Publié le 26 juin 2026

3 min

Grève à Decathlon : des dividendes en hausse, des salaires qui stagnent

#Communs #Économie

Après une première mobilisation début juin, la CFDT appelle à une journée de grève le 27 juin, premier samedi des soldes d’été, pour dénoncer un partage des richesses jugé inéquitable.

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Les salariés de l’enseigne Décathlon seront en grève samedi 27 juin.

Après une première mobilisation début juin, la CFDT appelle à une journée de grève le 27 juin, premier samedi des soldes d’été, pour dénoncer un partage des richesses jugé inéquitable.

La tension ne retombe pas chez Decathlon. Samedi 27 juin 2026, les syndicats appellent à une journée de grève, dans un contexte de bras de fer persistant entre employés et direction autour des salaires. Le détonateur : le versement de 454 millions d’euros de dividendes aux actionnaires au titre de l’exercice 2025, alors que les négociations salariales n’ont pas abouties.

Un contraste incompréhensible

Ce deuxième appel à la mobilisation intervient trois semaines après une première grève nationale. Le 6 juin 2026, l’ensemble des organisations syndicales de Decathlon avait appelé les salariés à se mobiliser, pour réclamer une revalorisation des salaires, en lien avec la récente hausse du Smic. Et tandis que le coût de la vie augmente, l’enseigne spécialisée dans les articles de sport a enregistré au cours de l’année 2025 un résultat net de 910 millions d’euros (en hausse de 16 %), pour un chiffre d’affaires frôlant les 17 milliards d’euros.

Pour la CFDT, l’équation est simple et révoltante : comment justifier l’absence de revalorisation des bas salaires quand l’entreprise affiche de tels résultats ? Le syndicat juge « incompréhensible » le discours de la direction, qui exclut une hausse des salaires en raison d’un devoir de protection de l’entreprise « sur le long terme » et pour « préserver sa capacité d’investissement ».

En réponse, l’entreprise a annoncé entre autres donner 2 000 euros d’actions à la grande majorité de ses 103 000 salariés à travers le monde. Ces derniers, qui ne pourront en disposer qu’au bout de trois ans, accueillent l’annonce avec scepticisme, dénonçant un simple « coup de com’ » qui ne répond pas aux difficultés immédiates : « On ne va pas attendre trois ans pour remplir le frigo », résume un délégué syndical.

Une situation globale difficile

Ces deux dernières années, des milliers de postes ont été supprimés au sein de l’entreprise, selon les syndicats. La charge de travail ainsi que la charge mentale augmente, détériorant donc le climat au sein de l’entreprise.

Ce conflit illustre aussi une tension plus large qui traverse le monde du travail français. D’autres mobilisations sur les salaires ont eu lieu récemment dans divers secteurs, notamment le médico-social. Dans une lettre adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu, les principales organisations syndicales estiment que « la France est désormais un pays de bas salaires », tout en citant les dividendes record versées par les entreprises du CAC 40.

Une mobilisation nationale

La date de cette nouvelle journée de grève, le 27 juin, n’est pas anodine : elle coïncide avec le premier samedi des soldes d’été, un jour évidemment très fréquenté, avant les vacances scolaires.

La CFDT appelle à un rassemblement « de tout horizon syndical », avec des revendications claires : un partage des richesses plus juste, une véritable reconnaissance des salariés et la préservation de leur pouvoir d’achat.

Environ 2 000 employés à l’échelle nationale et une soixantaine de salariés en Alsace avaient participé à la première mobilisation du 6 juin selon la CFDT. Pour autant, la quasi-totalité des magasins étaient restés ouverts ce jour-là — une situation qui devrait se reproduire ce samedi.

Par Georges Bastien

Publié le 26 juin 2026

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