Des lycéens et des étudiants sur le campus universitaire de Strasbourg vendredi 2 octobre.
Depuis le 29 septembre, des étudiants et étudiantes engagées dans des syndicats sont présents devant les lycées bloqués pour soutenir les élèves mobilisés pour plus de moyens dans l’Éducation nationale. Le campus universitaire de Strasbourg a servi de point de ralliement vendredi 2 octobre.
Si le personnel éducatif est encore peu mobilisé pour soutenir ce début de mouvement lycéen, les organisations étudiantes ont voulu accompagner les élèves sur les points de blocage à Strasbourg dès le 29 septembre. « C’est hyper important qu’on soit là vu comme ils sont réprimés, commente Zoé du syndicat étudiant du Poing levé. Ils veulent des conditions d’étude dignes en résumé, avec beaucoup de revendications qui sont les mêmes que les nôtres à l’université. » Vendredi 2 octobre, après des interventions policières musclées devant plusieurs établissements pour empêcher les blocages, des centaines de lycéens et lycéennes ont convergé vers le campus dans la matinée.
Suite à cette mobilisation sur le campus, l’Université de Strasbourg a décidé d’annuler les cours vendredi 2 octobre. Les sites de l’Esplanade et du Palais Universitaire ont été fermés.

Sur place, les jeunes ont été accueillis par des organisations comme l’Alternative étudiante Strasbourg, la Fédération syndicale étudiante, le Mouvement jeunes communistes, Solidaires ou encore Le Poing levé. « Il y a des enfants qui se font plaquer au sol ou gazer. Nous on essaye de leur donner des clés face à la répression, poursuit Zoé. On a le même ennemi, ce gouvernement qui préfère financer l’armée et pas l’éducation. On a tout intérêt à se joindre et à participer à une structuration du mouvement, aussi en élargissant avec les travailleurs. »
Des revendications très convergentes
Juliette, secrétaire générale de la Fédération syndicale étudiante (FSE) à Strasbourg, abonde : « On communique au maximum avec les syndicats professionnels pour lancer des appels à la mobilisation ensemble. Il faut rejoindre la jeunesse qui est dans la rue et que le gouvernement aimerait mettre au pas. Toucher un seul lycéen, c’est nous toucher tous. »
Manon (le prénom a été modifié) est adhérente du Mouvement jeunes communistes (MJC). Elle souligne les discours des lycéens et lycéennes qui relatent l’inégalité de traitement qui découle de l’abandon de l’école publique par le gouvernement, en particulier les établissements des quartiers populaires :
« Les lycées ne devraient pas être des lieux d’injustice et d’inégalité. Ils devraient aider chaque enfant à s’élever. »
Miaina, de l’Alternative étudiante Strasbourg, pointe lui aussi des convergences entre les revendications lycéennes et étudiantes : « Ils demandent plus d’accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH). On demande plus de référents handicaps université. Ils demandent des bâtiments en meilleur état. On demande plus de logements du Crous. Ils demandent plus de profs, comme nous. On doit mettre la pression ensemble sur le gouvernement. »

Toutes les organisations interrogées prévoient de continuer à se mobiliser la semaine du 5 octobre, en prenant part aux blocages, et en tentant d’élargir le mouvement. « On appelle à une semaine noire », résume Zoé du Poing levé. En plus des organisations étudiantes, le 6 octobre, une intersyndicale des personnels de l’Éducation nationale appelle à la grève pour soutenir les lycéens et lycéennes.