lycéens devant Fustel de Coulanges
Plusieurs syndicats appellent à soutenir le mouvement lycéen, qui prévoit une grande manifestation mardi 6 octobre dans plusieurs villes de France. Le gouvernement reste sourd aux demandes des lycéens pour de meilleures conditions d’apprentissage et demande au contraire aux policiers de la fermeté face aux jeunes mobilisés.
Des représentants du mouvement lycéen, qui demande de meilleures conditions d’enseignement depuis fin septembre, ont été reçus par le gouvernement vendredi 2 octobre. Ils en sont ressortis déçus et appellent à un « acte 3 » de la mobilisation mardi 6 octobre.
À Strasbourg, une manifestation est organisée au départ de la place Kléber à 14h pour se rendre place de la République en passant par les quais sud. Les lycéens et lycéennes mobilisées bénéficient du soutien de la CGT, qui a déposé le parcours et des préavis de grève pour cette journée couvrant « toutes les catégories de personnels ».
La colère des lycéens et des lycéennes est parti de région parisienne et plus particulièrement de Seine-Saint-Denis, à partir de vidéos mettant en scène le délabrement des locaux sur les réseaux sociaux. Elle a essaimé aux autres lycées de France, dont Strasbourg, à partir du mardi 29 septembre.
Dans un communiqué, la CGT estime que cette « situation est la conséquence directe des choix budgétaires et politiques imposés par les différents gouvernements d’Emmanuel Macron ». Le syndicat dénonce en outre « le choix fait par le gouvernement de répondre à la colère de la jeunesse par la force et la répression policière : charges violentes, utilisation d’armes létales, multiplication des interpellations et des déferrements. »
Multiples soutiens syndicaux
Depuis le début du mouvement, 170 jeunes et 65 membres du personnel éducatif ont été blessés selon un chiffrage du gouvernement. Plus de 5 000 jeunes ont été interpellés par les forces de l’ordre. 1 700 personnes ont été placées en garde à vue. 305 personnels des forces de l’ordre et des pompiers ont été blessés, toujours selon des chiffres du gouvernement qui n’entend pas cependant changer de politique. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a même accusé La France insoumise d’avoir initié le mouvement, sans pour autant appuyer cette accusation d’aucune preuve. Une stratégie du pourrissement qui interroge mais qui fonctionne puisque selon Acrimed, France 2 a consacré 75% du temps de la couverture du mouvement aux dégradations tandis que les revendications des lycéens n’ont été évoquées que 8% du temps.
Face à cette situation de blocage institutionnel, d’autres organisations ont apporté leur soutien aux lycéens, comme le syndicat Force ouvrière, la centrale syndicale d’enseignants FSU, la CGT, Sud Éducation, les fédérations de parents d’élèves FCPE et Unaape ainsi que Sos Racisme. Tous appellent à manifester dans le calme mardi et demandent au gouvernement de respecter le droit d’exprimer ses revendications. Dans une tribune publiée dans le Nouvel Obs, 52 avocats, anciens secrétaires de la conférence des avocats, demandent au gouvernement de changer de politique. Le Syndicat des avocats de France a également apporté son soutien aux lycéens mobilisés et ses membres se tiennent à la disposition des jeunes interpellés.