Rassemblement d’opposants au projet EMME le 30 janvier dernier devant l’hôtel de Métropole (SB/Rue89 Bordeaux)
Une mobilisation est prévue ce samedi 4 avril 10h à Bordeaux, devant la préfecture de la Gironde, contre le projet EMME. Après l’avis favorable de l’enquête publique, les opposants, réunis en collectifs et associations issus des 28 communes de Bordeaux Métropole, redoutent un feu vert imminent de l’Etat.
Une manifestation contre la construction d’une raffinerie en bords de Garonne est prévue ce samedi 4 avril à 10h devant l’entrée de la préfecture de la Gironde, à Bordeaux. Cette nouvelle mobilisation, à l’appel du Collectif du Bois Vert et de l’antenne girondine d’Attac, intervient alors que le préfet de la Gironde, Étienne Guyot, doit prendre une décision de façon imminente.
« Avant le 17 avril, Bordeaux Métropole doit se prononcer sur la modification du PLUi (plan local d’urbanisme intercommunal) nécessaire à l’implantation de l’usine Seveso seuil haut sur cette zone inondable et d’expansion des crues, ainsi que sur le rapport d’enquête publique et l’enquête conjointe », rappellent dans une lettre commune des collectifs et associations des 28 communes de la Métropole.
Pas de délai pour la Métropole ?
À défaut de vote dans les délais, l’avis de la collectivité serait réputé favorable. Or le premier conseil métropolitaine de la nouvelle mandature devrait intervenir après le 17 avril, et être consacré à l’élection de son président. Christine Bost avait donc demandé un délai pour pouvoir débattre, sans avoir reçu de réponse de la préfecture.
Que fera son futur successeur, sans doute Thomas Cazenave ? Pour le savoir, Florence Bougault, administratrice de la Sepanso, association ayant déjà déposé deux recours visant le projet, a sollicité un entretien, sans réponse à ce jour.
Dans son courrier au nouveau maire de Bordeaux , Florence Bougault rappelle qu’aux dernières municipales, le projet a servi de catalyseur aux listes d’opposition locales, quelles que soient les étiquettes politiques : Véronique Ferreira (PS), réélue à Blanquefort, Bruno Naulevade (socialiste), élu à Saint-Louis-de-Montferrand, et le nouveau maire de Parempuyre, Henri Lagarrigue (Les Républicains), et sont tous hostiles à l’implantation de EMME dans cette zone inondable.
« Il serait déraisonnable de ne pas reconnaitre que le maire de Parempuyre a été élu en raison de son opposition à ce projet (45% des voix), suivi en seconde position par une liste citoyenne qui en a rassemblé plus de 32% » indique l’administratrice de la Sepanso.
Sous les eaux
Elle juge donc qu’il serait « profondément antidémocratique de laisser ce projet se poursuivre sans délibération », et « incompréhensible, sur un sujet d’une telle gravité, que l’avis des élus représentant la population ne soit pas pris en compte ». La militante écologiste rappelle les risques majeurs induits par l’usine, dont l’émission de métaux lourds classés cancérogènes (nickel, cobalt), une implantation en zone inondable, et récemment touchée par des crues..
« Une séquence filmée sur place en février 2026 […] montre clairement que cette zone, entièrement inondée, a servi de zone tampon, protégeant d’autres territoires des débordements fluviaux », rappelle-t-elle dans sa lettre au maire de Bordeaux.
