Noahm, 19 ans, est décédé le 2 juin à Metz après une violente agression. Alors que la justice envisage désormais un mobile homophobe, le Front d’Action Gay appelle à un rassemblement dimanche à Strasbourg pour « honorer la mémoire des victimes d’hier et d’aujourd’hui ».
Les Strasbourgeoises et Strasbourgeois sont appelés à se retrouver, face aux colonnes du palais de justice, dimanche 14 juin à 15 h en hommage à « Noahm et aux victimes de l’homophobie ». En plein mois des Visibilités, l’agression mortelle de ce jeune Mosellan de 19 ans bouleverse la communauté LGBT. « Il ne saurait y avoir de fierté sans l’expression de la colère de toute une communauté en deuil », écrit le Front d’Action Gay (FAG) à l’origine du rassemblement. « Si l’on sen saisit particulièrement en ce moment, ces meurtres émaillent toute l’année pas seulement le mois de juin », rappelle Kévin, membre du FAG depuis deux ans.
Le caractère homophobe envisagé par la justice
Dans la nuit du 30 au 31 mai, Noahm est violemment frappé à la tête à plusieurs reprises. Il perd connaissance et est laissé sur place dans un état critique. Placé en état de mort cérébrale, il décède le 2 juin au matin.
Dans les premiers jours de l’enquête, le parquet de Metz estimait ne pas disposer d’éléments suffisants pour retenir le caractère homophobe de l’agression. Mais ce jeudi 11 juin, le procureur de la République a annoncé élargir les investigations afin d’examiner cette hypothèse. Cette évolution fait suite à une réelle mobilisation politique, associative et à la médiatisation de la parole des témoins.
Pour le FAG, ce rassemblement doit être l’occasion de dénoncer « l’inaction de l’État en matière de prévention de ces actes. Il se doit de protéger nos vies ». Les associations dénoncent que les différents plans nationaux de lutte contre les discriminations et la haine anti-LGBT restent insuffisamment dotés pour produire des effets concrets sur le terrain.
« Le recueillement doit être le point de départ de l’action », expose le collectif. Pour le FAG, le rassemblement de dimanche est l’occasion de se réunir autour d’une idée : « Personne ne doit mourir en raison de son orientation sexuelle, de son identité ou de l’expression de son genre. »
« C’est un système, ce ne sont pas des faits divers, martèle Kévin. C’est une guerre faite au peuple LGBTI. Nous saurons faire preuve d’unité et aurons une réponse collective », promet-il encore.
