Publié le 19 août 2026

3 min

Au Racing, les Ultra Boys 90 mettent fin à deux ans de grève

#Actu

Cela faisait deux ans que la tribune Ouest de la Meinau restait silencieuse lors des quinze premières minutes de chaque match, en protestation contre la multipropriété et la politique de BlueCo. Les Ultra Boys 90 viennent d’annoncer la suspension de ce mode de contestation.

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Les associations de supporters les plus ferventes s’opposent au modèle de la multipropriété depuis le rachat du club par BlueCo, qui détient également le Chelsea FC.

Cela faisait deux ans que la tribune Ouest de la Meinau restait silencieuse lors des quinze premières minutes de chaque match, en protestation contre la multipropriété et la politique de BlueCo. Les Ultra Boys 90 viennent d’annoncer la suspension de ce mode de contestation.

« Nous avons fait le choix, dans l’intérêt du combat et donc du Racing, de changer de moyen de contestation. Le quart d’heure de silence est suspendu. » Alors que la saison de Ligue 1 va reprendre, les Ultra Boys 90 ont annoncé dans un communiqué du 18 août 2026 qu’ils mettaient fin à une grève qui aura duré deux saisons.

Depuis 2024, le groupe de supporters respectait ce quart d’heure de silence au début de chaque match pour protester contre la multipropriété de BlueCo, propriétaire du Racing Club de Strasbourg depuis juin 2023. Les supporters craignent de voir le club alsacien devenir une équipe satellite de Chelsea, autre club détenu par le consortium américain.

Une grève qui s’est fait entendre

« On voulait se faire entendre et montrer la cause de notre combat. Que ce soit dans le paysage footballistique et journalistique français. L’objectif premier a été atteint », confie un ultra, qui souhaite rester anonyme. Au fil des mois, le quart d’heure de silence est devenu l’un des symboles de la contestation contre BlueCo. Une visibilité qui, selon les supporters, a permis de faire sortir le sujet des tribunes strasbourgeoises. « L’alerte a dépassé les murs de la Meinau », écrivent-ils ainsi dans leur communiqué.

Mais la mobilisation s’est avérée plus difficile que prévu, au cours de ces deux années, et le dialogue avec le club s’est progressivement tendu. Le supporter interrogé évoque de « nombreuses répressions » visant les UB90 : « Je n’imaginais pas devoir faire face à un conflit aussi fort avec la direction du club. »

Accès aux locaux du club sous surveillance, contrôle systématique des banderoles, censure ou retrait des banderoles anti-BlueCo, retour des billets nominatifs pour les déplacements… Les UB90 dénoncent une série de mesures destinées à encadrer leur contestation. La direction du Racing avait notamment renforcé les restrictions à l’encontre des supporters. La tension s’était encore accentuée après le déploiement de banderoles visant directement Marc Keller, président du Racing, et Emmanuel Emegha, après l’annonce de la signature du joueur à Chelsea.

« Nous continuerons de dénoncer la multipropriété »

La suspension du quart d’heure de silence ne signifie pas la fin de la contestation. Les UB90 prennent soin de le rappeler dans leur communiqué : 

« Que personne ne s’y trompe : notre combat ne s’arrête pas, il change de forme. Nous restons aujourd’hui tout aussi inquiets pour le Racing Club de Strasbourg qu’au premier jour. Nous continuerons de dénoncer la multipropriété et la mise sous tutelle de notre club au service des intérêts d’un groupe. »

Cette suspension de grève correspond davantage à une volonté de faire évoluer le mode d’action contre BlueCo et de créer un dialogue sain avec la direction. « Je sais qu’on s’est fait entendre, que ce soit par la direction du RC Strasbourg ou celle de Chelsea », estime le supporter. Mais il reste sceptique sur la suite : « Je crains qu’une hostilité soit ancrée et que le dialogue ne soit pas réellement possible. » Dans leur communiqué, les UB90 insistent d’ailleurs sur le caractère réversible de leur décision : « Nous nous réservons le droit de réintroduire ce mode de contestation si les méthodes de la direction l’exigent. » Si les prochaines formes de contestation restent pour l’heure inconnues, les UB90 ne ferment donc pas la porte à de nouvelles actions contre la direction et surtout contre BlueCo.

Par Gabriel De Baecque Duriez

Publié le 19 août 2026

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