Publié le 08 octobre 2026

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4 min

ZFE : l’Eurométropole va décaler l’interdiction des Crit’Air 3 en 2028

#Actu

Alors que les véhicules Crit’Air 3 devaient être interdits au 1er janvier 2027, l’Eurométropole de Strasbourg va engager une procédure pour décaler leur interdiction d’un an. L’exécutif invoque l’absence de contrôle automatisé, des aides insuffisantes et la nécessité de poursuivre la concertation. Le territoire comprend près de 39 000 véhicules Crit’Air 3.

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L’Eurométropole de Strasbourg décale son calendrier d’application de la ZFE.

Alors que les véhicules Crit’Air 3 devaient être interdits au 1er janvier 2027, l’Eurométropole de Strasbourg va engager une procédure pour décaler leur interdiction d’un an. L’exécutif invoque l’absence de contrôle automatisé, des aides insuffisantes et la nécessité de poursuivre la concertation. Le territoire comprend près de 39 000 véhicules Crit’Air 3.

La Zone à faibles émissions (ZFE) de l’Eurométropole ne disparaît pas. Mais l’interdiction des véhicules catégorisés Crit’Air 3, prévue au 1er janvier 2027, est repoussée. L’exécutif autour de Catherine Trautmann, alliée à la droite à l’Eurométropole, va engager une procédure pour la décaler d’un an et donner davantage de temps à l’accompagnement des automobilistes concernés. « Nous allons ouvrir une période de consultations de partenaires », annonce Thibaud Philipps, premier vice-président (Les Républicains) de l’Eurométropole et maire d’Illkirch-Graffenstaden. Une procédure réglementaire de deux mois qui devra ensuite permettre de prendre un arrêté modifiant le calendrier.

Un report qui va concerner 39 000 véhicules dans l’Eurométropole, selon l’élu. Soit 15% des véhicules du parc de l’Eurométropole, selon l’Agence d’urbanisme de la métropole, qui jugeait le renouvellement du parc « en retard » par rapport au calendrier de la ZFE.

« Une année de pédagogie supplémentaire »

Pour justifier ce décalage, Thibaud Philipps met en avant deux difficultés. La première : les contrôles, qui restent limités. La ZFE est en vigueur depuis 2022, mais son application reste largement théorique « avec une absence de contrôle de l’État », résume l’élu. Depuis la mise en place du dispositif, « il n’y a eu que trois verbalisations », affirme-t-il.

Il y a aussi le problème de l’accompagnement aux automobilistes. « Les aides sont insuffisantes et ne permettent pas de couvrir tous les véhicules », poursuit Thibaud Phillips. Une enveloppe de 50 millions d’euros avait été annoncée au lancement de la ZFE, dont environ 35 millions directement fléchés vers les aides à la transition. Près de 25 millions d’euros ont depuis été distribués, selon l’Eurométropole, pour environ 7 000 aides accordées aux ménages.

Avec 10 millions d’euros d’aides restantes, il faudra donc renouveler une partie du parc des Crit’Air 3. Mais aussi prendre en compte les véhicules déjà interdits qui continuent de circuler. L’élu estime à environ 11 000 le nombre de Crit’Air 4 et 5 encore présents dans le parc métropolitain. Avant même l’entrée en vigueur de la prochaine restriction, l’Eurométropole doit donc encore faire appliquer les précédentes. « Dans ce cadre, on a besoin de prolonger la phase de concertation et d’avoir une année de pédagogie supplémentaire », estime Thibaud Philipps.

Les aides distribuées en 2027 seront donc principalement ciblées sur les véhicules Crit’Air 4 et 5 et les véhicules non classés. « C’est un vrai défi, alors qu’on veut éviter de rajouter une crise sociale à la crise écologique », estime Catherine Trautmann, maire de Strasbourg et présidente de l’Eurométropole.

Quid des Crit’Air 2 en 2028 ?

Le report des Crit’Air 3 décale mécaniquement la suite du calendrier. Près de 100 000 véhicules Crit’Air 2 circulent encore dans l’Eurométropole, selon les chiffres présentés par l’exécutif.

Ceux-ci devaient être interdits au 1er janvier 2028 dans quatre communes : Strasbourg, Schiltigheim, Ostwald et Holtzheim. L’exécutif envisage désormais de revenir sur cette échéance. Plus encore, une réflexion est lancée pour abroger l’interdiction des Crit’Air 2.

Au-delà du classement des véhicules, l’exécutif veut désormais s’attaquer à une question plus difficile : faire évoluer les pratiques. « Il faut réfléchir à comment faire changer les habitudes », estime Catherine Graef-Eckert, vice-présidente chargée des mobilités et maire de Lingolsheim. « Les ZFE ne changent pas les habitudes. Il y a autant de voitures qu’avant. » L’élue souhaite notamment travailler avec les territoires voisins, « jusqu’au Bade-Wurtemberg », sur les alternatives à la voiture.

Un chantier qui devra désormais avancer avec un calendrier décalé d’un an. L’Eurométropole aura attendu les derniers mois avant l’échéance du 1er janvier 2027 pour annoncer qu’elle ne serait finalement pas tenue.

Par Eva Chibane•

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