Published on 11 mai 2026

3 min

Du mirage au miroir italien

#Extrême droite #International

De l'autre côté des Alpes, les politiques de consolidation budgétaire ne datent pas de l'élection de Giorgia Meloni et leur impact macroéconomique n’est pas celui que l’on croit.

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Le redressement des comptes publics opéré en Italie depuis l’arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni est souvent montré en exemple. Les politiques de consolidation budgétaire ne datent pourtant pas de son élection et leur impact macroéconomique n’est pas celui que l’on croit. Une note publiée le 3 avril par le service économique de l’ambassade de France en Italie en dresse le bilan.

Elle rappelle que le taux d’endettement public italien a explosé à partir de 1971, passant de 41 % du PIB à 120 % en 1994 (ce ratio passant au même moment de 20 à 50 % du PIB en France), faisant culminer à cette date les charges de la dette italienne à 12 % du PIB (contre 2,5 % en France). Cette situation était imputable « à l’impossibilité pour l’Italie d’effectuer des dévaluations compétitives du fait de l’ancrage au Système monétaire européen. Ce processus a entraîné une perte de compétitivité industrielle ainsi que des tensions budgétaires qui ont rendu nécessaire la mise en place d’une politique d’austérité dès le début des années 1990 ».

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L’entrée en vigueur de la monnaie unique va de facto pérenniser le phénomène. Dès lors que le recours à la dévaluation externe est définitivement exclu, les pays subissant un déséquilibre extérieur sont condamnés à déployer d’impopulaires politiques de « dévaluation interne » afin de rétablir leur compétitivité, face à une Allemagne mercantiliste.

Celles-ci consistent à réduire les coûts de production des entreprises, hérissées par le poids du modèle social européen. Synonyme d’austérité budgétaire et de « réformes structurelles » (privatisations, retraites, marché du travail, etc.), la dévaluation interne se généralisera donc dans toute la zone euro et fera de l’Europe une zone de croissance faible et de chômage de masse persistant.

Mêmes causes, mêmes effets

La consolidation budgétaire fut relâchée pour venir au secours des banques lors de la crise de 2008 et pour faire face à la crise du covid. Elle reprit de plus belle une fois ces épisodes clos, endossée en Italie par les gouvernements « bien-pensants », comme par l’extrême droite. Les résultats de la dévaluation interne italienne sont en apparence probants : balance courante excédentaire, déficit public ramené à 3 % du PIB (contre 5 % en France), taux d’endettement abaissé de 20 points, à 134,9 % du PIB (en hausse à 115 % en France).

Sur le même sujet : En Italie, l’extrême droite accable les pauvres

Pourtant, le taux de pauvreté atteint 10 % de la population, le système de santé publique est en crise, les facteurs susceptibles d’influencer positivement l’offre sont au rouge : l’investissement public s’est effondré, la productivité stagne, le ralentissement démographique contraint Meloni à tolérer l’immigration, l’émigration des jeunes qualifiés s’amplifie. Cette politique échoue toujours à redresser le taux de croissance potentiel de l’économie, tendanciellement plafonné à 0,4 %, tout comme en France, où il est descendu à 1,2 %.

Dotée d’une spécialisation industrielle et de caractéristiques socio-économiques semblables à l’Italie, la France subit le même sort, avec des déséquilibres moins prononcés, hormis une balance commerciale structurellement dégradée. Toutefois, les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’extrême droite est désormais aux portes du pouvoir et s’entend déjà avec le Medef pour s’attaquer à la dépense publique au nom de la lutte contre la « bureaucratie », nom de code utilisé dans la littérature libertarienne pour désigner le socialisme, cible ultime des héritiers de Friedrich von Hayek.

Written by Liêm Hoang-Ngoc

Published on 11 mai 2026

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#International

Trump enrôle le secteur privé pour les missions de cybersécurité des États-Unis

Published on 13/08/2026 à 14:01

4 min

Via un mémo officiel, Donald Trump change la politique de cybersécurité de son pays. Il autorise, sous contrôle de l’État fédéral américain, des entreprises préalablement listées à mener des cyberattaques contre des « organisations criminelles transnationales ». Jusque-là, aux États-Unis, ce sont les agences gouvernementales fédérales qui menaient les missions de cybersécurité du pays.

#International #Médias

Crise de Ceuta : quand CNews fait croire à la "submersion migratoire" en Europe

Published on 11/08/2026 à 16:09

11 min

Jeudi 30 et vendredi 31 juillet, plus de 70 000 migrants venus du Maroc sont arrivés dans l’enclave espagnole de Ceuta, au nord des côtes africaines. La grande majorité d’entre eux a été renvoyée au Maroc dans les jours qui ont suivi. Mais cela n’a pas empêché l’extrême droite, accompagnée par CNews et les autres médias de la bollosphère, de dérouler leur discours sur l’invasion migratoire en Europe.

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Par Jean-Marie Leforestier

Peut-on décider de son propre chef de raser huit hectares de forêt en plein mégafeu ? C'est la question que pose la plainte d'une association anticorruption contre Benoît Bartherotte, homme d'affaires bien connu du Cap-Ferret. Rue89 Bordeaux fait le point sur l'affaire. 

La Bretagne est-elle réellement le refuge climatique que l'on décrit ? Non, selon plusieurs enquêtes compilées par Arrêt sur images qui notent que les 40 degrés y ont été atteints cet été et que la région n'est pas forcément préparée à l'accélération du dérèglement climatique. 

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#Pouvoirs #Économie

Pare-feu illégal au Cap-Ferret : l'homme d'affaires Benoît Bartherotte visé par une plainte

Published on 20/08/2026 à 19:49

4 min