Publié le 13 avril 2026

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Énergie : éviter les erreurs de 2022

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Le choc énergétique lié à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran pose un double défi : traiter les inégalités qu'il implique sans pour autant compromettre les objectifs de transition énergétique hors des fossiles.

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Ben Tofan / Unsplash

La guerre en cours a endommagé des installations pétrolières et gazières, tandis que le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, reste bloqué. Résultat : le baril a dépassé les 100 dollars et, en France, le gazole atteint 2,25 euros le litre. Ces chocs énergétiques ont avant tout un impact inégalitaire. À l’échelle internationale, ils organisent un transfert de richesse des pays consommateurs vers les pays producteurs. Mais les inégalités se creusent aussi au sein des pays, entre secteurs et entre ménages.

Au niveau sectoriel, agriculteurs, pêcheurs ou transporteurs voient leurs coûts exploser. De l’autre côté, énergéticiens et distributeurs bénéficient de la hausse des prix, qu’ils anticipent et sur-répercutent, générant des surprofits. En 2022, aux États-Unis, pays s’étant le plus enrichi, les profits ont avoisiné les 281 milliards de dollars, contre une moyenne de 40 milliards sur 2016-2019.

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Non-productrice de pétrole, la France est concernée par le phénomène en raison des raffineurs distributeurs comme Total. En 2022, elle se classait ainsi au 9e rang des surprofits énergétiques : près de 20 milliards, environ le double des périodes passées. Certains, comme Laurent Wauquiez, souhaiteraient ajouter l’État à la liste des profiteurs de guerre, mais cela apparaît largement exagéré. Certes, les recettes de TVA augmentent mais, dans le même temps, la hausse des prix tend à réduire la consommation de carburant, tandis que l’État reste acheteur de produits pétroliers, notamment pour ses services publics.

Ces crises nous atteignent car la sortie des fossiles est encore trop lente.

Côté ménages, en 2019, les 20 % les plus pauvres consacraient 20 % de leur revenu disponible au transport et aux besoins énergétiques du logement, contre 3 % pour les 10 % les plus aisés. À cela s’ajoute une répartition inégale des surprofits énergétiques. En 2022, aux États-Unis, 50 % a été capté par les 1 % de ménages les plus aisés. Il n’y a pas de raison qu’il en aille différemment en France. Un tel choc pose donc un double défi : traiter ces inégalités sans pour autant compromettre les objectifs de transition énergétique hors des fossiles. 

Dispositifs d’urgence

Ce cap en tête, les propositions de baisse de la TVA sur les carburants, préconisée par le RN et une partie de LR, apparaissent absurdes. Elles subventionnent les énergies fossiles (dépense fiscale) en creusant le déficit – le bouclier tarifaire a coûté 27 milliards entre 2021 et 2024 – sans cibler les bénéficiaires en difficulté ni mettre à contribution les profiteurs ! Le contrôle des prix proposé par La France insoumise est déjà plus cohérent : empêchant les profiteurs de s’enrichir, les prix augmenteraient moins vite et moins fortement.

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Mais en limitant la hausse de prix pour tout le monde, les catégories les plus exposées restent vulnérables. La mesure doit donc être complétée par des dispositifs d’urgence : chèques énergie ciblés mais aussi baisse du tarif des transports en commun ou encore massification du leasing social sur les véhicules électriques. Niveau financement, on a là une bonne raison de mettre à contribution les 50 000 ménages fortunés échappant à l’impôt. Ne l’oublions pas, ces crises nous atteignent car la sortie des fossiles est encore trop lente. Elles constituent une opportunité d’accélérer la bifurcation écologique indissociable de la justice sociale.

Par Alban Pellegris

Publié le 13 avril 2026

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