lycéens devant Fustel de Coulanges
Plusieurs mesures ont été mises en place vendredi 2 octobre pour empêcher que les lycées de Strasbourg soient à nouveau bloqués par des lycéens : présence préventive de la police, fermeture, cours annulés… Des établissements ont néanmoins été bloqués et une manifestation a rejoint le campus universitaire.
Vendredi 2 octobre vers 8h devant le lycée Fustel de Coulanges au centre de Strasbourg, une élève est dépitée : « On est arrivé à 7h40, il y avait déjà la police alors on n’a pas essayé de bloquer. » Un léger déploiement de policiers a tenté d’empêcher les élèves de mettre des obstacles devant l’unique entrée de ce lycée accolé à la cathédrale de Strasbourg.

Mais un blocage a tout de même été mis en place par les élèves vers 8h30, une dizaine de grandes poubelles ont été placées devant la porte de l’établissement. Les élèves ont amené des enceintes et diffusent leur musique tandis que quelques uns s’emparent du mégaphone pour scander des slogans contre le Rassemblement national ou le gouvernement. Des enseignants de l’établissement sont présents pour s’assurer que « tout se passe bien ». Vers 9h, aucun policier n’était visible aux abords de la place du Château.

Blocage aux Pontonniers
Aux lycée des Pontonniers, quelques centaines de mettre plus loin dans la Neustadt, des membres du personnel ont tenté de dissuader les élèves de bloquer le bâtiment. Les élèves se sont montrés fermes dans leur volonté de poursuivre le mouvement et ont installé des poubelles et des grilles devant l’entrée du lycée.

Les enseignants ont alors demandé aux élèves présents de sortir et une partie d’entre eux sont restés devant l’établissement avec leurs camarades mobilisés.
Présent pour observer les événements, le député de la 2e circonscription du Bas-Rhin, Emmanuel Fernandes (La France insoumise), détaille :
« Je crains qu’il y ait des charges engagées par la police contre les jeunes. Personne ne veut qu’il y ait de violence, de quelque côté que ce soit. J’essaie d’être utile en faisant médiateur sur le terrain. »

Face à face tendu à Rostand
Au lycée Jean Rostand dans la Krutenau, la police était aussi déployée à l’arrivée des lycéens, et a empêché la reprise du blocage. Mais un rassemblement s’est formé devant l’établissement et un face à face tendu s’est instauré avec les forces de l’ordre vers 8h. Lise, une élève, précise que « le but pour nous c’est de bloquer en étant non violents pour pas être ciblés par les médias. Et on demande plus de moyens donc c’est absurde de casser le bâtiment. »

Mouhamadou, un autre élève, abonde :
« Dans les médias, on montre la conséquence, les blocages mais pas la cause de ça. Les bâtiments sont en mauvais état : en hiver il fait top froid, en été il fait trop chaud. L’année dernière, on n’a jamais vu notre professeur de physique chimie. Il était remplacé par un prof qui n’était pas tout le temps là. Mais on aura le même bac à passer ! »
Vers 9h, la police a arraché des pancartes des mains des jeunes et lancé des grenades lacrymogènes dans le but de disperser les lycéens et les lycéennes. Un important dispositif policier avait également été déployé devant le lycée Marie Curie pour empêcher le blocage. Des groupes de ces deux lycées se sont alors rendus en direction du campus universitaire, tout proche. Ils ont été peu à peu rejoints par des élèves d’autres établissements strasbourgeois, comme le lycée du Corbusier à Illkirch Graffenstaden, a également bloqué.
Le point de rassemblement se situait entre la faculté de chimie, l’institut Lebel et l’arrêt de tram Observatoire, ce qui a bloqué la circulation routière et les trams boulevard de la Victoire.

Échauffourées près du campus universitaire
À 12h, des centaines de jeunes étaient réunis sur le campus de l’Université de Strasbourg, rejoints par de nombreux étudiants et étudiantes. Les organisations Alternative étudiante Strasbourg, Fédération syndicale étudiante, Mouvement jeunes communistes ou encore Le Poing levé étaient présentes. Des militants et militantes faisaient face à des policiers sur le boulevard de la Victoire qui aura finalement été bloqué et aspergé de gaz lacrymogènes toute la matinée. L’Université de Strasbourg a annoncé la fermeture du campus universitaire pour toute la journée peu après midi. Un cortège s’est ensuite formé pour se diriger vers le centre-ville avant d’être dispersé.

18 établissements fermés en Alsace
Le lycée Couffignal a annulé tous les cours prévus ce vendredi et samedi et l’établissement est fermé. Les lycées René Cassin, Kléber, Marcel Rudloff, Jean Monnet et Pasteurs sont également fermés. L’académie de Strasbourg indique que 18 établissements sont fermés dans le Bas-Rhin et que les cours des vendredi 2 et samedi 3 octobre seront assurés en distanciel. Par ailleurs la préfecture a interdit les rassemblements autour des lycées Couffignal, Kléber, Marcel Rudloff, Jean Monnet, Pasteur et René Cassin, ainsi que d’autres lycées dans le Bas-Rhin, pour toute la journée du vendredi 2 octobre.
La maire de Strasbourg Catherine Trautmann a proposé de rencontrer des lycéens en fin d’après midi, pour écouter leurs revendications. Des représentants du mouvement pour différents établissements prévoient de se joindre à la réunion. La préfecture a rapporté que 32 personnes ont été interpelées vendredi, dont 28 en zone police.