Illustration : Flock
La DGCCRF a passé au crible des chargeurs électriques achetés sur des plateformes étrangères. Le résultat est sans appel : 100 % sont non conformes et 60 % sont dangereux. D’autres produits ont été testés, et ce n’est pas beaucoup mieux. Sur les 588 articles analysés, 46 % sont dangereux.
La répression des fraudes vient de publier un état des lieux de la sécurité d’une dizaine de catégories de produits : « Les prélèvements réalisés par la DGCCRF depuis le printemps 2025 sur les articles vendus en ligne par sept marketplaces étrangères parmi les plus populaires auprès des consommateurs français ont révélé que 46 % des produits analysés sont non conformes et dangereux ».
Il s’agit bien d’articles non conformes et dangereux. Dans 75 % des cas, les articles n’étaient « que » non conformes… une bien maigre consolation. Les marketplaces ont pignon sur rue : elles représentaient en 2025 de 8 à 38 millions de visiteurs mensuels uniques en France… chacune.
15 chargeurs testés : 15 non conformes et 9 dangereux
La DGCCRF détaille les résultats par catégorie de produits. La Palme d’or revient aux écharpes de portage et autres articles de puériculture (attache-sucette) avec 15 produits dangereux sur… 15 produits analysés. Viennent ensuite les piles boutons avec 25 non conformes et dangereux sur… 26 produits analysés. Le petit électroménager de cuisine (et autres produits électriques), les luminaires et guirlandes, sont à 81 % de produits non conformes et dangereux.

Sur les adaptateurs et chargeurs USB, 15 articles ont été analysés et… 15 ne sont pas conformes. Seule consolation, ils ne sont « que » 60 % à être dangereux, en plus d’être non conformes. Les habitués de Next et ceux qui ont déjà lu nos analyses sur les chargeurs USB ne seront pas spécialement surpris, mais le chiffre a toujours de quoi faire froid dans le dos.
Nous avons, pour rappel, testé une vingtaine de chargeurs USB achetés pour moins de 20 euros sur des plateformes comme AliExpress, Amazon et Cdiscount (cette dernière est française, elle appartient au groupe Casino).

Plus de 100 000 produits déjà retirés du marché
Ces analyses se déroulent dans le cadre du plan e-commerce annoncé par le gouvernement en 2025. La DGCCRF « a triplé le nombre de prélèvements réalisés en ligne sur sept marketplaces étrangères parmi les plus populaires auprès des consommateurs français ».
La répression des fraudes a évidemment signalé les anomalies aux plateformes concernées, « et plus de 100 000 produits ont déjà fait l’objet d’une alerte pour être retirés de la vente ». La DGCCRF en profite pour appeler les « consommateurs à la vigilance quand ils achètent des produits vendus sur les places de marché étrangères ».
Sur les 46 % des produits dangereux, les griefs sont variés : « risques d’étouffement ou d’étranglement dus à la présence de petits éléments détachables dans des produits destinés aux enfants, risques de chocs électriques et d’incendie pour des appareils électriques et électroménagers ou encore des risques pour la santé en raison de substances chimiques présentes en quantités excessives ». Sur la non-conformité (75 % des produits testés), les principaux reproches sont des défauts d’étiquetage.
Ci-dessous, l’exemple d’un des chargeurs acheté 15 euros sur la marketplace Amazon. Lors de nos tests, la température extérieure était à plus de 127 °C selon notre caméra thermique :

La DGCCRF précise un point important : les prélèvements ont ciblé en priorité « les produits identifiés comme les plus à risque ». Les taux de non-conformité et de dangerosité élevés ne peuvent donc « pas être extrapolés à l’ensemble des produits vendus sur les marketplaces contrôlées ». Lors de nos tests, nous nous étions concentrés sur les produits à moins de 20 euros… Deux approches qui ne sont certainement pas si éloignées l’une de l’autre…
