Restaurée, la flèche Saint-Michel pourra accueillir 19 personnes à la fois pendant les visites (MM/Rue89 Bordeaux)
La tour-clocher emblématique du quartier Saint-Michel sera inaugurée ce samedi 13 juin lors d’une soirée festive mêlant carillon et concerts.
Encore quelques marches, et Bordeaux s’étale à 360 degrés. La flèche Saint-Michel rouvre au public après près de quatre ans de travaux. Ce samedi 13 juin, son inauguration officielle est prévue à 18h, suivie d’un carillon puis de trois concerts gratuits dans le cadre de la Nuit de la flèche, coorganisée avec le festival Chahuts et le collectif de commerçants Le Grand Saint-Michel.
La tour-clocher du XVe siècle est enfin remise en état. « Véritable phare dans la ville », selon le maire de Bordeaux Thomas Cazenave, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1998. « La dernière restauration date du XIXe siècle », rappelle l’édile durant la visite accordée à la presse. Le montant total de l’opération s’élève à 11,3 millions d’euros, pour un chantier initialement évalué à 10,6 millions.
Les visites s’accompagneront d’outils de médiation. « Des documents seront distribués à l’entrée pour aider les visiteurs à repérer les monuments visibles depuis le sommet », informe l’Office de tourisme de Bordeaux. Des panneaux explicatifs permettent de rendre compte de l’importance des travaux. La crypte – plus ancien vestige, connue pour avoir stocké des momies – sera elle aussi accessible au public.
Des travaux d’ampleur
Construite entre 1472 et 1492, la flèche Saint-Michel s’élève à 114 mètres, quatrième plus haute de France. En 2000, des fissures ont été constatées après la tempête Martin, liées à des éléments métalliques dans la structure (oxydation du métal notamment), auxquelles sont venus s’ajouter des contraintes thermiques déformant la pierre.
Les travaux ont été engagés en urgence en 2021 par l’équipe de Pierre Hurmic. Un imposant échafaudage de 120 mètres de haut a été édifié sur la place, ancré dans le sol, pour atteindre les parties hautes. Certaines pierres ont été remplacées, d’autres consolidées. Le chantier a aussi porté sur la restauration du fleuron et du carillon, ainsi que sur le nettoyage des parements. Les joints en ciment ont été retirés et remplacés par un mortier de chaux ou de résine, plus adapté aux agressions climatiques.
La croix a elle aussi été rénovée. Agathe Corre, guide touristique, raconte que sa première pose, en 1492, avait été réalisée par deux maçons chargés de l’installer tout en haut :
« L’échafaudage que nous avons monté pour cette rénovation était déjà une prouesse technique, mais eux ont donc grimpé et ont été récompensés avec un manteau fourré d’Hermine. »

« Savoirs-faire traditionnels »
Le chantier a mobilisé de nombreux artisans du patrimoine : tailleurs de pierre, maçons, ferronniers ou verriers. La directrice régionale des affaires culturelles (DRAC) de Nouvelle-Aquitaine, Maylis Descazeaux, salue « les savoirs-faire traditionnels qui, grâce à des chantiers comme celui-ci, permettent non seulement de s’exercer, mais aussi de transmettre, puisque nombre d’apprentis ont été formés sur ce chantier ».
Pendant trois semaines, la visite de la flèche sera gratuite. Les 3 800 places offertes se sont toutes écoulées rapidement, symbole de l’engouement autour de sa réouverture. Les prochaines visites se tiennent dès le 6 juillet pour 7 € l’entrée.
