Le Canon Français pourrait réunir 1500 personnes au Parc des expositions de La Teste (DR)
Le « banquet du Canon français », prévu le 4 juillet à La Teste-de-Buch, inquiète les associations et mouvements de gauche, qui demandent à la préfète son annulation. Ils invoquent un risque de troubles à l’ordre public au regard d’incidents – saluts nazis et insultes racistes – signalés lors d’un précédent rassemblement à Caen. Des pétitions visent des évènements similaires annoncés ailleurs en Nouvelle-Aquitaine.
Des partis de gauche (LFi, Les écologistes, Parti communiste), des syndicats (CGT, FSU) et des associations (Ligue des droits de l’Homme, SOS Racisme, Médecins du monde…), demandent à la préfète de la Gironde d’interdire le « banquet du Canon français » annoncé pour le 4 juillet à La Teste-de-Buch. Dans un courrier adressé aux autorités, les signataires estiment que la tenue de cet événement présente un risque sérieux de troubles à l’ordre public.
Cet argument avait été écarté par le nouveau maire de la Teste. Interpellé par ses opposants au conseil municipal, Thierry Gouaichault avait estimé qu’il n’y avait « pas de raison légale d’interdire » ce banquet, qui doit rassembler 1500 convives au parc des expositions, un équipement municipal. Il jugeait « important que la sécurité soit parfaitement maîtrisée », ce qui sera à ses yeux le cas.
Ce n’est pas le choix de la mairie de Quimper, qui a annulé la tenue d’une soirée du Canon Français prévue en décembre, suite aux « troubles » rapportés lors d’un rassemblement similaire organisé à Caen. « Des vidéos largement relayées ont montré des saluts nazis ainsi que des propos et insultes à caractère raciste », rappellent les organisations girondines dans leur courrier à la préfète.
Parmi les déclarations relayées figurent des appels à la violence et des insultes visant certaines catégories de population : « Le cochon fait fuir, avec du cochon, tu es tranquille » ; ou encore « Ici, il y a nous, puis il y a les animaux. »
L’ombre de Stérin
Les signataires du courrier estiment que les incidents observés à Caen ne peuvent être considérés comme de simples dérapages isolés. Ils rappellent que la législation française réprime l’incitation à la haine raciale, les discriminations fondées sur l’origine ou la religion ainsi que l’exhibition de symboles ou de gestes renvoyant à l’idéologie nazie. Selon eux, les faits observés à Caen constituent des éléments suffisamment préoccupants pour justifier une intervention préventive des pouvoirs publics.
Ils s’interrogent également sur les garanties apportées par les organisateurs. Ces derniers ont affirmé ne pas avoir constaté de salut nazi ni de comportement problématique lors du précédent rassemblement. Une position qui, selon les signataires, soulève des doutes quant à leur capacité à prévenir d’éventuels débordements.
Le courrier évoque également les soutiens dont bénéficie Le Canon français, notamment celui de Pierre-Édouard Stérin. Actionnaire de la société organisatrice, l’entrepreneur est associé au projet « Périclès », présenté comme une initiative visant à favoriser l’influence des courants conservateurs et d’extrême droite dans le débat public. Le milliardaire est également derrière Les nuits du bien commun ou le label Les plus belles fêtes de France.
Un appel à signer
« Le Canon Français est l’un des bras armés du plan Périclès », écrit de son côté L’Après Gironde dans un communiqué publié en mai où il fait également mention de chants à la gloire de Bardella, drapeaux royalistes, saluts nazis, et propos racistes.
L’organisation de gauche écologiste et sociale appelle les habitant.es, les commerçant.es, les associations, les élu.es du territoire à signer l’appel pour interpeller les responsables du site d’accueil et les élus locaux, et faire « entendre collectivement que cet événement n’a pas sa place ici ».
Dans la région, des pétitions ont également été lancées à Mauléon, dans les Deux-Sèvres, contre l’organisation d’un banquet du Canon français, et à Bergerac, où la société doit organiser les 80 ans de l’AOC Pecharmant.
