Publié le 26 avril 2026

4 min

« Une accélération de 44% depuis 2017 » : un rassemblement pour les morts au travail mardi 28 avril

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Avec la CGT du Bas-Rhin, deux eurodéputés appellent à un rassemblement mardi 28 avril place de la République, pour commémorer la mémoire des personnes mortes au travail. Une mobilisation qui intervient dans un contexte de hausse des accidents mortels au travail et d’assouplissement des contrôles de la sécurité au travail.

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La CGT et deux eurodéputés appellent à un rassemblement au sujet des morts au travail.

Avec la CGT du Bas-Rhin, deux eurodéputés appellent à un rassemblement mardi 28 avril place de la République, pour commémorer la mémoire des personnes mortes au travail. Une mobilisation qui intervient dans un contexte de hausse des accidents mortels au travail et d’assouplissement des contrôles de la sécurité au travail.

Il avait 53 ans. Samedi 28 mars, un travailleur intérimaire de la société Alsace Lait est mort sur son lieu de travail, ont relaté les Dernières Nouvelles d’Alsace. « L’enquête est toujours en cours et l’inspection du travail a été saisie », précise Clarisse Taron, la procureure de la République de Strasbourg. Une vie volée au boulot, qui vient rejoindre la longue liste des morts au travail.

« C’est un carnage », s’emporte Frédéric Mau, secrétaire fédéral CGT à la Fédération Nationale des Salariés de la construction, bois et ameublement (FNSCBA) en charge des questions de santé au travail. En 2024, 764 personnes sont mortes au travail, selon l’assurance maladie. Un chiffre qui n’inclut ni les maladies professionnelles, ni les personnes sans papier. Pour commémorer ces morts au travail, la CGT du Bas-Rhin et une poignée de députés européens appellent à un rassemblement place de la République mardi 28 avril à 15h30.

Enjeu sur les chiffres

« Nous n’avons même pas les chiffres de l’Assurance maladie pour 2025 », dénonce Marina Mesure (LFI), l’une des deux députés européens à l’origine du rassemblement. « Imaginez-vous qu’on n’ait pas les chiffres pour le chômage. C’est inconcevable. Il y a un vrai enjeu autour des chiffres. »

Ancienne syndicaliste du BTP, l’eurodéputée assure que « tout son engagement a été marqué par les morts au travail ». « Le 1er mai est connu de toutes et tous, mais nous, dans le BTP, le 28 avril, journée mondiale de lutte contre les accidents du travail et maladies professionnelles, est une date qu’on commémore depuis longtemps. » Les professionnels du BTP déplorent une personne morte par jour au travail. « On devrait aller vers une baisse des accidents mortels au travail », poursuit l’eurodéputée :

« Or, ce que l’on constate, c’est une accélération de l’ordre de 44% depuis 2017. Cette année-là 530 personnes sont mortes dans des accidents sur leur lieu de travail. En 2024, officiellement, ils étaient 764. Ce que l’on porte c’est que les morts au travail sont un sujet politique. Cette accélération est en partie liée à la disparition des CHSCT ».

Les CHSCT, ces comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail disparus avec les ordonnances Macron en 2017, avaient notamment la capacité d’engager des actions juridiques. Dans un communiqué, le syndicat appelle au « rétablissement des instances représentatives du personnel de proximité, tout particulièrement des CHSCT « .

Affaiblissement des contrôles

« Le nombre d’inspecteurs du travail n’a eu de cesse de baisser. Et le corolaire, c’est de plus en plus d’accidents mortels au travail », embraye Laurent Feisthauer, secrétaire général de la CGT pour le Bas-Rhin qui mentionne la présence annoncée d’Anthony Smith (LFI), ancien inspecteur du travail devenu eurodéputé. « Malheureusement, on ne vas pas dans le sens d’un renforcement des contrôles », poursuit le syndicaliste, qui déplore des morts au travail de personnes très jeunes.

En 2025, cinq adolescents sont morts au travail, comme l’avait raconté Mediapart. « Il n’y a toujours pas les protections requises au niveau de l’éducation, regrette Laurent Feisthauer. Pour les lycées généraux, les stages en entreprises sont accidentogènes car les collègues ne sont pas formés. » À la suite de la mort d’un lycéen du Gard qui effectuait un stage de seconde, les ministres du Travail et de l’Éducation ont annoncé jeudi 23 avril le lancement d’une mission express pour « renforcer les conditions de sécurité » des stages en entreprise des élèves de 3e et de 2de.

« Et les condamnations sont trop faibles », souffle Marina Mesure, proche du collectif des familles des morts au travail. « Quand vous avez une mère qui vous dit que l’indemnisation pour la mort de son fils, c’est le prix d’un utilitaire, ça vous marque. » En marge du rassemblement, elle sera présente au Parlement européen où doit se tenir un débat sur la santé au travail.

Par Margaux Delanys

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