Une action étudiante en décembre 2023 contre la loi dite asile et immigration.
L’Université de Strasbourg a désinscrit une cinquantaine d’étudiants supplémentaires n’ayant pas réussi à payer leurs frais d’inscription. Le montant est majoré de plusieurs milliers d’euros pour les étrangers. Une intersyndicale appelle au rassemblement sur le campus ce jeudi 16 avril pour les soutenir et demander la fin de ces frais différenciés.
« C’est le début d’une lutte, on ne lâchera rien », prévient Pascal Maillard de la FSU. Une intersyndicale de dix organisations appelle à un rassemblement devant la présidence de l’Université de Strasbourg (Unistra) jeudi 16 avril à 13h. « On fera une assemblée générale avant, à 12h dans la salle 32 04 du Patio », ajoute le professeur. Le but : protester contre les désinscriptions d’étudiants et étudiantes étrangères. En suivant une réglementation nationale, depuis l’année 2023-2024, l’Unistra demande 3 941 euros aux élèves de master qui ne viennent pas d’Europe, contre 254 euros pour les autres. Contrairement aux étudiants en licence, ils ne peuvent pas solliciter une exonération.
Cette somme conséquente s’ajoute donc aux coûts de la vie déjà difficiles à assumer. « C’est une logique de préférence nationale et de sélection par l’argent », déplore Elsa Rambaud maître de conférences et aussi membre de la FSU. Sans surprise, une partie des jeunes concernés n’a pas réussi à payer ces frais. Fin 2025, 37 étudiants avaient ainsi reçu des notifications de désinscription. Et le 31 mars, l’Unistra a lancé une nouvelle vague avec 47 notifications supplémentaires.
L’intersyndicale exige la fin des frais différenciés
Une délégation de l’intersyndicale a rencontré la présidente de l’université Frédérique Berrod le 8 avril. « Elle se défausse de ses responsabilités en disant qu’elle ne peut pas dépasser un maximum de 10% d’exonérations à cause d’un décret de 2019, relate Pascal Maillard. Mais les universités sont autonomes et ont la liberté de revenir là-dessus. C’est le cas de l’université de Montpellier par exemple, qui en est à 11,8% d’étudiants exonérés. Le pire c’est que à Strasbourg, si on exonérait les 47, on passerait de 9,8 à 9,9%, cette règle que nous combattons serait encore respectée. Et cela représenterait l’équivalent de seulement 0,028% du budget de l’Unistra. C’est infime au regard de la détresse dans laquelle se retrouvent les étudiants étrangers. »
Pour l’intersyndicale, Frédérique Berrod doit « demander à son conseil d’administration d’annuler les frais différenciés qui ont des impacts catastrophiques sur les étudiants et étudiantes depuis leur mise en place », précise Pascal Maillard. Il dénonce les « effets racistes » de cette politique, rappelant que les personnes concernées viennent quasiment tous « du continent africain, parfois des pays les plus pauvres de la planète ». Les organisations exigent l’exonération des 47 étudiants et étudiantes récemment désinscrites et le remboursement de toutes celles et ceux qui ont payé des frais différenciés.