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Jack Dorsey a annoncé jeudi soir le licenciement de 4 000 personnes, soit 40 % des effectifs, chez Block, la société qui réunit notamment Square et Tidal. L’entrepreneur affirme qu’il n’a pas d’autre choix que de réorganiser son groupe autour d’équipes plus réduites assistées par des outils d’intelligence artificielle.
La décision risque de résonner de façon prophétique aux oreilles de tous ceux qui s’inquiètent de l’impact de l’IA générative sur le monde du travail : Jack Dorsey, cofondateur de Twitter et personnalité emblématique de la scène tech californienne, a publiquement annoncé, et expliqué, sa décision de licencier sans délai 4 000 personnes, soit 40 % de l’effectif total, de son groupe Block.
« Je préfère prendre une décision ferme et claire dès maintenant »
« Nous ne prenons pas cette décision parce que nous sommes en difficulté. Notre entreprise est solide. Notre marge brute continue de croître, nous servons toujours plus de clients et notre rentabilité s’améliore. Mais quelque chose a changé », écrit Jack Dorsey sur son ancien réseau social.
Ce quelque chose, c’est bien sûr l’intelligence artificielle :
« Nous constatons déjà que les outils d’intelligence que nous créons et utilisons, associés à des équipes plus petites et plus horizontales, permettent une nouvelle façon de travailler qui change fondamentalement ce que signifie construire et gérer une entreprise. Et ce phénomène s’accélère rapidement. »
Dorsey explique avoir été confronté à deux options : échelonner les licenciements « au fur et à mesure que ce changement se produit », ou « être honnête sur la situation » et donc agir en conséquence.
« Je préfère prendre une décision ferme et claire dès maintenant et construire sur des bases solides plutôt que de gérer une réduction progressive des effectifs pour atteindre le même objectif. Une entreprise plus petite nous offre également la possibilité de développer notre activité de manière optimale, selon nos propres conditions, au lieu de réagir constamment aux pressions du marché. »
S’il admet que procéder à une coupe franche d’une telle envergure « présente un risque », Dorsey se dit prêt à assumer sa décision, et appelle les employés épargnés à le suivre dans cette nouvelle configuration :
« Nous allons bâtir cette entreprise en plaçant l’intelligence au cœur de tout ce que nous faisons : notre façon de travailler, de créer et de servir nos clients. Nos clients ressentiront eux aussi ce changement, et nous les accompagnerons dans cette transition vers un avenir où ils pourront développer directement leurs propres fonctionnalités, à partir de nos capacités et accessibles via nos interfaces. C’est mon objectif actuel. »
Block s’envole à Wall Street
Block, qui avait déjà réalisé une belle journée en bourse jeudi (+ 5%) s’est envolée de 23 % dans les échanges après-marché, sans qu’on sache si l’appétit des investisseurs découle précisément de cette annonce choc, ou des excellentes performances affichées par le groupe.
L’entreprise a en effet publié jeudi soir les résultats financiers de son quatrième trimestre 2025 : elle fait état d’un chiffre d’affaires de 2,87 milliards de dollars, en hausse de 24 % sur un an, qui s’accompagne d’un bénéfice net de 485 millions de dollars sur le trimestre. Sur l’année, Block enregistre 10,36 milliards de dollars de chiffre d’affaires, une croissance de 17 % sur un an.
Dans la lettre aux actionnaires (PDF) qui accompagne cette publication, Jack Dorsey renouvelle et complète ses explications. Il y pronostique une vague de licenciements à très grande échelle dans toute l’industrie :
« Je pense que la plupart des entreprises sont en retard. D’ici un an, je crois que la majorité des entreprises arriveront à la même conclusion et procéderont à des changements structurels similaires. Je préfère y parvenir honnêtement et selon nos propres conditions plutôt que d’y être contraints par la force des choses. »
Block réunit pour mémoire Square (services financiers pour e-commerçants), Cash App (service de paiement mobile et d’envoi d’argent, sur le modèle d’un Wero), Afterpay (paiement fractionné et crédit à la consommation), Tidal (service de streaming musical lancé en 2015), Bitkey (portefeuille bitcoin) et Proto (minage de cryptomonnaies).
