3000 personnes, selon les organisateurs, ont marché à Bordeaux (SB/Rue89 Bordeaux)
Répondant à l’appel du collectif citoyen du 26 septembre, 3000 personnes, selon les organisateurs, ont marché ce samedi « pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale ». Aux côtés des militants opposés aux grands projets écocides prévus en Gironde, beaucoup de jeunes et de familles qui manifestaient pour la première fois.
« On veut vivre sans pesticides, sans incendies, sans canicules. » Le slogan est simple et rassembleur : 250 manifestations se sont déroulées ce samedi, et plusieurs milliers de personnes – 3000 selon les organisateurs – ont marché à Bordeaux de la place de la Victoire aux Quinconces. Dans le calme, mais déterminées.
Alors qu’il fait grand soleil, et 28°C, 3 degrés au-dessus des normales saisonnières, les manifestants ont souhaité exprimer leur « écolucidité » au sortir d’un été encore dans toutes les têtes – 7 jours au-dessus de 40° à Bordeaux, 8000 morts liés aux canicules en France, 42 000 hectares brûlés lors de l’incendie en Gironde, plus de 200 000 personnes évacuées…
« C’est quatre fois plus que lors des incendies de 2022, où mes parents avaient dû quitter la Teste », indique Christel, membre du collectif qui s’est créé à Bordeaux pour organiser la marche.
« Mais depuis, les pompiers n’ont pas plus de moyens, on n’a pas plus de canadairs, et heureusement que les agriculteurs et les ouvriers du BTP sont venus aider les secours et empêcher que le feu gagne des usines Seveso… »
Un mouvement qui fédère
« En colère » face à la passivité du gouvernement, « alors que les vagues de chaleur ont d’abord tué les plus précaires, notamment les sans abri », Christel s’est reconnue dans l’appel lancé par « le collectif citoyen et apartisan » du 26 septembre. Cette ex-conseillère municipale de Pessac de 2020 à 2026, élue sur une liste de gauche mais elle-même issue de la société civile, n’avait plus d’engagement qu’associatif et syndical. Et elle constate que les derniers mois ont fait office d’électrochoc.
« Nous avons réussi à fédérer dans l’organisation des collectifs qui luttent contre les projets écocides qui poussent comme des champignons en Gironde, mais aussi des gens dont c’est le premier engagement. Et on voit dans le cortège beaucoup de militants associatifs, mais aussi pas mal de familles, qui étaient là lors des marches pour le climat, mais s’en étaient éloignées. »
De fait, la manifestation bordelaise comprend beaucoup d’opposants à la LGV Bordeaux-Toulouse, à l’entrepôt logistique de Belin-Béliet, à l’élevage de saumons de Pure Salmon au Verdon, à l’usine EMME à Parempuyre, ou encore au Surf park de Canéjan. Et pas mal de militants de gauche, principalement de la France insoumise et des Ecologistes.

Il y a également des manifestants qui descendent dans la rue pour la première fois, ou presque, comme Lia, étudiante de 20 ans coiffée d’un keffieh. « Mon père est ouvrier et à la CGT, ma famille est de gauche, j’avais fait des marches pour le climat mais j’étais beaucoup plus jeune ! » Elle aussi a été marquée par les incendies :
« C’était du jamais vu, j’ai eu peur pour ma vie, alors que j’habite à Bruges, j’ai cru qu’on allait aussi devoir être évacués. Comment c’est possible qu’on en arrive là ? Tous les partis devraient se saisir de l’écologie, c’est de notre avenir, de notre vie dont il s’agit. »
Prochaine marche le 14 novembre
Lia est accompagnée de son amie Alexia, 35 ans, qui participe elle aussi aujourd’hui à sa toute première manifestation. Pour la jeune femme en reprise d’études, les derniers mois ont fait office de déclic – elle a rejoint le collectif citoyen « Demain 50° », récemment constitué, qui veut diffuser des solutions concrètes pour protéger les habitants face aux canicules. A Bordeaux, elle marche avec une pancarte qu’elle a fabriquée – « Je marche pour l’amour du vivant ».
Isaure, 13 ans, est quant à elle fière qu’une partie du cortège ait repris un slogan de son invention – « On a qu’une planète, ne la réduisez pas en miette ! » C’était pour elle et sa petite sœur une première manif en famille, avec leurs parents.
« Il y a des échéances politiques importantes dans pas longtemps [NDLR : la présidentielle], c’était important de montrer qu’on est nombreux à exprimer des préoccupations communes, souligne son papa, Nicolas, informaticien de 44 ans. L’été que l’on a vécu était attendu, ce n’est tristement que ce qu’annonçaient les scientifiques depuis des années. Maintenant il faut être un maximum pour changer de voie. »
Le collectif 26 septembre n’entend pas être un « one shot » : une deuxième journée d’action est annoncée le 14 novembre prochain.
