Publié le 20 mars 2026

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3 min

#Sauvetonbar : à Bordeaux, des établissements menacés défendent leur rôle social et culturel

#Actu

Plus de 25 bars bordelais publient ce vendredi à 17h un appel sur les réseaux sociaux. Ils rappellent leur rôle culturel et social dans la ville à la quelques heures des élections municipales.

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La cave du bar Tapage lors d’un événement du collectif Distill

Plus de 25 bars bordelais publient ce vendredi à 17h un appel sur les réseaux sociaux. Ils rappellent leur rôle culturel et social dans la ville à la quelques heures des élections municipales.

Une mobilisation collective. Ce vendredi 20 mars, à 17h, plus de 25 bars bordelais ont publié une prise de parole commune sur leurs réseaux sociaux. Avec le hashtag #sauvetonbar, les tenanciers veulent alerter sur les difficultés qu’ils rencontrent :

« Cette initiative a pour objectif de mettre en lumière le rôle culturel et social des bars dans la ville. Ces établissements ne sont pas seulement des lieux de consommation, mais également des espaces de rencontre, des scènes pour les artistes et des lieux de vie pour les quartiers », peut-on lire dans le communiqué signé par Bernard Labaye et Elisa Millet, gérants du bar Les Copains d’Abord dans le quartier Saint-Michel.

Une initiative destinée à sensibiliser le public comme les acteurs locaux, quant à la situation de la vie nocturne et culturelle dans la capitale girondine.

Un ras-le-bol individuel devenu collectif

Cette mobilisation veut répondre aux nombreuses restrictions administratives imposées aux bars. « La dernière c’était le jeudi 12 mars, une fermeture acoustique [interdiction de musique] à durée indéterminée », proteste Bernard Labaye, qui rappelle avoir vécu la même situation au printemps 2025. Celui-ci affirme avoir pourtant installé un équipement exigé par le décret de fermeture, sans que cela ne change rien à cette décision préfectorale.

« Entre les fermetures et l’installation de matériel pour être conformes aux normes en vigueur, j’estime une perte de chiffre d’affaire d’environ 200 000 € sur la dizaine d’années écoulée depuis notre ouverture », témoigne Bernard Labaye.

Au-delà de ces coûts, il décrit un quotidien rythmé par les contrôles et les signalements des voisins. Ce qui est également le cas de nombreux autres établissements : Road House Gambetta, le Carmen Bar, le Redcat, le Fiacre ou encore le Sonate. Au total, 25 lieux ont rejoints l’appel.

Municipales 2026 : la vie nocturne en arrière-plan

Depuis le début des années 2000, la scène alternative survit tant bien que mal, prise en étau entre la tranquillité du voisinage et un carcan normatif toujours plus serré.

À Saint-Michel, le bar-restaurant Central do Brasil s’est vu interdire d’organiser des concerts depuis le mercredi 28 février, « faute d’étude d’impact acoustique pour prévenir les nuisances sonores sur le voisinage », rapporte Actu Bordeaux. Un an plus tôt, le bar Tapage, près de la Grosse Cloche, a ainsi fait les frais d’une mobilisation de riverains.

Le sujet ne manque pas de s’inviter dans les débats des élections municipales. Les derniers candidats en course y consacrent une ligne dans leurs programmes. Le macroniste Thomas Cazenave promet d’accorder une « part importante de son budget sécurité à ces sujets nocturnes » : doublement des effectifs de la police municipale, armement généralisé et création d’une brigade de nuit.

De son côté, Pierre Hurmic entend « renforcer la médiation dans les lieux de vie nocturne » et reconnaître le « droit à la fête comme droit social et culturel », tout en « conciliant ce droit avec le respect des riverains », concrétisée par la mise en place d’une « charte de la vie nocturne ». La Ville a récemment été condamnée par le tribunal administratif pour n’avoir pas suffisamment fait respecter la tranquillité des habitants vivant au dessus de bars sur les quais.

Par Samuel Clauzier•

Publié le 20 mars 2026

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