Opposition à l’installation d’un compteur Linky, à Najac (Aveyron).
Carte blanche d’Annie Le Guilloux et Joëlle Boquet, du collectif HeuresPleinesEtCreuses.
Enedis (ex-ERDF), qui distribue l’électricité commercialisée par différents fournisseurs (EDF et une trentaine d’autres) est en charge du parc de compteurs électriques. De fin 2015 à fin 2021 a été engagée une grande campagne de remplacement des compteurs existants par les compteurs communicants Linky, avec à la clé de très fortes pressions orales, écrites, techniques pour contraindre les abonnés à accepter ce compteur. Tous les moyens sont bons : mensonges sur une prétendue obligation, harcèlement par téléphone et courrier, menaces d’amendes ou de procès…
L’année 2025 marque à la fois l’inscription, dans le marbre des textes, de la liberté de choix des abonnés et le lancement par Enedis d’une nouvelle stratégie de harcèlement.
Résultat, fin 2021, environ 90 % des 34,5 millions d’abonnés étaient équipés du Linky. Le harcèlement par des relances écrites ou téléphoniques n’en a pas moins continué. Aujourd’hui, environ 2,1 millions d’abonnés tiennent à conserver leur compteur non communicant pour plusieurs motifs, dont notamment la dangereuse pollution électromagnétique induite (15 à 20 % de Français sensibles) mais aussi la captation de nos données de consommation touchant notre vie privée, la commande à distance, les risques de piratage, les risques avérés de surconsommation, de surfacturation, de détérioration des appareils électriques…
L’année 2025 marque à la fois l’inscription sans ambiguïté, dans le marbre des textes, de la liberté de choix des abonnés et le lancement par Enedis d’une nouvelle stratégie de harcèlement foulant aux pieds cette liberté de choix. En effet, dans une délibération du 13 mars 2025 portant décision sur le tarif d’utilisation des réseaux publics de distribution d’électricité (Turpe 7), la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a instauré une facturation supplémentaire dont sont redevables les abonnés ayant fait le « choix » de conserver un compteur ancienne génération.
Le droit de choisir
Baptisée « composante additionnelle pour compteur non communicant » (CACNC), elle est destinée à couvrir les frais liés essentiellement, d’une part, à l’envoi du signal tarifaire permettant le changement de période pour les abonnés titulaires d’une option heures pleines/heures creuses ou Tempo ou EJP, d’autre part, à la maintenance des compteurs ancienne génération avec la précision suivante : « Enedis doit reconditionner d’anciens compteurs car ils ne sont plus fabriqués. » La CACNC est prélevée tous les deux mois depuis le 1er août 2025. Le droit de choisir est donc clair.
Curieusement les « pannes » se multiplient ! Et ce de façon diffuse et aléatoire pour isoler les victimes et éviter qu’elles se regroupent.
Mais sur le terrain que se passe-t-il depuis lors ? Curieusement les « pannes » se multiplient ! Et ce de façon diffuse et aléatoire pour isoler les victimes et éviter qu’elles se regroupent. Certains abonnés découvrent qu’ils ne reçoivent plus le signal tarifaire et leur compteur reste alors bloqué… sur la période la plus chère. Quant à ceux dont le compteur lui-même dysfonctionne, ils n’en obtiennent ni la réparation ni le remplacement par un compteur non communicant… et en sont réduits à transmettre des estimations de consommation !
À Callac (Côtes-d’Armor), des abonnés excédés par cette maltraitance, dont l’intentionnalité est prouvée et dont la seule finalité est d’imposer à tous un compteur Linky, se sont regroupés dans le Collectif HeuresPleinesEtCreuses. Le 25 février 2026, ils ont adressé à Enedis une requête, signée de 100 plaignants de toute la France, avec copie au Médiateur national de l’énergie, à la présidente de la CRE, à EDF et à la presse. Aucun article, aucune réponse.
Le 3 juillet, une seconde requête a été adressée, cette fois à Mme Wargon, présidente de la CRE, pour l’interroger sur la contradiction majeure entre la décision de la CRE, qui acte le choix offert aux usagers, et l’interprétation (fallacieuse) qu’Enedis et le médiateur de l’énergie font d’un arrêt de la Cour de cassation du 9 avril 2025, selon lequel le Linky serait obligatoire.
Dans une société du brouillard électromagnétique et du contrôle généralisé, les résistants sont peu audibles.
Nous demandons les éclaircissements nécessaires sur cette situation totalement discordante, incohérente, qui donne lieu sur le terrain à un traitement des réclamations chaotique, arbitraire… et épuisant. En un mot, que tous les détenteurs de compteur non communicant rentrent enfin dans leurs droits et obtiennent les services pour lesquels ils payent. Toujours aucune réponse car le lièvre juridique soulevé embarrasse et aucun écho dans la presse car dans une société du brouillard électromagnétique et du contrôle généralisé, les résistants sont peu audibles.