Marche des visibilités / Festigays / Pride
À l’occasion de la journée internationale de la visibilité de la bisexualité, le groupe BiPan Strasbourg et une dizaine de collectifs queers et féministes invitent à « porter haut les couleurs Bi et Pan » lors d’un rassemblement place Kléber, ce samedi 19 septembre à 16h.
Donner aux personnes Bi et Pan la possibilité de prendre de l’espace dans la rue et de faire entendre leur voix. Tel est l’objectif du rassemblement statique organisé ce samedi 19 septembre par le collectif BiPan Strasbourg. Le rendez-vous est fixé à 16h place Kléber. Fondé il y a deux ans, ce groupe local autogéré est composé de personnes bisexuelles, pansexuelles ou en questionnement. Souvent confondus ou utilisés comme synonymes, les termes bisexuel et pansexuel désignent tous deux une attirance pour plus d’un genre, mais le mot bisexuel désigne plutôt une personne attirée par plusieurs genres tandis que pansexuel qualifie une attirance qui s’affranchit de la notion de genre.
« On nous voit trop rarement tels que l’on est »
Le groupe BiPan Strasbourg compte une quarantaine de personnes dans son groupe What’s app. Il organise des groupes de parole une fois par mois sur des thèmes spécifiques, tels que les relations avec des personnes gays ou lesbiennes ou la biphobie. « Cette biphobie, elle se traduit par un ensemble de clichés largement véhiculés, détaille une des membres du groupe. On entend que les personnes bi sont dans une phase, qu’elles ne savent pas choisir, mais aussi, qu’elles vont plus facilement tromper leurs partenaires, ou même, que ce sont des hétéros infiltrées dans la communauté LGBT. » Des membres du groupe témoignent avoir déjà été confrontés, sur les applications de rencontres, à des profils mentionnant explicitement qu’ils ne souhaitaient pas rencontrer des personnes bisexuelles. Résultat : « Beaucoup de personnes n’osent pas parler du fait qu’elles sont bi ou pan », poursuit la porte-parole.
Pour elle et le groupe BiPan Strasbourg, la bisexualité est encore mal comprise du grand public : « Les gens nous catégorisent comme hétéros, gays ou lesbiennes, mais on nous voit trop rarement tels que l’on est, à savoir bi ou pan. » À travers ce rassemblement, le groupe BiPan Strasbourg et une dizaine de collectifs queers et féministes revendiquent donc le droit pour les personnes attirées par plus d’un genre d’être « nommées en tant que ce qu’elles sont réellement », explique-t-elle. Selon l’Insee, elles représentent 3,5% de la population française, ce qui en fait le groupe le plus nombreux au sein de la communauté LGBTQIA+. « C’est important de montrer que l’on existe pour que les personnes en questionnement puissent nous rejoindre et militer à nos côtés », précise la membre du collectif interrogée.
La bisexualité comme « remise en question radicale »
Baptisé BiFurQuer, ce rassemblement est ouvert aux personnes concernées et à leurs alliés, « queers, gays, lesbiennes et hétéros ». « On a choisi ce terme parce qu’il représente bien ce qu’est la bipanité pour nous, à savoir une remise en question radicale de l’hétéropatriarcat et de la binarité de genre et d’attirance », déclare la porte-parole. « Nous dénonçons l’idéologie qui prétend que nous n’existons pas, que nous ne pouvons pas exister. Face à la montée du fascisme, il est d’autant plus urgent de manifester pour nos droits », réaffirment également les collectifs soutenant l’événement dans un communiqué.
À l’issue du rassemblement, un temps convivial aura lieu à la Grenze à partir de 17h30. « Kids friendly », il proposera quelques activités et mettra en avant plusieurs associations soutenant la mobilisation à travers des stands. La journée se terminera avec une soirée musicale et des échanges autour des vécus bi et pan.