Mobilisation contre les enfants à la rue devant l’école Saint-Jean.
Trois familles d’enfants scolarisés dans l’école Saint-Jean à Strasbourg n’ont pas de logement. Les parents, enseignants et enseignantes interpellent la préfecture et la municipalité à travers un rassemblement à la sortie des classes vendredi 22 mai.
Trois familles d’enfants scolarisés à l’école Saint-Jean n’ont pas de domicile fixe à l’approche de la fin de l’année scolaire. Dans le détail, il s’agit d’une famille avec trois enfants, dont un bébé de cinq mois, qui bénéficie d’un hébergement temporaire jusqu’à fin mai via une cagnotte collective. Une autre famille est hébergée dans un dispositif d’hébergement d’urgence jusqu’au 14 juin sans perspective ensuite. Enfin, une troisième famille sortie du camp Krimmeri cet hiver a reçu l’ordre de quitter son logement au 1er avril et craint d’en être expulsée à tout moment.
Le collectif des Bonnes Gens, qui rassemble des parents et du personnel de cette école du quartier des Halles organise un rassemblement de soutien vendredi 22 mai à la sortie des classes pour alerter sur leur situation.
Pour Marie-Claude Harrer, enseignante dans l’établissement, « c’est le contre-coup de 700 places d’hébergement supprimées pour les familles dites à droits incomplets l’année dernière ». Il s’agit de familles ayant « l’obligation de quitter le territoire » car leurs pays n’est plus sur la liste des pays considérés à risques.
L’enseignante, par ailleurs membre du collectif « Pas d’enfants à la rue 67 », compte deux élèves concernés dans sa classe :
« Les parents sont en France depuis 7 à 8 ans et travaillent. Mais comme le titre de séjour n’a pas été renouvelé, leur contrat de travail a été interrompu. »
Depuis sa création, le collectif des Bonnes Gens a aidé une quinzaine de familles à l’école Saint-Jean, grâce à des mobilisations individuelles. En avril, le conseil municipal de Strasbourg a voté une motion pour recenser les logements inutilisés de la Ville, dans la perspective de pouvoir les utiliser pour l’hébergement d’urgence. Le même mois, le collectif Pas d’enfants à la rue a envoyé à la nouvelle municipalité des adresses de bâtiments inutilisés qu’il a recensés. D’autres adresses de logements de fonction inoccupés ont été transmis à la municipalité par d’autres voies.