Au centre, Anthony Thoma, colisiter d’Emmanuel Taffarelli, candidat Reconquête aux élections municipales de Mulhouse.
Le tribunal judiciaire de Mulhouse a condamné Anthony Thoma à trois mois de prison avec sursis pour apologie de crime contre l’humanité. Colistier du parti Reconquête aux élections municipales, il avait fait un salut nazi pendant la manifestation du 8 mars à Mulhouse.
Jeudi 30 juillet, le tribunal judiciaire de Mulhouse a déclaré Anthony Thoma coupable d’apologie de crime contre l’humanité. Membre de l’Action Française, colistier du candidat Reconquête (le parti d’Eric Zemmour) Emmanuel Taffarelli aux élections municipales de Mulhouse en 2026… L’agent immobilier de 28 ans multiplie les engagements à l’extrême droite. Jusqu’à venir provoquer les manifestantes et manifestants pour la journée des droits des femmes le 8 mars 2026, en pleine campagne municipale. Lors de son audience, le prévenu n’a cessé de nier le salut nazi, pourtant filmé. La présidente du tribunal n’a pas été convaincue. Elle a condamné le jeune royaliste à trois mois de prison avec sursis. Il est également condamné à verser 700 euros de dommages et intérêts aux parties civiles (Licra, Ligue des Droits de l’Homme et SOS Racisme) au titre du préjudice moral.
« L’extrême droite est toujours liée au nazisme »
Membre du syndicat étudiant CSTE 68, Echo Delgrande se félicite de cette décision : « Quand on dénonçait ce salut nazi, on nous rétorquait que l’angle est trompeur, qu’on manipule les images. » Le militant poursuit :
« Il ne faut pas laisser l’extrême-droite avancer masquée. Il faut montrer ce qu’ils sont et nous l’avons fait grâce à cette condamnation pour apologie de crime contre l’humanité. On parle d’une idéologie qui a tué des millions de personnes, des Juifs, des homosexuels et d’autres minorités… »
Président de la commission juridique nationale de la Licra, Rodolphe Cahn se dit aussi satisfait :
« Avec une extrême droite qui essaye de faire croire qu’elle est étrangère à son passé, c’est important que ses membres soit condamnés pour des actes nazis. Ça démontre bien que l’extrême droite est toujours liée à ses origines, la collaboration avec le nazisme. Il ne faut jamais cesser ce combat. Même si actuellement l’antisémitisme explose, sous différentes formes, il ne faut pas mettre de côté l’antisémitisme traditionnel de l’extrême droite. »
« Ranimer un front antifasciste »
Président de la section de Mulhouse de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Gérard Moine se réjouit de cette condamnation. Elle sanctionne des provocations régulières de la part de l’Action française qui a perturbé à plusieurs reprises des manifestations de la LDH. À moins d’un an de l’élection présidentielle, Gérard Moine entend poursuivre le combat contre l’extrême droite en essayant de « ranimer un front antifasciste ».
Contacté, l’avocat d’Anthony Thoma n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat.