Publié le 20 février 2026

3 min

Mort de Quentin Deranque : guerre des mots, guerre des images

#Actu

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Vendredi 13 février à 10h27, Alice cordier publie ce tweet. Elle est la présidente de Némesisun collectif d'extrême droite prônant la défense des droits des femmes contre les immigrés, par ailleurs aussi chroniqueuse sur CNews. "Un membre de notre sécurité est entre la vie et la mort après l'action de Lyon. Il a été lynché par les antifas de la jeune garde. Son pronostic vital est engagé". L'action en question : une protestation du collectif contre la venue à Lyon de la députée européenne française Rima Hassan qui donnait une conférence jeudi 12 février à 18h aux étudiants de l'Institut d'études politiques. Quentin Deranque, 23 ans, militant de l'extrême droite lyonnaise, aurait fait partie des membres assurant la sécurité du collectif Némesis d'après Alice Cordier, ce que la famille dément par ailleurs.

La première dépêche de l'AFP est publiée vendredi 13 février au matin reprenant la source de Némesis. Il faudra attendre le lendemain, samedi 14 février, pour avoir les premiers sujets des JT nationaux donnant, eux aussi, largement la voix aux membres de Némesis qui ne cesseront de parler de "lynchage".

Pourtant, dès lundi 16 février, avec le témoignage en vidéo d'un journaliste du Progrès puis le lendemain, mardi 17 février, avec la vidéo amateure publiée par le Canard enchaîné, c'est une histoire plus complexe, plus banale aussi, qui se dessine : celle d'une confrontation entre deux groupes, extrême droite d'un côté, antifascistes de l'autre, comme il y en a régulièrement à Lyon et qui se terminera par de nombreux coups portés sur Quentin Deranque alors qu'il se trouve  à terre.  Il décédera des suites de ces coups, le lendemain, vendredi 13 février. Depuis, sept personnes ont été mises en examen, six, placées en détention provisoire. Parmi eux, Jacques-Elie Favrot, l'ex-assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault.

Depuis ce tweet d'Alice Cordier, c'est une guerre des mots et des images qui agite médias et réseaux sociaux : s'agit-il d'un lynchage voire d'un guet-apens comme le prétendent les voix de l'extrême droite médiatique et politique ? Ou des conséquences d'un affrontement entre deux groupes qui, souvent, se retrouvent aux abords des sites universitaires lyonnais ?

Dans quelle grande histoire de la violence politique la mort de Quentin Deranque s'inscrit-elle ? Pourquoi Lyon est-il le théâtre régulier de ces affrontements ? En quoi cette séquence est-elle révélatrice d'un traitement médiatique partial de l'antifascisme et d'une instrumentalisation politique pour discréditer la gauche ?

C'est à toutes ces questions que nous allons tenter de répondre avec trois invités : l'avocate au barreau de Seine-Saint-Denis, Elsa Marcel, l'historien Nicolas Offenstadt et la journaliste de Rue89 Lyon, Marie Allenou. 

ALLER PLUS LOIN

"Depuis 20 ans, on dit qu'il y va y avoir un mort", Rue89 Lyon, vendredi 20 février 2026

"Mort de Quentin Deranque, qui sont les Allobranges Bourgoin, son groupuscule néofasciste ?", Streetpress, 17 février 2026

"Mort de Quentin Deranque, retour sur le parcours d'un militant néofasciste", Mediapart, 16 février 2026

Note : En 2022, Raphaël Arnault, à l'époque porte-parole de la Jeune Garde, est définitivement condamné pour des faits de violences volontaires en réunion commises un an plus tôt. En outre, huit militants de la Jeune Garde ont été mis en examen en pour " violences en réunion […] en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion" après l'agression présumée en mai 2024 d'un mineur de 15 ans soupçonné par ces militants d'appartenir à la Ligue de défense juive, ce qu'ils nient reconnaissant une simple altercation verbale.


Par La rédaction

Publié le 20 février 2026

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