Published on 05 juin 2026

4 min

Le projet EMME obtient un nouveau feu vert qui relance les inquiétudes des opposants

#Écologie

Le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) a rendu un avis favorable sur la demande d’autorisation environnementale du futur site industriel. Il ne manque plus que le go de la préfecture.

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Projet Emme sur le bord de la Garonne (JDS architectes)

Le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) a rendu un avis favorable sur la demande d’autorisation environnementale du futur site industriel. Il ne manque plus que le go de la préfecture.

Le projet d’usine de conversion de cobalt et de nickel porté par Electro Mobility Materials Europe (EMME) à Parempuyre et Blanquefort a franchi une ultime étape réglementaire. Réuni jeudi 4 juin, le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) a rendu un avis favorable sur la demande d’autorisation environnementale du futur site industriel.

Selon la préfecture de la Gironde, cette décision du CODERST (conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques) marque « la finalisation de l’instruction de la procédure réglementaire ». Le projet d’arrêté préfectoral sera désormais transmis au porteur du projet, qui disposera de quinze jours pour formuler d’éventuelles observations avant la signature de la décision finale par la préfète.

Si l’avis du CODERST est favorable, le scrutin a été particulièrement serré. Le projet n’aurait été validé que par dix voix contre neuf. Un résultat qui illustre les profondes divisions autour de cette implantation industrielle annoncée comme stratégique pour la filière européenne des batteries électriques.

« L’Etat ferme les yeux sur les risques »

Dans un communiqué publié vendredi, le groupe Écologie et Solidarités du Département de la Gironde estime que ce vote traduit « les fortes inquiétudes que soulève le projet ». Les élus écologistes dénoncent notamment l’implantation d’une installation classée Seveso seuil haut dans une zone exposée aux risques d’inondation en bordure de Garonne.

« Depuis le début de l’étude de ce dossier, l’État ferme les yeux sur le fait que l’emplacement situé en zone inondable fait courir de nombreux risques aux écosystèmes », déclare Agnès Destriau, conseillère départementale et membre du CODERST.

Le groupe appelle la préfecture à rechercher un autre site d’accueil en Nouvelle-Aquitaine, privilégiant des friches industrielles déjà artificialisées et situées hors des zones inondables.

« Absence d’adhésion massive »

Même analyse du côté de la Sepanso. L’association de protection de l’environnement considère que la courte majorité obtenue lors du vote démontre « l’absence d’adhésion massive » au projet. Elle estime que cette situation devrait conduire les autorités à s’interroger davantage sur « la dangerosité d’une telle implantation en bordure de Garonne » ainsi que sur ses conséquences sanitaires et environnementales.

Les opposants mettent également en avant la destruction annoncée de près de vingt hectares de terres agricoles biologiques et d’espaces naturels, jugée incompatible avec les objectifs de préservation de la biodiversité. Ils contestent aussi les mesures compensatoires proposées par le maître d’ouvrage.

Malgré ces critiques et l’opposition farouche qu’il connait depuis son lancement, le projet EMME n’attend plu que le go de la préfète de la Gironde, dont l’arrêté d’autorisation environnementale est attendu dans les prochaines semaines. Une échéance qui pourrait constituer un tournant décisif pour l’avenir de ce projet industriel parmi les plus débattus du territoire métropolitain.

Les derniers obstacles sont judiciaires

Pour rappel, malgré une enquête publique qui avait suscité une forte opposition, avec plus de 85 % d’avis hostiles à la construction de la raffinerie parmi les quelque 2 000 contributions recueillies, la Commission nationale du débat public avait rendu un avis favorable. Et malgré l’absence de débat métropolitain sur le sujet, Etienne Guyot, le préfet de l’époque, a donné lui même le feu vert pour modifier le PLU de Bordeaux Métropole ouvrant ainsi la voie à la construction de l’usine en zone inondable.

Rien ne semble aujourd’hui pouvoir arrêter le projet, hormis des décisions judiciaires. La Sepanso a notamment attaqué au Conseil d’Etat le décret déclarant EMME d’intérêt national, permettant la prise en main par l’Etat de la modification du plan local d’urbanisme. Et le nouveau maire de Parempuyre conteste devant le tribunal administratif de Bordeaux une convention signée par la précédente municipalité autorisant RTE (Réseau de transport d’électricité), filiale d’EDF, à effectuer d’importants travaux dans la ville afin de raccorder l’usine. D’autres procédures ne manqueront pas d’être lancées contre les futures autorisations administratives.

Written by La Rédaction

Published on 05 juin 2026

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