La sanction devait arriver en début de semaine, mais Google attend toujours. L’Union européenne aurait suspendu sa décision relative à une éventuelle amende contre Google craignant que Donald Trump réagisse en faisant échouer l’accord transatlantique qui prévoit une réduction des droits de douane étasuniens sur les voitures des constructeurs européens.
La commissaire européenne à la Concurrence, Teresa Ribera, avait prévu de rendre publique lundi 1er septembre sa décision sur l’accusation d’abus de position dominante dans le secteur de la publicité en ligne contre Google. Mais cette annonce a finalement été retardée pour ménager Washington. Alors que le régulateur européen prévoyait une amende et une obligation de modifier son modèle économique, la sanction pourrait être moins sévère.
Un report pour espérer influencer Donald Trump
Comme l’explique Bloomberg, l’Europe aurait reporté cette décision pour laisser passer la fin des négociations entre les États-Unis et l’Europe à propos des droits de douane étasuniens sur les voitures des constructeurs européens. Ceux-ci font l’objet d’une attention particulière dans les discussions entre les deux puissances commerciales.
Selon les informations de nos confrères, l’équipe de Teresa Ribera prévoyait déjà, avant ce report, la sanction financière la plus faible que Google ait reçue en Europe pour ce genre de dossiers. La pause pourrait être longue : des jours, voire des semaines. Et le contenu pourrait totalement changer.
La semaine dernière, Donald Trump a menacé de représailles les pays qui appliquent des politiques défavorables à la tech étasunienne, avec notamment l’Union européenne dans le viseur. La Commission européenne espère pourtant que les États-Unis annoncent d’ici peu la confirmation de leur volonté de baisser les droits de douane sur les voitures européennes de 27,5 % à 15 %, comme l’explique Reuters.
Selon plusieurs sources de l’agence de presse, le commissaire européen au commerce, Maros Sefcovic, aurait questionné la décision de Teresa Ribera, la repoussant mécaniquement d’un délai inconnu.
« Une commission motivée par des considérations politiques » selon l’autorité allemande
Cette décision a été vivement critiquée notamment en Allemagne. « La protection de la concurrence ne doit pas devenir l’otage de l’administration Trump » a réagi le responsable de l’autorité de la concurrence allemande, Tomaso Duso. « Cette suspension montre à quel point il est risqué de confier l’application des règles de protection de la concurrence à une commission motivée par des considérations politiques, affirme-t-il. Nous recommandons de limiter systématiquement l’exploitation des positions de pouvoir économique telles que celles détenues par Google en vertu du droit de la concurrence, afin de renforcer la concurrence, l’efficacité et la sauvegarde des valeurs démocratiques en Europe ». Il ajoute enfin que « le marché publicitaire en particulier est largement dominé par Google et constitue également un marché clé pour l’importante industrie des médias. »
De son côté, la Commission explique de façon laconique à Reuters que « l’enquête est toujours en cours » et refuse de commenter plus longuement. C’est en 2023 qu’elle avait ouvert son enquête. À l’époque, son enquête préliminaire constatait que, « depuis 2014 au moins, Google a abusé de ses positions dominantes :
