Publié le 05 juin 2026

9 min

Déjà une nouvelle adjointe et une pluie d’interpellations au menu du conseil municipal

#Pouvoirs

Onze points figurent à l’ordre du jour du troisième conseil municipal de Catherine Trautmann, parmi lesquels l’élection d’une nouvelle adjointe à la maire et la mise en place d’une protection fonctionnelle pour deux élus. Une séance à suivre en direct à partir de 15h.

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Le conseil municipal de Strasbourg se tient vendredi à 15h.

Onze points figurent à l’ordre du jour du troisième conseil municipal de Catherine Trautmann, parmi lesquels l’élection d’une nouvelle adjointe à la maire et la mise en place d’une protection fonctionnelle pour deux élus. Une séance à suivre en direct à partir de 15h.

Sur le papier, la réunion du conseil municipal du vendredi 5 juin aurait pu paraître assez calme, avec un ordre du jour technique et peu de grandes décisions. Mais l’ajout de deux motions déposées par La France insoumise, de sept questions orales et de plusieurs questions d’actualité a changé la donne. Parmi les dossiers les plus attendus figure le remplacement de Laure Pain, démissionnaire de son poste d’adjointe aux solidarités au bout de deux semaines. L’élection d’un ou d’une remplaçante se fera à bulletin secret, sans nom officiellement inscrit dans la délibération.

En coulisses, un ajustement semble se dessiner. Pascale Gérard, ancienne chargée de communication de l’Eurométropole, du temps de la Communauté urbaine de Strasbourg, doit faire son entrée comme adjointe. Elle récupèrerait les délégations de Françoise Bey, « nature en ville » et les enjeux environnementaux. Avec ce transfert, cette dernière se verrait alors confier le gros dossier des solidarités. Âgée de 67 ans, Françoise Bey, par ailleurs conseillère départementale, est une revenante de la municipalité de Roland Ries. Entre 2014 et 2016, elle avait eu à gérer la crise de l’incinérateur de déchets Sénerval à l’Eurométropole avant que le dossier ne soit directement repris en mains par le président de l’époque, Robert Herrmann.

Protection fonctionnelle pour deux élus

Autre point d’intérêt (point 6) : l’information sur la protection fonctionnelle accordée à deux élus, Syamak Agha Babaei, ancien premier adjoint désormais conseiller municipal d’opposition, et Pierre Jakubowicz (Horizons), le 3e adjoint à la maire.

Ce dispositif permet à la collectivité de prendre en charge les frais de justice lorsqu’un élu est visé dans le cadre de ses fonctions. Dans le cas de Syamak Agha Babaei, la Ville indique qu’il a été ciblé le 12 avril par une publication sur Instagram contenant des propos pouvant relever de la diffamation et des menaces. Sa demande a été rapidement acceptée. Même situation pour Pierre Jakubowicz, visé le 18 avril par des injures et outrages, qui n’ont pas été médiatisés. Plainte déposée le jour même, protection accordée début mai.

Depuis une réforme de 2024, ces décisions ne passent plus par un vote du conseil : elles sont prises directement par l’exécutif, les élus n’en étant que informés a posteriori. La Ville insiste toutefois sur la multiplication des attaques visant les élus locaux et affirme son « soutien indéfectible ».

Vote pour les grands électeurs

Autre étape incontournable : la désignation de 329 délégués supplémentaires et 81 suppléants pour compléter le collège des grands électeurs, qui peuvent voter aux élections sénatoriales du 27 septembre.

Dans les communes de plus de 30 000 habitants, les conseillers municipaux sont déjà tous des grands électeurs mais Strasbourg doit compléter ce collège pour que la taille de sa population se reflète mieux dans ce scrutin. La socialiste Anne-Pernelle Richardot, récemment désignée tête de liste dans le Bas-Rhin, apparaît comme une candidate sérieuse pour rejoindre le Sénat à l’automne. Si elle est élue sénatrice, elle devra renoncer à ses fonctions d’adjointe à Strasbourg ainsi qu’à sa vice-présidence de l’Eurométropole, incompatibles avec un mandat parlementaire.

Une perspective qui entraînerait un nouveau remaniement de l’exécutif municipal quelques mois seulement après son installation, et sûrement une nouvelle élection. Pourtant, ni la majorité municipale ni les socialistes n’évoquent pour l’heure publiquement les conséquences locales d’une éventuelle élection d’Anne-Pernelle Richardot…

Des bourses pour les villes jumelées, sauf Ramat Gan et Aïda

Autre délibération : l’attribution de bourses de mobilité internationale à de jeunes Strasbourgeois. Plusieurs villes partenaires sont concernées cette année, dont Dresde, Leicester, Stuttgart et Boston. Mais deux destinations manquent à l’appel : Ramat Gan en Israël et le camp de réfugiés palestiniens d’Aïda en Cisjordanie. La délibération évoque le contexte international et sécuritaire pour justifier ces absences, car il n’est pas possible de se rendre à ces deux endroits.

Ce point ne devrait pas rester neutre dans l’hémicycle. Depuis plusieurs mois, La France insoumise demande la suspension du jumelage avec Ramat Gan en raison de la guerre à Gaza tandis que Thierry Roos, consul honoraire d’Israël à Strasbourg a affirmé sur Radio Judaïca que ce jumelage était relancé… La majorité, elle, n’a pas rouvert ce débat à ce stade.

Gaza et meeting LFI

Ce sera d’ailleurs l’objet de l’une des questions orales de LFI car la conseillère municipale insoumise Lisa Farault en a déposé une intitulée : « Gaza – Strasbourg peut-elle rester silencieuse ? » Elle réinterroge la maire sur les questions de jumelage avec Ramat Gan.

Le débat risque aussi de glisser sur la tenue d’un meeting « Justice pour la Palestine » prévu à Strasbourg, avec plusieurs figures de La France insoumise, dont Manon Aubry, Rima Hassan, Emmanuel Fernandes et aussi le rappeur Médine. L’événement, prévu au Palais de la musique et des congrès, suscite des tensions : la municipalité a déclarée n’être « pas favorable » à sa tenue en raison de la présence du chanteur, tandis que le gestionnaire du lieu, Strasbourg Événements, déplore un manque de transparence sur la programmation. Les Républicains ont déposé une motion pour que cet espace ne soit pas mis à disposition. Autant dire que les sujets internationaux devraient occuper une bonne partie des échanges de la fin de conseil…

Aménagements, projets locaux et foire Saint-Jean

Car c’est un autre enseignement de cet ordre du jour. En dépit du retour de la programmation des séances à 15h, les nouvelles oppositions perpétuent la pratique d’inscrire un grand nombre de leurs sujets fétiches au programme de la fin de séance.

Six autres questions orales ont été ainsi été déposées. Les Républicains interrogeront d’abord la municipalité sur l’accompagnement des commerçants dans le cadre de la Coupe du monde de football, alors que les horaires nocturnes vont compliquer les diffusions en terrasses. Les Écologistes vont revenir sur plusieurs projets d’aménagement, dont « Rues et places des possibles », les rues Kageneck et Kuhn, la place Braun ou encore celle d’Ostwald. Des projets parfois issus de démarches participatives anciennes, désormais remis en question. L’ancienne adjointe Floriane Varieras, désormais dans l’opposition, dénonce des décisions qui bousculent plusieurs années de travail de terrain.

Autre dossier sensible : l’avenir de la foire Saint-Jean et de la plaine festive de la Meinau, dont le déménagement prévu l’an prochain soulève encore de nombreuses interrogations pratiques. Les Insoumis ajoutent de leur côté des questions sur la lutte contre l’islamophobie et sur les premières coupes budgétaires.

Deux motions de LFI

Deux motions seront également soumises au vote, portées par Florian Kobryn. La première concerne l’avenue du Rhin, après la mort d’une cycliste italienne fauchée par un automobiliste sans permis, avec une demande de limitation à 30 km/h dans tout Strasbourg et une réflexion sur la sécurité du secteur. La seconde vise ce que LFI qualifie d’« attaques réactionnaires » contre les free parties. Le parti souhaite que la Ville s’engage à soutenir « cette pratique culturelle » qui constitue « des espaces où existe une liberté sans équivalent. Ils permettent de faire la fête en autogestion, en dehors des espaces dominés par le capitalisme », justifie-t-il. Une série de collectifs du mouvement techno et free parties a écrit aux élus de Strasbourg.

Les Républicains ont déjà annoncé qu’ils voteront contre ces deux textes, notamment en raison de leur opposition aux rassemblements festifs de ce type.

Deux questions d’actualité devraient clôturer les débats. La première, portée par Jean-Philippe Maurer, concerne les débordements survenus à Strasbourg après la victoire du PSG au soir du samedi 30 mai. La seconde touche au quartier du Neudorf et à une polémique impliquant l’adjointe au numérique et à l’économie sociale et solidaire Julie Mulot et le président des Vitrines du quartier, après un échange tendu autour d’un communiqué critique envers la municipalité.

Par Eva Chibane

Publié le 05 juin 2026

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