venons de vivre au cours de ces dix jours est un épisode absolument inédit en France », a-t-elle déclaré, évoquant « la conjonction du vent, de la température et de la sécheresse après trois canicules successives ».
La représentante de l’État a revendiqué « la plus grosse opération de lutte contre un incendie dans l’histoire moderne de la sécurité civile ». Au plus fort de la crise, 3300 sapeurs-pompiers, 24 moyens aériens, dont de nombreux appareils européens, 1470 gendarmes, plus de 700 policiers, 1500 militaires, des drones, des moyens de pompage de grande capacité, des associations de sécurité civile et des renforts venus de treize pays européens ont été mobilisés.
« Une concentration de moyens jamais égalée », a résumé la préfète ; une manière de tacler les nombreuses critiques sur la préparation de la France face aux feux de grande ampleur. En Gironde, des élus avaient notamment interpellé l’État sur les moyens disponibles et dénoncé l’abandon du projet de base de Canadairs à Mont-de-Marsan.
Sophie Brocas a également salué le bilan humain, malgré l’intensité du sinistre : « Notre priorité était qu’il n’y ait pas de morts. À ce stade, il n’y a pas de victimes », tout en rappelant que plus de 330 sapeurs-pompiers ont dû être pris en charge pour des blessures ou malaises sur les opérations.
Une mobilisation collective
Au-delà des services de secours, Sophie Brocas a remercié l’ensemble des acteurs mobilisés pendant ces dix jours. Elle a notamment salué le travail des entreprises forestières, du BTP et de la DFCI (Défense des forêts contre les incendies), qui ont réalisé « l’exploit » de créer 160 kilomètres de coupes tactiques, ainsi que les agriculteurs, dont « l’apport et le courage ont été décisifs » pour ravitailler les camions de pompiers et sécuriser près de 240 kilomètres de lisières.
La préfète a également rendu hommage aux élus locaux – « piliers de la République », aux bénévoles, aux associations de protection civile, aux professionnels de santé, aux entreprises ayant effectué des dons et aux nombreux citoyens anonymes qui se sont mobilisés.
Sophie Brocas a précisé qu’une cellule réunissant assureurs, collectivités et services de l’État accompagnera les victimes de l’incendie. Les compagnies d’assurance se sont déjà engagées à accélérer les expertises et à prolonger jusqu’au 31 août le délai de déclaration des sinistres. Dès lundi, plusieurs réunions sont également prévues avec les représentants de la filière forestière, les entreprises et le monde agricole afin d’évaluer les dégâts et organiser les soutiens économiques.
Il sera également question de réfléchir à l’adaptation de la forêt girondine au changement climatique, un sujet déjà largement identifié et réclamé depuis plusieurs années.
