Photo : Volotea
Ce jeudi 9 avril, la compagnie aérienne Volotea inaugure une nouvelle ligne entre Strasbourg et Munich. Deux villes auparavant reliées par le train de nuit Paris-Vienne, avant que l’État ne cesse de subventionner cette liaison ferroviaire.
Vendredi 12 décembre, un ultime train de nuit circulait entre Paris et Vienne, desservant également Strasbourg et Munich. La compagnie ferroviaire autrichienne ÖBBavait annoncé quelques mois plus tôt cesser l’exploitation de cette ligne relancée en 2021, en raison du « retrait des partenaires français ». La France a effectivement supprimé ses subventions, en regrettant la promesse non tenue par les opérateurs d’une desserte quotidienne entre les deux capitales. En 2024, le train circulait trois jours par semaine.
Assurer le rayonnement de Strasbourg, capitale européenne
Peu avant cette annonce, le ministère des transports publiait à la fin de l’été 2025 un avis de marché pour « l’exploitation de services aériens réguliers sur la liaison Strasbourg-Munich ». La compagnie low cost Volotea a remporté cette délégation de service public, pour une durée de deux ans. Accordée dans le cadre d’une obligation de service public (OSP), cette ligne subventionnée, calibrée sur les horaires des sessions du Parlement européen selon l’arrêté du ministère, doit contribuer au développement économique et social de la région. Un retour aussi dans le passé, puisqu’un arrêté similaire avait déjà permis d’établir une liaison Strasbourg-Munich en 2019 selon le même dispositif, avant d’être remplacée par une autre destination.
Selon Volotea, cette liaison doit notamment permettre « aux institutions européennes, diplomates et fonctionnaires d’accéder rapidement à un hub mondial, indispensable au rayonnement de Strasbourg, capitale européenne ».
L’avion serait-il plus à même d’assurer le rayonnement européen de Strasbourg que le train ?Dans un billet de blog publié sur Mediapart, le collectif Oui au train de nuit y voit une aberration. Au-delà des considérations environnementales, le collectif déplore un recul en termes de desserte. Volotea reliera la capitale européenne et son homologue bavaroise via deux vols hebdomadaires, pour un total de près de 21 000 sièges sur 2026. En comparaison, le Paris-Vienne desservait Strasbourg et Munich trois fois par semaine, pour environ 36 000 passagers sur l’ensemble de la ligne en 2024 et 90 000 en 2025.
Des subventions par passager similaires
Financées par le contrat triennal Strasbourg, capitale européenne, les liaison aériennes sont subventionnées par l’État à hauteur d’un « maximum de 12,8 millions d’euros » étalés sur trois ans, selon le contrat 2024/2026 actuellement en vigueur (à consulter ici).
Selon les calculs de Oui au train de Nuit, le remplacement du train Paris-Vienne, via Munich et Strasbourg, revient à attribuer une subvention similaire, de l’ordre de 60 euros par passager, tout en concernant moins de monde et en desservant moins de villes.
Le train de nuit Paris-Berlin, également mis à l’arrêt en décembre dernier, a finalement été relancé par la coopérative ferroviaire belgo-néerlandaise European Sleeper le 26 mars 2026, sans subvention pour le moment. Mais il ne dessert plus Strasbourg.
De son côté, Volotea conforte sa place de première compagnie aérienne à l’aéroport de Strasbourg en nombre de destinations : elle inaugure ce 9 avril une autre ligne aérienne entre Strasbourg et Copenhague. Là aussi, cette liaison s’opère dans le cadre d’une délégation de service public, conclue pour deux ans, qui remplace la desserte vers Amsterdam, pour laquelle aucun opérateur n’a candidaté.