Personne sans abri à Bordeaux (WS/Rue89 Bordeaux)
Le Collectif Les Morts de la rue a recensé 929 personnes sans domicile fixe mortes en France en 2025, dont 65 en Nouvelle-Aquitaine et 16 dans la Métropole de Bordeaux. Un hommage leur a été rendu ce mardi 2 juin à Paris.
Décédées dans l’indifférence, retrouvées sur la voie publique, dans des cages d’escaliers : ce sont 929 personnes sans domicile fixe qui sont mortes en France en 2025, selon le décompte provisoire du collectif les Morts de la Rue publié mardi 2 juin 2026. Un hommage leur a été rendu ce mardi matin à Paris, où leur nom, âge, date et lieu de décès ont été énoncés.
En Nouvelle-Aquitaine, elles sont 65 « sans chez-soi », 15 personnes de plus que l’année dernière. À Bordeaux et dans sa méropole, ces victimes de la rue en 2025 se nomment : Hayet, 45 ans, mort le 4 janvier. Martin, 34 ans, le 22 janvier. Iwona, 59 ans, le 25 janvier. Glez, 60 ans, le 19 février. Jean, 47 ans, le 25 février. Mehmedemin, 73 ans, le 27 mars. Marlène, 44 ans, le 3 avril. Céline, 46 ans, le 14 mai. Marina, 49 ans, le 17 juin. Damien dit « Dams », 37 ans, le 4 juillet. Un homme, 25 ans, le 1er octobre. Appoline, 83 ans, le 6 octobre à Lormont. Dimitri, 50 ans, le 30 mars à Lormont. Un homme, 43 ans, le 26 novembre à Bègles. Ielena, 28 ans, le 30 janvier à Bègles. Nathan, 37 ans, le 21 janvier à Cenon.
Moyenne d’âge 50 ans
Ces personnes avaient en moyenne 50 ans : du plus jeune, un nourrisson de 11 jours retrouvé mort à Bron (Rhône), à la plus âgée, une femme de 88 ans hébergée chez un tiers. Parmi ces 929 personnes, 83% étaient des hommes, 14 étaient des enfants de moins de 4 ans, et 12 adolescents entre 15 et 18 ans.
Ce triste bilan a été recueilli à partir des remontées d’une cinquantaine d’associations proches des sans-abri et membres du collectif. Il est supérieur à celui de 2024, qui s’était établi à 912 décès.
L’année 2026 s’annonce à son tour délicate : à Bordeaux, les associations de maraude s’alarment de l’augmentation du nombre de sans-abri, et ont dénoncé pendant le dernier épisode de canicule l’absence d’ouverture par la mairie d’un lieu de mise à l’abri en journée.
« Danger immédiat »
Cet épisode météorologique extrême a entraîné un « danger immédiat » pour ces personnes, selon l’élue d’opposition Harmonie Lecerf-Meunier, qui réagissait ce lundi en conseil municipal :
« Elles ont en moyenne 30 années d’espérance de vie en moins car leurs corps sont usés et fatigués. La vague de chaleur a eu un impact immédiat, avec la réception de nombreux sans-abri aux urgences, des appels au 15 plus nombreux, et une suractivité du 115 (numéro de téléphone pour l’hébergement d’urgence), déjà saturé. »
Il reste difficile de connaître précisément le nombre de personnes sans domicile fixe en France : elles seraient environ 350 000 selon la Fondation pour le Logement. L’Institut national de la statistique a depuis mené une nouvelle enquête pour mieux connaître la situation. Les résultats seront dévoilés fin 2026. A Bordeaux, la Nuit de la solidarité avait recensé l’an dernier 761 sans-abri, dont 392 personnes vivent à la rue ou en campement, 245 en bidonvilles et 124 en squat.
