L’ensemble scolaire Sainte Marie Bastide (Google Street View)
Une plainte avec constitution de partie civile pour viol sur mineur de moins de quinze ans vise le directeur de l’école Sainte-Marie-Bastide à Bordeaux, cet établissement privé étant lui-même poursuivi pour « non assistance à personne en danger ». Un juge d’instruction reprend le dossier ouvert par le parquet de Bordeaux, après un premier signalement pour des faits similaires.
En février 2026, les professionnels du Centre médico-psychologique de l’enfant et de l’adolescent (CMPEA) effectuent un signalement suite au témoignage d’un écolier de sept ans. Il leur avait fait part d’agressions sexuelles que lui aurait infligées le directeur de l’école primaire Sainte-Marie-Bastide, à Bordeaux.
Ce dernier est alors placé en garde à vue, et une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Bordeaux. Il est par ailleurs suspendu par son employeur, l’OGEC (organisme de gestion de l’enseignement catholique) Sainte-Marie-Bastide.
En juin, sans nouvelle des avancées de l’instruction, la famille du garçon raconté à la presse (à Actu.fr puis à Sud Ouest) les brutalités et sévices qu’auraient subi leur enfant, et indiqué avoir créé un collectif, suspectant d’autres victimes. Ce mercredi 15 juillet, Sud Ouest révèle qu’une deuxième plainte pour viols a été déposée devant le doyen des juges d’instruction par la famille d’un autre garçonnet de 7 ans pour des faits qui remonteraient à son année de CP.
Des plaintes en cascade
Ces faits ont été confirmés ce mercredi par le Procureur de la République de Bordeaux. Il précise que ce sont en fait deux plaintes qui ont été déposées. La première vise le chef d’établissement des chefs de « viol sur mineur de moins de quinze ans, d’agressions sexuelles sur mineur de moins de quinze ans, violences aggravées et menaces de mort », et l’OGEC Sainte-Marie-Bastide des chefs de « non-assistance à personne en danger, défaut de signalement et complicité de viol par abstention volontaire ».
La seconde plainte vise le directeur des mêmes chefs, aggravés du fait qu’ils sont commis par une personne ayant autorité, et pouvant être étendue « à la personne morale de droit privé (OGEC) et son représentant, ainsi qu’à l’encontre de toute personne ayant eu à connaître des faits décrits et n’étant pas intervenue ». Ce qui pourrait in fine concerner aussi le diocèse, s’il s’avérait qu’il était également au courant de la situation.
Le parquet de Bordeaux précise que « ces plaintes visant les mêmes faits que ceux actuellement instruits dans le cadre d’une enquête préliminaire visant le même chef d’établissement, […] elles mettent par conséquent un terme à cette enquête qui sera dorénavant suivie par un magistrat instructeur ».
« Gestion déshumanisée »
À Sud Ouest, les conseils du mis en cause, présumé innocent, indiquent qu’il « conteste fermement les faits », et affirme que les faits « sont matériellement impossibles ».
Les parents d’un des deux enfants dénoncent par ailleurs la « gestion déshumanisée » de cette crise par les responsables de l’établissement, qu’ils accusent d’avoir voulu étouffer l’affaire, voire d’avoir voulu renvoyer leur fils de l’école. Ce que ces derniers contestent auprès de Sud Ouest.
Dans un message publié sur son site internet suite au premier article, ils se disent « profondément touchés par la gravité de la situation évoquée et par les interrogations qu’elle suscite au sein de notre communauté éducative », et expriment leurs « pensées » envers la famille.
« Par respect pour les personnes concernées, pour les familles et pour le bon déroulement des procédures en cours, l’établissement s’est astreint à une stricte réserve. Cette discrétion ne traduit en aucun cas une absence d’attention ou d’engagement ; elle répond à l’obligation de respecter le cadre légal qui s’impose à tous. »
Même ligne du côté du Diocèse. Mais selon Sud Ouest, deux inspecteurs de l’Éducation nationale ont été envoyés dans l‘école par le rectorat dans le cadre d’une mission de contrôle placée sous l’égide du plan Brisons le silence, contre les violences commises en milieu scolaire.
