Illustration : Flock
Six mois après la précédente, une nouvelle vague de licenciements a été engagée au sein des équipes d’Oracle. Certains employés ont été avertis par email que leur poste a été « supprimé » de l’organisation. Les estimations et les témoignages évoquent des coupes comprises entre 10 000 et 30 000 postes. Oracle ne s’est pour l’instant pas exprimé.
Oracle a enclenché un nouveau round de licenciements, dont le périmètre exact est encore difficile à déterminer. Cette salve intervient six mois seulement après la précédente, et elle en reprend le mode opératoire : les employés concernés évoluent dans toutes les divisions de l’entreprise, et sont prévenus par email, de façon plus ou moins laconique selon les cas.
Jusqu’à 30 000 postes concernés ?
Business Insider a reproduit par exemple mardi 31 mars un courrier électronique annonçant une suspension de poste sans préavis. « Après mûre réflexion et compte tenu des besoins actuels d’Oracle, nous avons décidé de supprimer votre poste dans le cadre d’une restructuration plus large. Par conséquent, aujourd’hui est votre dernier jour de travail », indique ce message signé Oracle Leadership.
D’autres témoignages (partagés sur Reddit, origine non vérifiée) montrent que certains employés ont reçu des messages légèrement différents dans la forme, mais similaires sur le fond : le poste concerné n’est plus considéré comme indispensable à l’entreprise, et se voit donc supprimé sans délai.
Comme en septembre dernier, la question se pose de savoir quelle est l’ampleur réelle de cette réduction d’effectifs. Oracle n’a pour l’instant pas communiqué via ses canaux officiels. L’entreprise a toutefois dû signaler formellement certains de ses licenciements pour des raisons réglementaires. Reuters remarque par exemple que l’entreprise a déclaré 491 suppressions de postes dans l’État de Washington et dans ses bureaux de Seattle en raison du Worker Adjustment and Retraining Notification (WARN) Act.
En Inde, où Oracle emploie aujourd’hui environ 30 000 personnes, plusieurs sources évoquent le chiffre de 12 000 licenciements au sein d’Oracle IDC (India Development Centre), le centre chargé notamment du développement de NetSuite, l’ERP du groupe, mais ce chiffre n’a pas été confirmé.
Du cash flow pour les investissements dans l’IA
Le groupe présidé par Larry Ellison, qui comptait 162 000 employés dans le monde d’après son dernier rapport annuel de mai 2025, a toutefois laissé entrevoir des signes avant-coureurs dans sa dernière communication financière à destination de la SEC, le gendarme de la bourse des États-Unis. Datée du 10 mars dernier (PDF), celle-ci indique en effet qu’Oracle prévoit une enveloppe totale de 2,1 milliards de dollars de frais de restructuration pour son année fiscale 2026, et qu’il en a pour l’instant dépensé 982 millions sur les trois premiers trimestres de l’exercice concerné.
L’ampleur de ces provisions laisse imaginer un plan de licenciements susceptible de concerner jusqu’à 30 000 personnes dans le monde, estiment certains commentateurs. Une telle réduction d’effectifs se traduirait par une augmentation de la trésorerie disponible d’Oracle de l’ordre de 8 à 10 milliards de dollars. De quoi soutenir le financement des projets pharaoniques d’infrastructures engagés par le groupe, aux côtés notamment d’OpenAI, qui constituent à la fois le cœur de sa politique d’investissements, mais aussi de ses débouchés commerciaux, puisqu’Oracle affiche un carnet de commandes de l’ordre du demi-millier de milliards de dollars.
