Publié le 02 mai 2026

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4 min

Charles-Henri Alloncle, Vincent Bolloré : mariage de raison

#Médias #Pouvoirs

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"Madame la présidente [de France Télévisions Delphine Ernotte], comment justifiez-vous d'avoir violé la déontologie et les règles qui s'imposent à un fonctionnaire public de votre rang et de vos responsabilités ?" Ou encore, question destinée à la présidente de Radio France Sibyle Veil : "Où sont les chroniqueurs, commentateurs et journalistes, dont les idéaux ne sont pas politisés à gauche afin de contrebalancer ces positions pour le moins dominantes dans ce casting ?"

Ces deux questions, très orientées, figurent dans "plusieurs listes de questions, destinées à alimenter des auditions différentes" de la commission parlementaire sur l'audiovisuel public, "envoyées par la direction des affaires institutionnelles et réglementaires de Lagardère News" aux députées participant à la commission avant les auditions, et consultées par le Monde. "Dans leur formulation, elles s'inscrivent dans la même hostilité envers l'audiovisuel public que la plupart des 67 auditions qui se sont tenues", observe le journal du soir.

On savait Vincent Bolloré - qui contrôle le groupe Lagardère - farouchement opposé à l'audiovisuel public, puisqu'il a mis tous ses médias en ordre de marche pour soutenir le rapporteur, le député UDR Charles-Henri Alloncle, et critiquer le service public à longueur d'émissions. Alloncle lui-même, un député ciottiste encore inconnu l'an dernier, s'est illustré, pendant les six mois de la commission, par son "maccartysme à la française", comme nous vous le racontions dans l'émission du 17 avril dernier. CNews lui a offert une piste de lancement politique en forme de documentaire de 45 minutes intitulé "Charles Alloncle, seul contre tous". Alloncle prenait aussi la parole dans le JDNews la semaine dernière pour prévenir que si le rapport qu'il avait rendu n'était pas publié, ce serait une "faute démocratique", "un très mauvais signal", et qu'"empêcher sa publication reviendrait, en réalité, à empêcher les Français de savoir comment leur argent est utilisé".

Ces éléments de langage, la galaxie Bolloré les a répétés toute la journée de lundi sur CNews, alors que la commission votait sur la publication du rapport. Dès L'Heure des pros, à 9 heures, Pascal Praud dépeignait Charles Alloncle en martyr, la "cible du système" qui "a subi les attaques, les foudres, les calomnies, quand il ne faisait que son travail". Dans l'après-midi, alors que la commission votait, le bandeau de la chaîne de Bolloré clamait déjà : "Rapport Alloncle : vers un scandale démocratique ?" Et en plateau, on s'exclamait : "Il faut que ce rapport soit publié !" (Jacques Cardoze dans 120 minutes info), "L'heure est grave, car si on arrive à une censure de ce rapport, ce serait un précédent" (Laurence Ferrari dans Punchline).

Les député·es de la commission ont débattu pendant plus de quatre heures, lundi, à propos du rapport Alloncle - un document de 300 pages qui recommande une cure d'austérité, dont une coupe d'un quart du budget annuel de l'institution et la fusion de plusieurs entités (France 5 avec France 2, les radios locales Ici avec France 3, ou encore l'INA avec la BNF, même si cette dernière ne fait pas partie de l'audiovisuel public). La publication du rapport a été approuvée de justesse, à 12 voix pour face à 10 voix contre et 8 abstentions : il sera rendu public le 4 mai.

Charles Alloncle s'est aussitôt précipité chez Cyril Hanouna - qui, malgré ses promesses en arrivant sur W9, fait toujours du Hanouna, et donc du Bolloré cheap - pour saluer sa "belle victoire" : "S'il y avait juste eu nos groupes parlementaires [RN et UDR], ça n'aurait pas fonctionné", disait-il. Auprès de BFM, il a reconnu avoir dû faire "un certain nombre de compromis" : des concessions en fait assez limitées, comme conserver le crédit d'impôt des films étrangers qui tournent en France. Des concessions "qui ne changent rien au tissu d'insinuations et de mensonges" de ce rapport, a souligné auprès de BFM la députée Sophie Taillé-Polian, qui a voté contre. Le lendemain, c'est chez Pascal Praud qu'Alloncle est allé commenter sa victoire. "C'est un vote d'union des droites, pour la bonne cause !" a salué Praud, dont c'est le concept politique préféré depuis 2024.

Après avoir regretté dans le Monde que "les auditions se soient parfois transformées en tribunal politique ou en procès individuels", et noté que "des éléments concordants accréditent des tentatives d'ingérence inédites dans une commission d'enquête parlementaire", le président de la commission d'enquête Jérémie Patrier-Leitus, a finalement voté pour la publication du rapport. Mais se demandait, le lendemain sur France Inter, "si Charles Alloncle n'est pas le cheval de Troie du Rassemblement national". Ah bon, vous croyez ?

Au Monde, Charles-Henri Alloncle avait assuré ne pas avoir utilisé les questions envoyées par le groupe Lagardère. Lui suggérer des questions semble en effet superflu : entre Alloncle et la galaxie Bolloré, impossible de savoir où commence l'un et où finit l'autre.

Par Pauline Bock•

Publié le 02 mai 2026

Bonjour 👋

Voici l'édition du  

Par Virgil Bauchaud

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Ça pourrait être le début d’une série politique. A Tourcoing, un élu de la majorité a reconnu s’être servi de la vidéosurveillance de la ville pour observer les faits et gestes d’opposant·es insoumis·es mobilisé·es sur les blocus de lycées, raconte Médiacités.

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