Publié le 28 février 2026

3 min

Némésis et les guet-apens néonazis : où est l’info de l’Huma dans les médias ?

#Extrême droite #Médias

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Le 22 février 2026, l'Humanité a publié une enquête titrée "Dans les conversations secrètes entre Némésis et des néonazis pour agresser des militants de gauche à Lyon". Dix jours après la mort de Quentin Deranque à Lyon, qui a mené à une guerre médiatique des mots et des images, comme ASI le décryptait dans l'émission de la semaine dernière, le journal révélait que dans des échanges internes datant de l'automne 2025, "les fémonationalistes [de Némésis] et d'autres groupuscules d'extrême droite planifiaient, en toute décontraction, de véritables traquenards visant à attirer les militants antifascistes dans des guet-apens". Soit... une situation extrêmement similaire à celle qui a mené à la mort du jeune Lyonnais d'extrême droite. "On peut être deux, trois filles à tracter là où vous voulez les choper, un peu pour faire l'appât", écrit la responsable de Némésis Lyon, Ornella, à Calixte Guy, le chef du groupuscule « nationaliste révolutionnaire » Audace Lyon, dans cette boucle Telegram dont l'Huma révèle l'existence.

"Rien d'extraordinaire, peut-être, sur le moment mais, en creux, tout le mal de cette banalité, avec la routinière co-production d'un traquenard par Némésis et des néofascistes", écrit Thomas Lemahieu, le journaliste de l'Humanité. Cette conversation, poursuit-il, "éclaire d'une lumière crue tout ce que les narrations fabriquées à l'extrême droite ont jusqu'ici pu occulter depuis la mort de Quentin Deranque, le 14 février".

Ces révélations n'ont pas eu l'impact médiatique qu'elles méritaient. Il y a bien eu quelques reprises du HuffPost, de Libération et de Mediapart, ainsi que dans certains titres de presse quotidienne régionale mais c'est à peu près tout. Pourtant, le lendemain, un article de BFM confirmait les informations de l'Humanité. "BFMTV a pu se procurer une conversation Telegram, saisie par la justice, entre Ornella, une responsable du collectif Némésis à Lyon, et Calixte Guy, un leader du groupuscule d'ultradroite Audace Lyon", peut-on lire. Soit exactement les infos de l'Huma. Mais même lorsqu'un "grand média" comme BFM vient confirmer les infos révélées la veille, cela ne provoque pas de raz-de-marée médiatique. BFM confirme pourtant l'échange de "l'appât" : "Ornella renchérit avec une autre idée : «Mais on peut être deux ou trois filles, à tracter là où vous voulez les choper, un peu pour faire l'appât». Et elle ajoute : «On revendiquera pas [l'action comme étant celle de] Némésis»".

"Les faits n'ont rien à voir", a clamé le collectif Némésis dans un communiqué le 24 février, accusant l'Humanité de "manipulation médiatique grossière". "Il est parfaitement mensonger et diffamatoire de nous imputer une «routinière co-fabrication» de «guet-apens» avec des «néonazis», comme l'écrit l'Humanité", poursuit le texte. "Des poursuites pénales seront engagées contre ceux qui affirmeront le contraire." Le communiqué ne menace que l'Humanité (en le qualifiant de "journal à la longue tradition de propagande communiste"). Pas BFM, qui a pourtant les mêmes infos.

Fabien Gay, le directeur de l'Humanité, a répliqué le lendemain dans un communiqué, en demandant "au ministre de l'Intérieur de prendre ses responsabilités et de dissoudre Némésis" : "Némésis cherche à inverser la culpabilité. Ce ne sont pas nos révélations qui sont une «menace», ce sont les méthodes employées par ce collectif, appelant à la violence organisée et préméditée." Il n'y a que le Média ou LCP pour organiser des débats en plateau se demandant s'il faut dissoudre le collectif fémonationaliste.

Où est donc l'indignation des éditorialistes lorsque deux médias - que tout ou presque oppose par ailleurs - prouvent que le collectif qui a crié au meurtre politique discute depuis des mois de servir "d'appât" pour qu'un groupuscule d'ultradroite puisse "choper" des gauchistes ? Deux poids, deux mesures, vous dites ?

Par Pauline Bock

Publié le 28 février 2026

Bonjour 👋

Voici l'édition du  

Par Thylan Brissy

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C’est dans un wagon-bar que Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a évoqué auprès de journalistes la présence d'un "dérivé de la cocaïne" dans le sac de Rima Hassan lors de sa garde à vue. Arrêt sur images revient sur l'emballement médiatique autour de cette fausse information et sur le silence de chaînes d'informations (BFMTV, LCI, CNews) lorsqu'il a fallu la démentir.

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