Publié le 16 septembre 2025

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L’université de Bordeaux affiche complet et doit faire face à une précarité étudiante galopante

#Actu

Pour la première fois depuis la création de Parcoursup, l’Université de Bordeaux n’ouvrira pas la phase complémentaire, toutes les places étant pourvues. Parmi ses 54 000 étudiants, une partie est exposée à une précarité croissante. Hausse des coûts de la vie, pression sur le logement et augmentation des effectifs mettent à rude épreuve les dispositifs d’aide existants.

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Pour la première fois depuis la création de Parcoursup, l’Université de Bordeaux n’ouvrira pas la phase complémentaire, toutes les places étant pourvues. Parmi ses 54 000 étudiants, une partie est exposée à une précarité croissante. Hausse des coûts de la vie, pression sur le logement et augmentation des effectifs mettent à rude épreuve les dispositifs d’aide existants.

Pour la deuxième année consécutive, les effectifs étudiants augmentent à l’Université de Bordeaux. Ils devraient dépasser les 54 000 étudiants, après une baisse entre 2018 et 2023 puis une reprise à partir de 2024. Cette situation dénote d’une « bonne attractivité de l’établissement », a souligné son président Dean Lewis lors d’une conférence de presse ce lundi 15 septembre.

Cette augmentation, qui concerne tous les niveaux (licences, masters, doctorat) a une conséquence : « Cette année, pour la première fois, nous n’ouvrons pas la phase complémentaire sur Parcoursup », toutes les places étant déjà pourvues, selon le responsable de l’Université.

« La hausse des effectifs concerne même des filières qui n’étaient pas en tension jusque-là. Cela pose deux problématiques d’encadrement : d’une part, beaucoup d’étudiants arrivent en L2, notamment en droit, ce qui nous amène aux limites de notre capacité d’encadrement et nécessite le recours à des vacataires. D’autre part, nos locaux montrent leurs limites : les jauges des amphithéâtres ne sont pas adaptées à cette augmentation des effectifs. »

Campus saturés, pénurie de logements

Cette hausse met en évidence les limites de l’université bordelaise. Avec près de 2 000 titulaires et 4 000 vacataires, l’établissement dépend déjà fortement d’intervenants extérieurs. Les infrastructures, elles aussi, arrivent à saturation :

« Il y a un moment où, mécaniquement, on ne peut plus faire entrer davantage d’étudiants sans dégrader la qualité, avertit Dean Lewis. Si l’on décidait d’ouvrir une phase d’admission complémentaire, la problématique du logement s’en trouverait encore plus aggravée. »

L’université prévoit la construction de 660 logements étudiants sur le campus de Pessac, livrables en 2026, ce qui soulagera un peu la demande sur le campus bordelais. Alors que le CROUS Bordeaux Aquitaine offre 10 771 places, dont 8 080 en Gironde, près de 78 000 demandes de logement en cité U avaient été enregistrées en 2024. « Cela équivaut à une place dans un logement Crous pour 13 étudiants », relève l’Unef.

Le syndicat étudiant avait récemment souligné l’augmentation du poids du logement dans le budget moyen : +4,8 % pour le loyer moyen à Bordeaux en 2025, +3,26 % pour les loyers en résidence Crous… Cette augmentation qui s’ajoute, « à des coûts déjà obligatoires comme les frais d’inscription ou la CVEC », note l’Unef, alors qu’aucune revalorisation des bourses n’a été effectuée pour la période 2025‑2026.

Précarité grandissante

Globalement, la section bordelaise de l’Unef relève que l’augmentation du coût de la vie étudiante y est plus élevée à Bordeaux qu’ailleurs avec +6,94 % pour les étudiants non-boursiers et +6,37 % pour les boursiers. Et la présidence de l’université de Bordeaux partage son constat d’une précarité grandissante pour les étudiants :

« La situation est préoccupante, estime Dean Lewis. Entre 2022 et 2023, le nombre d’étudiants venant récupérer des paniers alimentaires a doublé en quelques mois. Pour y répondre, un troisième point de distribution a été ouvert sur le campus de Carreire en mars 2025, en plus des deux déjà existants. L’accès se fait sur orientation d’une assistante sociale, contrairement aux distributions organisées par les syndicats ou associations. »

Avec 11 419 colis alimentaires distribués aux étudiants par la Fondation Bordeaux Universités en 2024 (qui a lancé une nouvelle campagne de dons pour faire perdurer le dispositif), l’Unef relevait une augmentation significative des besoins des étudiants en matière d’alimentation :

« La fréquentation des distributions alimentaires de l’association Linkee à Bordeaux a doublé entre 2023 et 2024. D’autre part, les étudiant.e.s ont aussi recours à l’aide ponctuelle d’urgence de leurs établissements, délivrée aux étudiant.e.s en difficulté financière (en 2024, 481 demandes à l’Université de Bordeaux, 167 demandes à l’Université Bordeaux Montaigne) », détaille l’Unef dans une enquête sur le coût de la vie étudiante à Bordeaux en 2025.

L’Université de Bordeaux poursuit, de son côté, les dispositifs d’aide déjà existants. Deux fois par mois, des commissions d’aide sociale se réunissent pour octroyer des aides ponctuelles (3 071 € maximum par attribution, avec un cumul possible jusqu’à 6 142 € sur l’année universitaire). Un dossier doit être constitué au préalable auprès d’une assistante sociale.

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