Publié le 18 septembre 2026

5 min

Après le mégafeu, Marine Le Pen au Porge sans idées étincelantes

#Actu

Marine Le Pen a rencontré ce jeudi 17 septembre des sinistrés des mégafeux au Porge, puis des élus et acteurs économiques au Temple. Les positions et les votes controversés du Rassemblement national sur les moyens des pompiers et la prévention des risques climatiques sont venus sur le tapis, mais la candidate à l’élection présidentielle n’a pas avancé de propositions concrètes.

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Marine Le Pen ce jeudi 17 septembre au Porge (SB/Rue89 Bordeaux)

Marine Le Pen a rencontré ce jeudi 17 septembre des sinistrés des mégafeux au Porge, puis des élus et acteurs économiques au Temple. Les positions et les votes controversés du Rassemblement national sur les moyens des pompiers et la prévention des risques climatiques sont venus sur le tapis, mais la candidate à l’élection présidentielle n’a pas avancé de propositions concrètes.

Pas de comité d’accueil pour l’arrivée de Marine Le Pen, ce jeudi 17 septembre au Porge. La candidate du Rassemblement national est accueillie au domicile d’une habitantes, où elle doit rencontrer des sinistrés de l’incendie de Saumos, présélectionnés par Edwige Diaz, vice-présidente du parti et députée de Gironde.

« Le maire s’est mal comporté, il aurait pu nous prêter une salle municipale et n’a pas souhaité le faire pour raison politique », s’agace la favorite des sondages pour la présidentielle. En fait, Martial Zaninetti, l’édile (sans étiquette) de la commune la plus touchée par le mégafeu de l’été, n’a reçu aucun des différents candidats (David Lisnard, Olivier Faure, François Ruffin…) qui ont défilé ces dernières semaines.

C’est donc dans le jardin d’une sympathisante, et devant une forêt de micros et de caméras, que Marine Le Pen échange avec plusieurs personnes impactées par l’incendie – un habitant dont la maison est l’une des 180 de la commune détruites par les flammes, ou encore un sylviculteur.

« Contre des moyens pour les pompiers »

Celui-ci évoque la « défaillance des moyens aériens » – les canadairs intervenus 4 heures après le début du feu -, et interroge la candidate sur l’opposition de son groupe à l’augmentation des moyens des pompiers. Le 20 novembre 2025, les députés RN ont en effet voté contre deux propositions destinées à accroître les ressources des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), l’une reposant sur une part supplémentaire de taxe de séjour, l’autre sur une contribution des sociétés d’assurance.

« Ils voulaient créer un impôt supplémentaire, les Français en ont soupé des impôts », répond Marine Le Pen, qui affirme que son parti voulait « procéder à une nouvelle répartition, au bénéfice du SDIS, des moyens qui étaient accordés ».

Marine Le Pen est « venu faire du buzz pour les présidentielles, alors qu’ils ont voté contre les moyens supplémentaires pour les pompiers », s’insurge Béatrice. Cette habitante de la commune est la seule à afficher son hostilité en clamant un « pas de RN au Porge », sans interrompre toutefois la séquence.

Les jours précédents, la CGT, le Parti socialiste et les Ecologistes avaient aussi dénoncé la visite de la candidate d’extrême droite, évoquant l’abstention du groupe RN lors du vote d’un amendement proposant un milliard d’euros supplémentaires pour recruter des pompiers professionnels en juillet 2022.

« Il n’y a pas marqué Mélenchon »

Ce jeudi, quelques électeurs du RN sont aussi venus soutenir leur championne, comme David, ancien journaliste venu de Biscarosse. Selon lui, il serait facile d’acheter des Canadairs « en prenant l’argent là où il est, en arrêtant de donner des milliards à l’Ukraine » pour se défendre contre la Russie.

Marine Le Pen préfère elle esquiver les polémiques. S’interrogeant sur les éventuelles « défaillances » dans l’organisation des secours, elle salue l’action des pompiers et se garde d’entrer dans le débat, toujours vif au Porge, sur les choix de terrain dans la lutte contre le feu.

Elle est reçue plus tard à la mairie du Temple, à 7 kilomètres du Porge, par son édile sans étiquette, Olivier Halard – « de manière démocratique et républicaine, c’est une élue, et on se doit de parler à tout le monde, quel que soit le bord politique », justifie ce dernier.

La députée RN se contente surtout d’écouter les maires du secteurs – ceux de Saumos, de Salaunes, du Temple et de Sainte-Hélène, qui préside également la communauté de communes -, le président de la DFCI Gironde, et plusieurs acteurs économiques – président de la Chambre d’agriculture, représentants de la Coordination rurale, directrice du Medef Gironde…

Marine Le Pen tente (un peu poussivement) de les rassurer sur le fait que les aides post-incendies débloquées par le gouvernement ne seront pas menacées par une éventuelle censure du Premier ministre. « Ne vous inquiétez pas, il n’y a pas marqué Mélenchon. Je pense qu’il faut qu’il y ait un budget ».

« Pas sûre qu’on puisse faire mieux »

A la sortie, pas d’idée neuve ou de proposition forte. « Je ne suis pas là pour distribuer bons et mauvais points », prévient-elle, assurant simplement qu’il faut « travailler à un dispositif complet » tirant les enseignements du mégafeu – sur les évacuations, la prévention des pillages, les indemnisations. Et d’enfoncer quelques portes ouvertes sur le risque que les compagnies d’assurance finissent par ne plus vouloir assurer les habitants de zones régulièrement exposées aux catastrophes.

Marine Le Pen, qui il y a quelques années jugeait les climatologues du GIEC trop « alarmistes », et remettait en cause leurs conclusions sur la responsabilité des activités humaines dans le réchauffement planétaire, entérine ainsi désormais le fait que les évènements extrêmes vont se multiplier. Mais son projet sur le dérèglement climatique, qui sera prochainement présenté, devrait plus consister à s’adapter à ce dernier qu’à lutter contre son aggravation :

« Il faut une forme de modestie. Le changement climatique n’est pas lié exclusivement à la France, un des pays les plus vertueux au monde [NDLR : en termes d’émissions de gaz à effet de serre, mais seulement par rapport aux autres grands pays industrialisés], je ne suis pas sûre qu’on puisse faire mieux. Il faut s’adapter à ses conséquences sur les évènements climatiques avec des dispositifs les plus résilients possibles ».

Elle fustige par ailleurs les « normes écologiques très rigides », qui pourraient selon elle empêcher d’irriguer d’éventuelles cultures dans les pare-feux, et réclame que l’Etat baisse les taxes sur les carburants et le fioul pour soutenir la consommation. Avec le RN, c’est sûr, l’environnement va péter le feu.

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