La rapporteure publique a demandé le rejet du recours formulé par Jean-Michel Aulas contre l’élection de Grégory Doucet, le 22 mars dernier. Visiblement, celle-ci n’a pas trouvé d’éléments tangibles pour demander à ce que l’élection soit rejouée.
Le « menu au choix », avec un large panel de propositions, n’annonçait pas une grande cuisine. Le recours de Jean-Michel Aulas contre l’élection de Grégory Doucet (Les Écologistes) à la mairie de Lyon était étudié ce lundi 14 septembre par le tribunal administratif de Lyon.
Et ses arguments n’ont pas semblé convaincre la rapporteure publique, qui a demandé le rejet du recours de « Cœur lyonnais ».
Dans le détail, l’avocat de « JMA », maître Jean-Christophe Ménard, a avancé plusieurs griefs, dont le port d’un badge par des agents de la mairie de Lyon pour guider les électeurs lors des (complexes) opérations de vote (trois scrutins avaient lieu en même temps). Badge qui, selon les requérants, serait très (trop) proche de la couleur des bulletins de Grégory Doucet.
Autre motif avancé par l’entourage de Jean-Michel Aulas, un prétendu « accroissement de la communication institutionnelle dans la période de campagne », sans donner aucune donnée chiffrée. Des publications qui, selon la rapporteure publique, « ne comportent pas de caractère inhabituel, de termes polémiques ou de campagne de promotion » eu égard à la taille de la commune.
Recours d’Aulas : des griefs dans tous les sens
Pour le reste, Jean-Michel Aulas a, pêle-mêle, visé les vidéos d’une élue du 4ᵉ arrondissement s’étant filmée en train de retirer des bulletins Cœur lyonnais de quelques boîtes aux lettres, un mail de l’ancien adjoint à la sécurité Mohamed Chihi rassurant ses équipes sur l’alliance avec LFI ou encore la publication d’affiches « Jean-Michel Hélas » en ville, dont l’ancien patron de l’OL a désespérément cherché la provenance.
Si la rapporteure publique a jugé « inopportun » l’envoi d’un mail durant l’entre-deux-tours, et a fustigé l’attitude de l’élue du 4ᵉ arrondissement, elle n’a pour autant pas jugé que ces anecdotes de campagne aient été de nature à altérer la sincérité du scrutin. Pour rappel, dans une veine similaire, Michel Le Faou et Charles Franck-Lévy, candidats sur les listes de JMA, avaient été filmés en train d’arracher — vraisemblablement — des affiches de leurs concurrents sur des panneaux d’affichage officiels.
Bref, Aulas a semblé faire tapis sans aucun as dans sa main. À plusieurs reprises, la rapporteure publique a fait mention de faits pas suffisamment étayés, d’autant qu’un mémoire complémentaire a été adressé hors délai au tribunal.
Jean-Michel Aulas serait-il allé un peu vite en besogne ? Avec plus de 2700 voix d’écart, la défense de Grégory Doucet le croit. Mais également l’entourage de « JMA ». Dès la publication des résultats, peu de ses soutiens croyaient en la réussite du recours.
