Publié le 08 octobre 2025

4 min

Charlotte Gainsbourg qui incarne Gisèle Halimi : un choix politique

#Actu

Dans une tribune au Figaro, Charlotte Gainsbourg a protesté contre la reconnaissance de la Palestine par la France. Problème : l'actrice incarne Gisèle Halimi dans un prochain biopic sur l'avocate, connue par ailleurs pour ses engagements anticolonialistes.

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Alors qu’elle nous avait plutôt habitué·es à une certaine discrétion quant à ses engagements, Charlotte Gainsbourg voit son nom récemment déplacé des rubriques culture aux pages politique et débats des journaux. À la veille de la reconnaissance de l’État de Palestine par la France, Charlotte Gainsbourg signe, aux côtés d’autres artistes, une tribune publiée dans le très droitier Figaro, appelant Emmanuel Macron à conditionner cette décision, qualifiée par ses auteur·ices de « capitulation morale face au terrorisme ».

Sans aucun doute, la détention d’otages civils israélien·nes par le Hamas est un crime de guerre, et leur restitution, un impératif aussi bien moral que légal. Mais le refus de reconnaître aux Palestinien·nes le droit à un État, quelles que soient les circonstances invoquées, constitue une négation explicite du droit fondamental des peuples à disposer d’eux-mêmes.

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Réalisé par Lauriane Escaffre et Yvo Muller.

C’est un bafouement de l’idée même d’autodétermination. Cette prise de position résonne alors que dans Gisèle, film biographique consacré à Gisèle Halimi (1) prévu pour 2026, le rôle de la célèbre avocate est interprété par Charlotte Gainsbourg. Si le nom de Gisèle Halimi est largement associé à ses engagements féministes, le grand public sait moins à quel point elle était farouchement anticolonialiste.

L’art est politique, et les artistes ne peuvent en aucun cas s’affranchir des questions qui traversent la société.

Toute sa vie, elle n’a eu de cesse de clamer la défense des droits des Palestinien·nes. Les interprètes doivent-ils dans la vie porter les idées des personnages qu’ils incarnent ? Ce n’est évidemment pas le sujet. Nombre d’acteurs et d’actrices interprètent des figures moralement abjectes sans pour autant adhérer à leurs valeurs. On pense notamment aux nombreuses représentations de nazis, d’esclavagistes et autres criminels contre l’humanité.

Mais dans ces cas, les personnages ne prêtent pas à l’adhésion, il n’est pas question pour les réalisateurs·ices et scénaristes de les dépeindre sous des traits admirables. Dans le cas de ce biopic, la question se pose dans d’autres termes : que signifie le fait de rendre hommage à une figure emblématique si sa voix est confiée à une personne – si talentueuse soit-elle – incapable de transmettre le sens de ses engagements ?

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Le choix de consacrer un film à une femme dont la vie a été dédiée aux luttes d’émancipation est un geste politique qui ne peut se réduire à une simple posture esthétique. L’art est politique, et les artistes ne peuvent en aucun cas s’affranchir des questions qui traversent la société dans laquelle ils et elles créent, en particulier lorsqu’ils et elles font le choix de magnifier une femme dont la vie a été charpentée par des convictions viscérales.

Un choix qui soulève aussi d’autres questions. Alors que Gisèle Halimi était tunisienne, née sur le continent africain, les films qui lui sont dédiés matérialisent sa présence avec l’interprétation d’actrices blanches. En effet, un autre projet (2), vraisemblablement annulé, envisageait la défenseuse des droits des femmes sous les traits de Virginie Efira.

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Hors la loi de Pauline Bureau.

Dans un contexte où les actrices d’origine nord-africaine peinent à occuper le haut de l’affiche, une telle opportunité manquée illustre la persistance d’inégalités structurelles dans l’accès à la visibilité. Au regard de l’investissement de Gisèle Halimi dans la décolonisation de la Tunisie et bien plus encore de l’Algérie, ce whitewashing (*) contribue d’autant plus à l’effacement de ses combats anticoloniaux.

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Fait de faire incarner par des acteurs blancs des rôles de personnes qui ne sont pas blanches.

En se concentrant sur un des combats majeurs de l’avocate ouvrant la voie à la légalisant de l’IVG, ces récits films semblent privilégier l’option la plus consensuelle qui évite manifestement d’affronter la part coloniale de l’histoire française et de rendre pleinement hommage à Gisèle Halimi, décoloniale jusqu’au bout.

Par Rokhaya Diallo

Publié le 08 octobre 2025

Bonjour 👋

Voici l'édition du  

Par Jean-Marie Leforestier

Entre atlantisme béat sur certains sujets et condamnation unanime sur d'autres, les médias peinent encore à afficher une ligne cohérente face à la politique menée par Donald Trump, analyse Arrêt sur images. 

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#Actu

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