Le bâtiment de la Knesset, le parlement européen, à Jérusalem.
Rarement l’expression « justice à deux vitesses » aura été mieux adaptée que pour cette loi israélienne adoptée le 30 mars par la Knesset. La loi, présentée par l’extrême droite et votée par Netanyahou, prévoit de déferrer les Palestiniens, coupables de meurtre ou d’acte terroriste, devant un tribunal militaire, tandis qu’un citoyen juif coupable d’avoir tué un Palestinien sera jugé par un tribunal civil. Le premier sera quasi automatiquement promis à la peine de mort, tandis que le second est assuré d’un jugement plus clément, excipant généralement de la « légitime défense ».
C’est un pas de plus dans l’installation d’un système d’apartheid déjà à l’œuvre dans toute la société. Le droit de vie ou de mort sur les Palestiniens est déjà accordé quotidiennement aux colons et aux militaires, sûrs de l’impunité. Le droit de torturer aussi, comme en atteste le non-lieu dont viennent de bénéficier des militaires après avoir violé un prisonnier palestinien. Plus de cent Palestiniens sont morts en prison à la suite de mauvais traitements depuis le 7 octobre 2023. Avec l’adoption de la « loi Nation du peuple juif » de juillet 2018, raciste, il y a une cohérence israélienne : le fascisme.