Publié le 28 mai 2026

3 min

Le NPA doit subitement se justifier pour accéder à la Maison des associations

#Libertés

La Maison des associations a demandé des explications au Nouveau parti anticapitaliste pour lui accorder une salle de réunion. Une nouvelle charte proscrit l’usage de l’équipement pour les meetings politiques.

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Un meeting avec Philippe Poutou en décembre 2025 à la Maison des associations.

La Maison des associations a demandé des explications au Nouveau parti anticapitaliste pour lui accorder une salle de réunion. Une nouvelle charte proscrit l’usage de l’équipement pour les meetings politiques.

Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), connu pour ses engagements en faveur des personnes sans papiers, du peuple palestinien ou du monde ouvrier, a l’habitude d’utiliser les salles de la Maison des associations de Strasbourg (MDAS) pour ses réunions et ses meetings. « La fréquence varie en fonction de l’actualité du mouvement social, ça peut être tous les deux mois, toutes les semaines… », précise Tonio Gomez, membre du NPA L’Anticapitaliste. Cette organisation avait par exemple participé au meeting, à la Maison des associations, de Cem Yoldas de la liste « Strasbourg c’est nous » le 8 décembre 2025 en présence de Philippe Poutou.

Mais ce ne sera plus possible. Jérôme Bernard, directeur de la Maison des associations, indique à Rue89 Strasbourg que le conseil d’administration a adopté un nouveau règlement intérieur en janvier 2026 prohibant la réservation de leurs salles pour un « caractère illégal, partisan, syndical, religieux et / ou présentant un risque de prosélytisme ». Les partis politiques, précise le document, peuvent louer des salles mais uniquement « pour des réunions internes entre adhérents ou des conférences », et encore, seulement « avec l’accord de la MDAS ».

Parler de l’élection présidentielle

Face à l’étonnement du NPA L’Anticapitaliste qui voulait réserver des salles en mai et juin, Jérôme Bernard précise que « le règlement n’a pas été appliqué avant la fin de la campagne des élections municipales pour que les partis qui en avaient bénéficié avant janvier ne soient pas favorisés ». La MDAS a donc demandé au NPA de préciser « la nature de ces réunions afin de vérifier si elles correspondent à [la] nouvelle charte éthique ».

Isabelle Muller, membre du NPA, a alors répondu qu’il s’agissait bien « d’une réunion interne du NPA L’Anticapitaliste ». L’organisation souhaite « parler de [son] positionnement en vue de l’élection présidentielle de 2027 ». La MDAS répond une semaine plus tard que le « règlement intérieur ne l’autorise plus à louer les salles aux partis politiques ».

« Le profil de votre association est particulièrement ciblé »

Isabelle Muller insiste et c’est le directeur Jérôme Bernard qui répond :

« Pour pouvoir répondre favorablement à votre demande j’ai besoin de davantage de précisions sur la nature de votre événement. Qu’entendez-vous par réunion interne ? Quel est l’intitulé de cette rencontre ? Combien de personnes seront présentes ? Adhérents ? Non-adhérents ? Je vous présente mes excuses pour le caractère intrusif, tout en vous invitant à considérer que le profil de votre association est particulièrement ciblé dans notre charte éthique pour des raisons que vous comprendrez. »

« On ne sait pas ce qu’ils veulent dire par là. Est ce que ce sont nos engagements qui les dérangent ? Pour nous, quoiqu’il arrive, c’est inquiétant », déplore Tonio Gomez :

« C’est de plus en plus difficile de se mobiliser pour un militant de gauche. Il y a une volonté de contrôle et de répression de plus en plus affirmée. Ce n’est pas que le NPA qui est concerné mais tout le mouvement social. »

En réponse, le NPA a refusé les demandes de précisions de la MDAS et estime que la structure porte atteinte à « la loi de 1901 sur la liberté d’association » en instaurant « un début de fichage des militants et participants ».

À Rue89 Strasbourg, Jérôme Bernard affirme être ouvert à une discussion avec le NPA pour accepter la réunion. Mais Tonio Gomez prévient que son organisation défendra ses principes : « Nous ne reculerons pas sur nos libertés en donnant des renseignements sur nos sympathisants. »

Par Thibault Vetter

Publié le 28 mai 2026

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