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Les mises à jour d’octobre pour Windows 11 (dans ses versions 24H2 et 25H2) laisseront probablement de mauvais souvenirs chez une partie des utilisateurs. Elles ont provoqué plusieurs problèmes, dont l’impossibilité d’utiliser des périphériques USB dans l’environnement de récupération et un localhost cassé.
Microsoft a beau montrer régulièrement des évolutions dans son processus de mises à jour, les couacs continuent à intervalles plus ou moins réguliers. La mise à jour annuelle 24H2 pour Windows 11 a par exemple entrainé de très nombreux problèmes. Mais si l’on peut comprendre qu’une version majeure engendre des incompatibilités, les correctifs mensuels ont aussi leur part d’accidents.
Localhost cassé, localhost « réparé »
Les problèmes commencent avec la mise à jour KB5066835, diffusée en même temps que les correctifs mensuels d’octobre. Comme on peut le voir sur le site de Microsoft, elle est censée apporter diverses corrections, notamment pour la fenêtre d’impression dans les navigateurs basés sur Chrome ou encore dans PowerShell.
Elle a cependant eu plusieurs effets délétères. Dès le mercredi 15 octobre (soit le lendemain de la publication des mises à jour), la question apparait sur divers forums, dont Reddit et Stack Exchange : le correctif casse-t-il localhost ? Un nombre croissant d’utilisateurs rapporte alors qu’il est impossible d’utiliser l’adresse 127.0.0.1. Ils rencontrent des erreurs telles que « ERR_CONNECTION_RESET » et « ERR_HTTP2_PROTOCOL_ERROR ».
Ce problème a rejailli immédiatement sur tous les services et logiciels qui s’en servent. La fonction de débogage de Visual Studio s’en sert, tout comme l’authentification SSMS Entra ID et globalement tout produit créant un serveur local pour remplir diverses fonctions.
Le problème a été reconnu par Microsoft le 16 octobre. L’éditeur indique dans une fiche technique qu’il provient d’un bug dans le serveur web HTTP.sys pour ASP.NET Core. Il ne survient pas toujours et dépend d’un ensemble de conditions, dont l’installation de la dernière mise à jour ou l’horodatage du dernier redémarrage de l’appareil. Curieusement, la solution donnée pour atténuer le problème est simplement de se rendre dans Windows Update, d’appuyer sur Rechercher, d’installer toutes les mises à jour en attente et de redémarrer… même si rien n’a été installé.
Une version corrigée de cette mise à jour KB5066835 doit être diffusée très prochainement. Nous mettrons à jour cet article quand ce sera le cas.
Les souris et claviers USB bannis de WinRE
WinRE, pour Windows Recovery Environment, est une fonction très pratique de Windows dans laquelle on peut démarrer en cas de gros problème dans le système. De là, on peut déclencher diverses opérations pour tenter de réparer ce qui cloche, notamment face à une impossibilité de démarrer.
Or, la mise à jour KB5067039, contenue dans la même KB5066835, a entrainé un gros problème : les périphériques USB ne fonctionnaient plus dans WinRE, dont les claviers et souris. En clair, en cas de redémarrage dans l’environnement de réparation, ce dernier ne pouvait pas être utilisé à moins d’avoir sous la main un autre type de périphérique. Le problème épargne notamment ceux en PS/2, mais le nombre de configurations compatibles Windows 11 embarquant encore ce type de connectique doit être rare.

Ce 20 octobre, Microsoft a donc publié en urgence la mise à jour KB5070773, qui reprend la KB5067039 et lui ajoute un correctif pour ce problème spécifique. « Après l’installation de la mise à jour de sécurité Windows publiée le 14 octobre 2025 (KB5066835), les périphériques USB, tels que les claviers et les souris, ne fonctionnent pas dans l’environnement de récupération Windows (WinRE). Ce problème empêche la navigation dans les options de récupération dans WinRE. Notez que les périphériques USB continuent de fonctionner normalement dans le système d’exploitation Windows », indique Windows dans sa fiche technique.
Pour rappel, Microsoft nomme ce type de correctif publié hors du cycle habituel « OOB », pour « out-of-band ».
On note aussi une mise à jour « dynamique » KB5070762 pour les versions 24H2 et 25H2 de Windows 11, ainsi que pour Windows Server 2025. Elle est plus spécifique, visant les environnements d’entreprise où des images Windows peuvent être déployées à grande échelle.
Autres problèmes et sens du timing
Outre les problèmes pour lesquels des correctifs de correctifs ont été déployés en urgence, la mise à jour KB5066835 en a entrainé d’autres. Ainsi, le panneau de prévisualisation dans l’Explorateur ne remplit pas toujours son rôle, citant un problème de sécurité sur certains fichiers, là où il ne le faisait pas auparavant.
On note des problèmes d’authentification par carte à puce, conséquence directe d’un changement introduit par la dernière mise à jour. Celle-ci renforce en effet « la sécurité en exigeant l’utilisation du fournisseur de stockage de clés (KSP) au lieu du fournisseur de services de chiffrement {CSP) pour les certificats de carte intelligents basés sur RSA ». Depuis hier, le souci est cependant considéré comme résolu, Microsoft ayant donné une marche à suivre dans une fiche dédiée.
La mise à jour KB5066835 peut également refuser de s’installer. Il est recommandé dans ce cas de la récupérer manuellement depuis le catalogue de Microsoft. Elle pourrait aussi être la source de soucis avec certains périphériques de Logitech et entrainer des baisses de performances dans certains jeux (dont Assassin’s Creed Shadows), mais ces soucis spécifiques n’ont pas été confirmés.
Dans l’ensemble, le timing de ces problèmes tombe mal. Windows 10 vient de perdre son support technique, et même si l’Europe bénéficie d’une année gratuite de mises à jour étendues en échange d’une connexion avec le compte Microsoft, Windows 11 devait se faire oublier. La mise à jour annuelle 25H2 a été extrêmement discrète, ne possédant que très peu de nouveautés.
Pendant ce temps, d’autres acteurs profitent du spectacle et de l’opportunité offerte par cette fin de support. Sur son compte X, Zorin Group a ainsi déclaré que sa plus récente distribution, Zorin OS 18, a franchi le cap des 300 000 téléchargements. Comme nous l’avions indiqué dans notre prise en main, le système a mis un accent particulier sur les personnes venant de Windows 10, avec une interface léchée, l’intégration de Wine et un moteur de recommandations pour trouver des équivalents Linux aux applications Windows.
