The Weight of Water, bientôt aux Bassins à flot (Nasser Hashemi/DR)
La 11e édition du Festival international des arts de Bordeaux aura lieu du 26 septembre au 10 octobre dans toute la métropole bordelaise. Au programme, des spectacles tous publics, pluridisciplinaires, souvent engagés et de haute volée.
Dans un monde qui bascule, le FAB va à nouveau offrir une parenthèse bienvenue, sans oublier de nous surprendre et de nous bousculer. Le festival démarre ce samedi 26 septembre, avec une majorité de propositions gratuites, dans l’espace public. Ce sera le cas de Maria en ballon, une chorégraphie aérienne qui lors du week-end d’ouverture s’élèvera au dessus du Miroir d’eau.
Mais aussi des premières en France de The weight of water, de la compagnie néerlandaise Panama Pictures. A bord d’un immense escalier flottant sur les Bassins à flot N°1, six danseurs tentent de trouver un équilibre précaire, accompagnés d’une musique jouée en direct et de discours sur la crise climatique.
Re-light my fire
Cette touche à la fois internationale et engagée constitue la marque de fabrique du FAB, dont 50% du programme est constitué d’artistes étrangers, rappelle sa directrice, Sylvie Violan « Cela permet de voir des propositions qui viennent d‘ailleurs, cela fait du bien et ouvre le regard », ajoute-t-elle. Le tout dans un esprit résolument pluridisciplinaire.
« Car on ne se donne pas de limites, et parce que les artistes pratiquent des formats de plus en plus hybrides, justifie Sylvie Violan. Nous avons ainsi du théâtre, du cirque, de la danse mais aussi de plus en plus d’arts visuels, alliés aux arts vivants, avec des œuvres qui restent le temps du festival, comme des espèces de repères. »
Ce sera le cas de Re-Lighthouse, de l’artiste palestinien Shareef Sarhan. Ce « phare symbole », érigé une première fois en 2015 dans le port de Gaza, et conçu avec des débris de guerre, avait été démoli par un char israélien en 2023. Son créateur a reconstruit un modèle « itinérant, indestructible, porteur d’espoir et de résilience ». La sculpture lumineuse, passée par Montpellier ou Marseille, sera érigée sur le quai Richelieu.

Réponses à la barbarie
Le conflit israelo-palestinien aura une place particulière au FAB, partenaire de la Saison Méditerrannée 2026 portée par l’Institut français : avec Gaza Ô ma joie, Hend Jouda fera résonner sur la scène du Glob son œuvre poétique traversée par les massacres, le deuil et la lutte (le 30 septembre). Dans Language : no broblem, Marah Haj Hussein s’interroge avec humour sur les mécanismes coloniaux déclenchés par le langage, et sur la façon de les déconstruire grâce au multilinguisme (au TNBA les 1er et 2 octobre).
Toujours au TNBA, les vers du poète palestinien Mahmoud Darwich seront mariés au Cantique des Cantiques, chant d’amour biblique repris par Rodolphe Burger, musicien complice d’Alain Bashung, avec des mélopées en hébreu, en arabe et en français (le 1er octobre).
Le message pacifiste et multiculturel percera aussi avec La Terre s’en va sous nos pieds, qui associera la compagnie française Basinga (et son incroyable funambule Tatiana-Mosio Bongonga, déjà vue à la Benauge) et le collectif libanais Kahraba pour une création commune en « réponse à la barbarie » – la destruction de 35 villages du Liban Sud et l’exil d’un million de personnes en mars 2026 (le 27 septembre à Saint-Médard, et les 3 et 4 octobre à Bègles).
Pâticipatif
Très attendus également cette année : les premières représentations en France du jordanien Hadi Nahleh et sa compagnie Studio 8 avec Crossing, une chorégraphie circulaire millimétrée (les 3 et 4 octobre au Belvédère, à Bordeaux, et le 7 octobre à Eysines) ; Follow me, un spectacle des acrobates belges de Be Flat qui feront du quartier Saint-Pierre leur terrain de jeu (du 6 au 10 octobre) ; ou encore Domte, de la compagnie espagnole Nacho Flores, qui crée à partir de bois et de planches des installations en équilibre (du 26 septembre au 4 octobre, en différents lieux de la Métropole).
Il s’agit d’un spectacle participatif, tout comme La Terre s’en va sous nos pieds, L’Odyssée de la Compagnie Bravache (les 3 et 4 octobre à Bordeaux), Le Grand défilé de la compagnie ERd’O, une création entre théâtre, performance et mode (le 9 octobre au Garage Moderne), ou encore Ravel en ville, de l’ONBA et l’Opéra Pagaï, un Boléro un peu spécial réalisé avec la complicité de commerçants et d’habitants du quartier (le 26 septembre).

Les spectateurs mettront la main à la pâte pour La pastasciutta antifascista de Casa Cervi, histoire vraie d’une famille italienne de partisans qui a fêté dans son village l’arrestation de Mussolini en cuisinant des pâtes (interdites sous la dictature fasciste !). Un travail d’enquête historique et gastronomique de Floraine Fachcini où le public fera la cuisine et dégustera sa création (au parc du Bourdieu, à Saint-Médard du 7 au 10 octobre).
Remue et méninges
D’autres artistes vous convieront à partager le fruit de recherches très sérieuses : le Collectif Issues sur la ville-forêt (le 26 septembre à Saint-Médard), Sylvain Gouraud pour La nature des équilibres, une exposition de photos plus un spectacle sur les pratiques agricoles. Ce dernier participera aussi à la table-ronde « Médias vivants : les journalistes en scène, les artistes enquêtent », première soirée de la saison In Médias, coorganisée par le FAB et le Club de la presse de Bordeaux (le 5 octobre à l’Inox).
Enfin, ne pas louper des rendez-vous éminemment festifs : le French Cancan Géant, tentative de record du monde du plus grand nombre d’interprètes, avec les danseurs et danseuses de 9 cabarets de Nouvelle-Aquitaine et de 4 écoles de danse (le 30 septembre au Miroir d’eau) ; la Faboum Méditerranée, le 3 octobre au Bien Public, et le Bal Pop Up pour clôturer le Fab, le 10 octobre au Garage Moderne.
L’an dernier, le FAB avait attiré près de 70000 spectateurs.
Infos et réservations sur le site du FAB
