Flipper Device, le fabricant du Flipper Zero, gadget célèbre dans l’univers de la bidouille, du hack et du hardware, a annoncé hier le développement d’un nouvel outil, appelé « Flipper One ». Celui-ci, qui n’est pas une évolution du Zero, s’oriente plus vers une utilisation réseau. Si l’équipe a déjà bien avancé sur le projet, elle demande aussi de l’aide de la part de la communauté.
C’est en forme d’appel à la communauté que Pavel Zhovner, CEO de Flipper Device, a annoncé que son entreprise était en train de développer son nouvel outil/gadget : Flipper One. Dans un billet de blog titré « Flipper One : on a besoin de votre aide », il explique que Flipper One est un « projet sur lequel [ils travaillent] d’arrache-pied depuis des années et [qu’ils ont] repris plusieurs fois à partir de zéro ».
Le Flipper Zero, essentiellement conçu pour des utilisations autour de la sécurité, a été créé via une campagne Kickstarter en 2020 et n’a cessé de gagner en popularité. Au point qu’en 2024, le Brésil avait interdit sa vente et le Canada réfléchissait à faire de même pour contrer le vol de véhicules.
Les deux sont complémentaires
Mais comme nous le fait remarquer l’heureux possesseur d’un Flipper Zero, « le One n’est pas une évolution du Zero, ils sont complémentaires ».
Pavel Zhovner le confirme dans son billet de blog : « Flipper Zero et Flipper One sont deux projets totalement distincts, conçus pour des tâches différentes. Le moyen le plus simple de les appréhender est de les considérer en termes de couches réseau :
- Couche 0 — Protocoles de contrôle d’accès point à point hors ligne : NFC, RFID basse fréquence, radio Sub-1 GHz, infrarouge, protocoles filaires tels que iButton, UART, SPI, I²C. Basés sur un microcontrôleur à faible consommation.
- Couche 1 — Tout ce qui est connecté via IP : Wi-Fi, Ethernet, 5G et satellite. Il s’agit avant tout de mise en réseau, de transfert de données et de calcul haute performance. Fonctionne sur du matériel puissant et une boîte à outils Linux ouverte — une puissance de calcul suffisante pour gérer la radio logiciel (SDR) et de l’IA locale ».

On peut le vérifier dans les specs publiées sur le site de Flipper Device : si les deux outils ont des looks qui se ressemblent, les specs du One sont très différentes de celles du Zero, et pas seulement par le fait que le One est beaucoup plus gros.
Le One tourne sur deux processeurs (un CPU haute performance SoC RK3576 à 8 cœurs et un MCU compact à faible consommation Raspberry Pi RP2350 à deux cœurs), possède un rail d’antennes et même une interface GPIO.



On peut y connecter des modules via des interfaces PCI Express, USB 3.0 et SATA, ce qui peut par exemple permettre de brancher un module de SDR, un SDD ou un modem cellulaire, précise Pavel Zhovner. Encore une fois, le Flipper One est encore à l’état de projet et les spécifications peuvent encore changer.
Retrouver l’esprit du « personal computer »
Si cet outil réseau multifonction vous fait penser à un petit PC ou à un Raspberry Pi, c’est tout à fait normal. Pavel Zhovner a expliqué à Gizmodo que l’objectif de Flipper One était de corriger un bon nombre des inconvénients qui le dérangeaient dans les autres petits ordinateurs de ce type. Notamment, il pointe le problème, sur les Raspberry Pi, du câble d’alimentation spécifique.
Le projet tourne donc autour de l’ouverture, que ce soit au niveau du software comme du hardware. «Nous voulons créer une plateforme matérielle Linux véritablement ouverte : l’ordinateur ARM le mieux documenté, capable de fonctionner dès sa sortie de l’emballage avec n’importe quel noyau récent », explique-t-il dans son billet, côté hardware. « Prise en charge complète du noyau Linux principal, pas de blobs binaires, de pilotes fermés ni de micrologiciels propriétaires, pas de BSP (package de support de carte) verrouillé par un fournisseur », côté software.
L’équipe développe aussi un système d’exploitation dont le nom est Flipper OS, pour être original. Celui-ci s’appuie sur Debian et propose des « profils » de configuration qui permettent d’avoir des snapshots d’OS différents, avec différents paquets et paramètres préconfigurés. Il est possible de cloner, modifier un profil ou revenir à une copie vierge, comme un reset d’usine. L’idée est de se passer des galères d’installation avec micro SD qu’on peut rencontrer quand on utilise un Raspberry Pi.
Ils ont aussi ouvert un portail wiki avec toute la documentation du projet et de la façon dont on peut participer.
« Que vous soyez ingénieur, développeur, designer ou simplement un utilisateur passionné ayant des idées à partager, vous êtes les bienvenus pour participer au développement et contribuer à façonner Flipper One », explique Pavel Zhovner avec un lien pour rejoindre le projet. On peut aussi retrouver le projet sur GitHub et retrouver la maquette sur On Shape.

