Publié le 01 août 2026

4 min

Xenia Fedorova : sur CNews, sauvez les OQTF !

#Actu

Tous les samedis, l'édito médias envoyé dans notre newsletter hebdomadaire gratuite, Aux petits oignons : abonnez-vous !

Source :

Open link

Si on vous dit "quelle est la ligne éditoriale de CNews sur les étranger·es en situation irrégulière", que répondez-vous ? Que la chaîne de Vincent Bolloré veut absolument qu'on applique sans sourciller tous les ordres de quitter le territoire français (OQTF), bien sûr. Depuis des années, Pascal Praud et consorts se relaient pour marteler combien les forces de l'ordre "manquent de moyens" pour appliquer toutes les OQTF, à quel point les gens visés par une OQTF sont de dangereux criminels, et parlent même d'eux comme "des OQTF", déshumanisant totalement les personnes concernées.

Mais surprise : la chaîne qui a fait du danger de l'immigration illégale son sujet de prédilection emploie désormais une étrangère visée par un arrêté d'expulsion. Xenia Fedorova, l'ancienne patronne de la chaîne russe de propagande RT France, officie régulièrement sur CNews, mais aussi Europe 1 et le JDNews, depuis l'an dernier. Le 29 juillet, le ministère de l'Intérieur a annoncé que Fedorova s'est vue remettre un arrêté d'expulsion car sa présence sur le territoire français "constitue une menace particulièrement grave et actuelle pour l'ordre public". En effet, notamment sur CNews, la citoyenne russe fait preuve d'un "comportement portant atteinte aux intérêt fondamentaux de l'Etat" et "s'inscrit comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes" dans le but "de déstabiliser l'ordre public", selon un document consulté par Libération et franceinfo. Elle est également accusée de reprendre "mot pour mot les narratifs de propagande russe" et de "contribuer à la diffusion d'un discours de désinformation et de déstabilisation visant à manipuler l'opinion publique (…) à saper la confiance des citoyens européens et en particulier des citoyens français en leurs institutions."

Xenia Fedorova, qui vit et travaille en France depuis dix ans, a désormais le choix : elle peut quitter le pays et conserver sa liberté, ou décider de rester, auquel cas elle ne pourra plus travailler, sa carte de séjour sera invalidée, elle sera assignée à résidence et devra se présenter chaque jour au commissariat. Une situation peu idéale pour la "protégée" de Bolloré, qui a annoncé via son avocat "immédiatement former un recours". Le 31 juillet, le ministère de l'Intérieur a également gelé les avoirs de la propagandiste, afin d'éviter qu'elle commette "de nouveaux actes d'ingérence". Elle a dénoncé un "acharnement", "une forme entièrement nouvelle de pression politique" et - carrément - une "censure des opinions qui ne correspondent pas au discours officiel".

Évidemment, les groupes Canal+ et Lagardère qui l'emploient dans les différents titres bolloréens ont immédiatement apporté leur "plein soutien" à Fedorova, et ont dénoncé "une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions".

Dans L'Heure des Pros du 30 juillet, Eliot Deval, qui remplace Pascal Praud pendant l'été, assure que "la parole différente dérange" : "Pas uniquement sur l'Ukraine, mais sur les questions de sécurité, de santé, sur les questions d'immigration... ça dérange ! Donc il faut museler, il faut interdire les réseaux sociaux, il faut contrôler plus durement les chaînes d'information..." Et hop, voilà le cas Fedorova relié à celui de CNews, qui vient d'être sanctionnée par l'Arcom, à hauteur de 200 000 euros pour deux séquences, datant de 2025, de nature à "inciter à la haine" selon le régulateur.

François de Rugy, l'ancien ministre et ancien président de l'Assemblée nationale qui passe désormais son temps sur le plateau de CNews, prononce ensuite le mot maudit : "OQTF". Il pense que "beaucoup de Français ont du mal à comprendre qu'une telle OQTF soit décrétée. Est-ce qu'elle sera exécutée, d'ailleurs, on verra..." Et Deval renchérit : "Vu le niveau de notre État pour gérer les OQTF, j'imagine que ça va prendre du temps !"

Mais si Fedorova est sous OQTF... Et que l'on déplore que l'État n'applique pas les OQTF assez vite... Alors Deval vient-il de souhaiter que Fedorova soit expulsée le plus rapidement possible ? C'est ainsi que CNews se prit les pieds dans sa propre ligne éditoriale : les étrangers dehors ! Sauf ceux qui ont "l'amour" de Bolloré, évidemment.

Par Pauline Bock

Publié le 01 août 2026

Bonjour 👋

Voici l'édition du  

Par Léna Rosada

Il avait réalisé un salut nazi pendant la manifestation du 8 mars à Mulhouse. Rue89Strasbourg raconte comment un colistier du parti Reconquête, candidat aux élections municipales, a été condamné pour apologie de crime contre l'humanité.  

 

Que racontent les spectacteur·ices et les journalistes présent·es lors du concert interrompu de Barbara Butch à Grenoble le 18 juillet ? Alors que cette affaire a pris des proportions médiatiques énormes, Arrêt sur images tache de faire la lumière sur les angles morts de cette soirée, en prenant le temps de l'enquête.   

Accès libre
#Économie #Pouvoirs

Comment la présence de MSC Croisières à Saint‐Nazaire et dans les ports français est devenue un enjeu de souveraineté nationale

Publié le 30/07/2026 à 07:29

8 min

Les chantiers de Saint-Nazaire, ainsi que de nombreux ports français, sont dépendants de la construction des paquebots géants, notamment du groupe MSC, première entreprise de transport maritime mondial. Une relation qui a des conséquences sur la souveraineté militaro-industrielle française et européenne.

#Libertés

« Les gens pètent un plomb ici » : au CRA 1 de Lyon, la chaleur accable les retenus

Publié le 20/07/2026 à 06:00

7 min

Inauguré en 1995, le centre de rétention administrative 1 (CRA) de Lyon est un lieu d’enfermement pour les personnes étrangères faisant l’objet d’une mesure d’expulsion du territoire français. Par temps de canicule, le bâtiment surchauffe. Les retenus dénoncent la vétusté des lieux et des conditions de rétention rendues encore plus difficiles par la chaleur.

Accès libre
#Tech #International

Humanoïdes, aspirateurs, tondeuses : les États-Unis bloquent les nouveaux robots étrangers

Publié le 30/07/2026 à 16:34

5 min

Les robots étrangers ne sont plus les bienvenus aux États-Unis. La FCC, le régulateur des communications, interdit depuis le début de la semaine l’arrivée sur le marché américain de nouveaux modèles de « robots mobiles avancés » fabriqués en dehors du pays : robots humanoïdes, quadrupèdes, mais aussi… les aspirateurs et les tondeuses robots.