L’extérieur du bâtiment du squat de la place de Milan à Part-Dieu. ©LB/Rue89Lyon.
Ce vendredi à 8 h 30, le collectif Jamais sans toit appelle au rassemblement devant le tribunal judiciaire de Lyon. Une manifestation en amont du procès intenté par la Métropole contre le squat situé place de Milan, à Part-Dieu. 281 personnes risquent l’expulsion.
Depuis le 6 mars dernier, 281 personnes ont investi un immeuble place de Milan, grâce à l’occupation du collectif Solidarités femmes à la rue. Avant d’y habiter, la majorité des personnes qui occupent les 40 appartements de la bâtisse vivaient à la rue. Des familles, des nouveaux-nés et des femmes seules, en situation de grande précarité.
Nous nous étions rendus sur place pour aller à leur rencontre. Les familles se disaient soulagées de loger ici, équipées du minimum pour pouvoir vivre. « L’ouverture de la place de Milan a permis de mettre à l’abri des dizaines d’entre eux. Parmi les enfants présents, cinq ont moins de trois ans, dont trois bébés de quelques mois seulement », précise le collectif Jamais sans toit, dans un communiqué.
Pourtant, ce toit n’est que provisoire pour ces femmes et enfants, car l’immeuble appartient à la Métropole. C’est là que ça coince. En mars, l’occupation des lieux s’est réalisée sans résistance majeure de l’ancienne majorité de gauche, aux manettes à cette époque, à quelques semaines des élections. Aujourd’hui, la nouvelle majorité (Grand Cœur Lyonnais) ne laisse pas passer.
La Métropole face à son premier squat
« Depuis plusieurs semaines, les occupantes font face à une dégradation de leurs conditions de vie », déplore Jamais sans Toit. Le collectif signale principalement la coupure d’électricité qui touche l’immeuble depuis le 29 mai. Date à laquelle un premier procès devait avoir lieu. Il a finalement été renvoyé à ce vendredi 12 juin, 9 heures.
La procédure d’expulsion engagée par la Métropole « interroge sur les réponses apportées à la crise actuelle du sans-abrisme », exprime le collectif. Une expulsion, sans garantie de relogement par la suite, car la Métropole ne répond pas aux sollicitations des associations, selon elles.
